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Programme alimentaire mondial
13 février 2014

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a entamé le 12 février un pont aérien pour acheminer des vivres vers la Centrafrique, pays où 1,25 million de personnes sont affectées par la violence et sont confrontées à une grave crise alimentaire.
BANGUI, République Centrafricaine, 13 février 2014/African Press Organization (APO)
Le transport de vivres par la route est en effet quasiment impossible à cause de l’insécurité notamment sur l’axe d’approvisionnement principal entre le Cameroun et la capitale centrafricaine, Bangui.
Un Boeing 747, affrété par le PAM, est parti de Douala, au Cameroun et a atterri à Bangui avec à son bord 82 tonnes de riz. En tout, 1.800 tonnes de céréales, destinées à nourrir 150.000 personnes pendant un mois, seront livrées par voies aériennes, à raison de 25 rotations. L’opération durera environ un mois.
Ces vivres sont destinés aux personnes déplacées. Une partie sera stockée afin de répondre aux besoins alimentaires pendant la saison des pluies, qui rendra la plupart des routes impraticables. Cette année, la période de soudure, entre deux récoltes, marquée habituellement par une augmentation des besoins d’assistance alimentaire, devrait débuter dès ce mois-ci, plus tôt que les années précédentes.
“Avec cette spirale de violence qui n’en finit pas et l’interruption des activités économiques, la Centrafrique risque de plonger dans une crise nutritionnelle et alimentaire encore plus grave. Ce pont aérien est vital pour que nous puissions apporter de la nourriture aux personnes les plus vulnérables partout où nous pouvons nous rendre », indique Denise Brown, directrice régionale du PAM pour l’Afrique de l’ouest.
“Nous avons recours au transport aérien, très coûteux, mais nous n’avons pas le choix. Il est vital que nous puissions répondre aux besoins des personnes affectées par la violence tout en reconstituant les stocks avant la période de soudure et le début de la saison des pluies”.
L’insécurité a eu un impact désastreux sur les stocks de vivres du PAM. Au cours du mois de janvier, il y a eu jusqu’à 51 camions chargés de vivres du PAM bloqués à la frontière avec le Cameroun. Grâce à des escortes de la force africaine en RCA, la MISCA, deux longs convois comprenant plusieurs camions du PAM ont pu rejoindre Bangui, mais la route reste un moyen trop peu fiable pour transporter l’assistance alimentaire requise.
Le PAM n’a reçu à ce jour que 27% des 107 millions de dollars nécessaires à ses opérations en Centrafrique qui prévoient d’apporter une assistance alimentaire à 1,25 millions de personnes d’ici le mois d’août. Des nouveaux financements sont nécessaires urgemment à la fois pour l’assistance immédiate et pour pré positionner des stocks avant le mois de mai.
“Ce n’est pas seulement une question de montant mais surtout de délai des contributions, crucial si nous voulons éviter une crise nutritionnelle majeure pendant la période de soudure et la saison des pluies”, explique Denise Brown. « Nous avons besoins de financements maintenant ou plus de personnes encore font souffrir de la faim ».
Depuis début décembre quand la violence a embrasé le pays, le PAM a distribué des vivres à toutes les communautés, dès que l’accès était suffisamment sécurisé. En décembre le PAM et ses partenaires ont distribué de la nourriture à 260.000 personnes déplacées ou extrêmement vulnérables. En janvier, une assistance alimentaire a été fournie à 280.000 personnes à Bangui, Bouar, Bossangoa et la zone de Kaga-Bandoro.
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