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Rapport « Perspectives économiques en Afrique 2025 »
30 mai 2025, par

Avec des politiques appropriées, l’Afrique peut mobiliser 1 430 milliards de dollars supplémentaires de ressources intérieures provenant de sources fiscales et non fiscales, tout en limitant la fuite des capitaux.
La croissance économique africaine devrait passer de 3,3% en 2024 à 3,9% en 2025, pour atteindre 4% l’an prochain, malgré la montée des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales, a annoncé mardi le Groupe de la Banque africaine de développement dans son rapport phare « Perspectives économiques en Afrique 2025 » (PEA 2025).
Malgré les défis internes et externes actuels, l’Afrique continue de faire preuve d’une résilience remarquable. Le rapport, intitulé « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement », a été publié lors des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque, qui se tiennent à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Il démontre la capacité des pays du continent à résister à de multiples chocs et identifie des pistes pour libérer un vaste potentiel de transformation.
De solides perspectives de croissance malgré des vents contraires mondiaux
Le rapport présente des projections encourageantes malgré d’importants défis :
Une croissance contrastée selon les régions d’Afrique
Les perspectives de croissance varient considérablement selon les régions :
D’importants défis persistent. Quinze pays connaissent une inflation à deux chiffres, tandis que les paiements d’intérêts absorbent désormais 27,5 % des recettes publiques en Afrique, contre 19 % en 2019.
« L’Afrique doit désormais relever le défi et se tourner vers elle-même pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de son propre développement dans les années à venir », a déclaré Kevin Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement, lors de la présentation des conclusions du rapport.
Un énorme potentiel de ressources nationales reste inexploité
Les PEA 2025 estiment qu’avec des politiques appropriées, l’Afrique pourrait mobiliser 1 430 milliards de dollars supplémentaires de ressources nationales provenant de sources fiscales et non fiscales, uniquement grâce à des gains d’efficacité.
Les ressources extraordinaires, mais sous-exploitées de l’Afrique comprennent :
Des mesures urgentes sont nécessaires pour lutter contre les fuites de ressources
Le rapport souligne que les sorties massives de capitaux compromettent le développement du continent. En comparaison avec les 190,7 milliards de dollars d’entrées financières enregistrées en 2022, l’Afrique a accusé environ 587 milliards de dollars de fuites financières. Sur ce total, environ 90 milliards de dollars ont été perdus à cause de flux financiers illicites, 275 milliards supplémentaires ont été détournés par les multinationales qui transfèrent leurs bénéfices, et 148 milliards de dollars ont été perdus à cause de la corruption.
Selon Kevin Urama, « lorsque l’Afrique allouera efficacement son propre capital (humain, naturel, fiscal, commercial et financier), les capitaux mondiaux suivront les capitaux africains pour accélérer les investissements dans les secteurs productifs du continent. »
Principales recommandations politiques
« Rien ne saurait remplacer une gestion macroéconomique saine, des institutions de qualité, une bonne gouvernance et l’État de droit », a déclaré le vice-président Urama, soulignant la nécessité vitale de renforcer la gouvernance en Afrique.
Le rapport appelle également à des réformes globales dans plusieurs domaines cruciaux. Concernant la mobilisation des recettes fiscales, il recommande d’améliorer l’administration fiscale grâce à la numérisation, d’élargir l’assiette fiscale nationale et de renforcer les contrats sociaux avec les citoyens afin d’améliorer le respect des obligations fiscales. Il préconise de rendre obligatoire la comptabilisation du capital naturel et de faire respecter la rétention de la valeur nationale par le biais d’exigences en matière d’enrichissement.
Les PEA 2025 soulignent également la nécessité d’approfondir les marchés financiers en exploitant l’épargne institutionnelle, en développant les marchés obligataires en devise locale et en harmonisant les cadres réglementaires afin de faciliter les investissements transfrontaliers.
Perspectives économiques en Afrique : Le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2025 » fournit une feuille de route complète pour libérer le potentiel de transformation de l’Afrique grâce à une meilleure mobilisation et utilisation des capitaux nationaux.
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