L’armée française quitte le Sénégal

18 juillet 2025, par temoignagesceline

L’armée française a officiellement restitué le 17 juillet ses deux dernières installations militaires au Sénégal, mettant fin à sa présence militaire permanente en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale.

C’est la fin officielle des Eléments Français au Sénégal (EFS), comprenant environ 350 militaires français, qui avaient pour mission principale de conduire des activités de partenariat militaire opérationnel avec les forces armées sénégalaises.

Les raisons d’un désamour avec l’Afrique

Les dernières installations militaires françaises au Sénégal ont été officiellement restituées le 17 juillet, lors d’une cérémonie historique à Dakar qui marque la fin de la présence permanente de l’armée française au Sénégal, mais aussi en Afrique centrale et de l’Ouest. La présence permanente française au Sénégal date de 1960, année de l’indépendance du pays.

Le « camp Geille », plus grande installation militaire française au Sénégal située dans la capitale sénégalaise, et l’escale aéronautique militaire, située à l’aéroport, doivent être restituées à l’État sénégalais en présence du chef d’état-major des armées du Sénégal, le général Mbaye Cissé, et du général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l’armée française pour l’Afrique.

Depuis 2022, l’armée française a mis fin à sa présence permanente au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad et au Gabon, où la base française est devenue un « camp partagé » gabono-français, centré sur la formation.

Ces départs correspondent à une politique étrangère désastreuse de la part du président Emmanuel Macron en Afrique. Mais aussi, d’une présence française, accusée d’ingérence dans les affaires internes de ces pays (politiques, économiques ou militaires).

D’autant plus que de nombreux d’Africains estiment que la présence militaire française prolonge une forme de domination néocoloniale, héritée de l’époque coloniale.

De nombreux mouvements citoyens dénoncent une relation asymétrique entre la France et ses anciennes colonies, dont le Sénégal. De plus en plus de pays veulent reprendre le contrôle total de leur sécurité, sans dépendre d’un ancien colonisateur. Préférant même se tourner vers d’autres partenaires étrangers (Russie, Chine, Turquie), considérés comme moins intrusifs ou plus "respectueux" de la souveraineté nationale.

Retrait de 350 militaires français

Le retrait français avait été entamé en mars dernier et plusieurs installations avaient déjà été restituées depuis début mars par l’armée française.

Le Sénégal est resté après son indépendance l’un des alliés africains les plus sûrs de la France, ancienne puissance coloniale dominante en Afrique de l’Ouest. Mais la nouvelle classe politique sénégalaise, en fonction depuis avril 2024 a décidé de traiter désormais la France à l’égal des autres partenaires étrangers, au nom d’une souveraineté recouvrée.

Une forme de « partenariat rénové » avec l’ancienne puissance coloniale

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir avec des mesures de rupture, avait annoncé en novembre 2024, la fin en 2025 de toute présence militaire française et étrangère sur le sol national. « Le Sénégal est un pays indépendant, c’est un pays souverain et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain », avait alors déclaré le président sénégalais. Il avait assuré qu’il ne s’agissait pas d’un acte de « rupture » et avait défendu un « partenariat rénové » avec l’ancienne puissance coloniale et alliée historique française.

La présence militaire française au Sénégal a reposé depuis 1960 sur des accords de défense et de coopération bilatéraux, avec un « appui à construction » de l’armée sénégalaise entre 1960 et 1974.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus