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4 juin, parNos peines
Droits humains
12 août 2013

« La mise en liberté provisoire de 14 détenus liés à la crise post-électorale constitue une étape majeure dans le processus de réconciliation nationale et un acte déterminant dans la construction d’une justice équitable en Côte D’Ivoire », a déclaré mercredi Doudou Diène Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Ces détenus ont été libérés cette semaine par la chambre d’accusation du tribunal d’Abidjan, après deux ans de détention.
“Cette décision des autorités est de nature à relancer vigoureusement le dialogue politique », a noté Monsieur Diène. « Il est également une étape cruciale dans le processus de catharsis nationale par lequel le Peuple Ivoirien doit reconnaitre et assumer les profondes causes morales et politiques de la violence et les violations graves des droits de l’homme, et éradiquer leurs conséquences sociales, culturelles et psychologiques ».
Cette mise en liberté provisoire, qui est en conformité avec les normes du droit international des droits de l’homme, répond à une recommandation centrale tant de l’Expert Indépendant que de plusieurs rapports d’enquête sur les droits de l’homme en Côte D’Ivoire par les Nations Unies ainsi que par des organisations non gouvernementales nationales, régionales et internationales.
Au cours de la présentation de son rapport au Conseil des droits de l’homme en juin dernier, l’Expert avait appelé les autorités ivoiriennes à procéder au jugement des détenus proches de l’ancien président Laurent Gbagbo ou de les libérer. Monsieur Diène, qui a visité ces détenus au cours de ses missions dans le pays, a insisté sur la nécessité de l’équité de la justice dans le processus de réconciliation nationale et de la reconstruction démocratique en Côte d’Ivoire.
« Une justice équitable et impartiale constitue une garantie solide pour la reconstruction démocratique, la promotion des droits de l’homme et la réconciliation nationale », a déclaré l’Expert.
« J’espère que la libération provisoire des détenus, qui traduit l’équité de la justice, s’inscrive dans une dynamique irréversible de réconciliation nationale, et aussi s’accompagne de mesures emblématiques pour donner sens et substance à la lutte contre l’impunité », a-t-il souligné tout en espérant que les autorités ivoiriennes prendront des étapes concrètes dans la mise en œuvre du processus de réconciliation nationale.
Monsieur Diène invite, par ailleurs, les autorités ivoiriennes à trouver une juste adéquation entre la nécessité de respecter les droits des détenus et les droits des victimes. « Ce geste d’ouverture des autorités devra aussi tenir compte des droits de toutes les victimes de la crise post-électorale ; notamment par la poursuite équitable des procédures judiciaires en cours et la mise en œuvre d’une politique de réparation indispensable au processus de réconciliation nationale ».
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