Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Selon Ellen Sirleaf, présidente du Liberia et Prix Nobel de la Paix
4 février 2013

Mercredi dernier, Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria et Prix Nobel de la Paix, a donné un sévère avertissement au Groupe de personnalités de haut niveau du Secrétaire général de l’ONU réuni cette semaine à Monrovia (Libéria) pour se pencher sur l’avenir des efforts internationaux pour la réduction de la pauvreté dans le monde, en leur indiquant que les pertes économiques dues au manque d’accès à l’eau et à l’ assainissement dans le monde coûtent 260 milliards USD par an.
MONROVIA, Liberia, 31 janvier 2013/African Press Organization (APO)
La Présidente Sirleaf, un des trois co-présidents du Groupe de personnalités de haut niveau du Secrétaire général de l’ONU sur l’Agenda pour le développement post-2015, a déclaré ce mercredi (30 janvier 2013) que :
« Les pertes économiques mondiales directement liées à l’insuffisance de l’approvisionnement en eau et à l’assainissement totalisent chaque année 260 milliards USD. Cette question doit être traitée plus sérieusement ».
« L’accès à l’assainissement est beaucoup trop souvent perçu comme un résultat du développement, alors qu’il est un moteur de développement économique et de réduction de la pauvreté. Dans les années 1960 et 1970, la Corée du Sud, la Malaisie et Singapour ont clairement démontré le potentiel de progrès que l’assainissement représente pour le développement économique ».
La Présidente Sirleaf est intervenue pendant la réunion du Groupe de personnalités de haut niveau à Monrovia, qui était principalement centrée sur le thème de « la transformation économique ».
Ce Groupe compte 27 chefs de gouvernement, haut-représentants du secteur public et de la société civile. Il est co-présidé par David Cameron, Premier ministre britannique et par Susilo Bambang Yudhoyono, Président de la République d’Indonésie et le Président Sirleaf. En mai prochain, ce Groupe devra remettre au Secrétaire général un rapport et des recommandations sur l’Agenda pour le développement dans le monde.
Les progrès réalisés et les soutiens financiers obtenus pour atteindre les objectifs actuels du Millénaire pour le développement sont remarquablement inégaux en ce qui concerne l’eau et l’assainissement. Si l’objectif défini pour l’eau potable – réduire de 50% les populations sans accès à l’eau potable au niveau mondial – a été atteint en 2010, l’objectif de l’assainissement est en retard de plusieurs décennies. En Afrique, la progression est encore plus faible, puisque les prévisions indiquent que la région subsaharienne atteindra cet objectif avec un retard de 150 ans.
Girish Menon, Directeur des programmes internationaux pour WaterAid, organisation caritative internationale spécialiste de l’eau et de l’assainissement, a déclaré :
« Le Groupe de personnalités de haut niveau doit saisir cette opportunité unique pour formuler une stratégie ambitieuse d’élimination de la pauvreté à notre époque. Pour qu’un tel objectif puisse être atteint, une priorité doit être donnée à l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène ».
« Les efforts internationaux pour atteindre les objectifs actuels du Millénaire pour le développement ont prouvé que l’amélioration des accès à l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène joue un rôle crucial dans la progression d’autres domaines comme l’éducation, la santé des enfants, l’égalité des sexes. L’intégration des approches est la clé de la réussite ».
Le Libéria est de bien des façons un exemple représentatif des pays subsahariens. Si 73% de sa population bénéficie d’un accès à l’eau potable, seulement 18% disposent d’un assainissement approprié. Les moyennes de ces services sont de 61% pour l’eau et de seulement 30% pour l’assainissement dans les pays de l’Afrique subsaharienne.
Le Président Sirleaf, qui est aussi Ambassadeur de bonne volonté pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène en Afrique, a également déclaré :
« En l’absence de progrès supplémentaires pour assurer l’accès à l’eau et un assainissement approprié, les enfants continueront de manquer l’école, les coûts de la santé continueront de ralentir les économies nationales, les adultes continueront de perdre des journées de travail, les femmes et les filles, puisque c’est presque toujours elles qui s’en chargent, continueront de passer plusieurs heures par jour à aller chercher de l’eau et le plus souvent dans des sources contaminées ».
D’après un rapport publié par WaterAid en 2012, 2,5 millions de vies humaines pourraient être sauvées chaque année dans le monde si toutes les populations avaient accès à l’eau potable et bénéficiaient d’un assainissement approprié.
Cette organisation caritative internationale a également indiqué que si les gouvernements atteignaient l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) en réduisant de moitié le nombre d’habitants sans assainissement avant 2015 dans leur pays, cela représenterait au niveau mondial 400 000 enfants de moins de cinq ans sauvés, dont plus de 100 000 au Nigeria et 66 000 en Inde.
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