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L’Organisation des Nations Unies (ONU) a besoin de 7 milliards de dollars pour éviter une catastrophe dans la Corne de l’Afrique

Une des pires sécheresses de l’histoire récente dans la Corde de l’Afrique

samedi 27 mai 2023


Plus de 43 millions de personnes dans ces trois pays souffrent de l’une des pires sécheresses de l’histoire récente, causée par cinq saisons consécutives de faibles pluies


Alors qu’une catastrophe menace des millions de personnes dans la Corne de l’Afrique, la communauté internationale ne peut pas se permettre de rester les bras croisés, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une conférence de bailleurs de fonds visant à collecter 7 milliards de dollars pour la région, qui s’est tenue mercredi au siège de l’ONU à New York.

Les bailleurs de fonds ont promis 2,4 milliards de dollars à cette conférence pour fournir une assistance vitale à près de 32 millions de personnes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie en matière de nourriture, d’eau, de soins de santé, de nutrition et de services de protection.

Plus de 43 millions de personnes dans ces trois pays souffrent de l’une des pires sécheresses de l’histoire récente, causée par cinq saisons consécutives de faibles pluies.

Des années de conflit et d’insécurité ont provoqué des déplacements massifs, tandis que la flambée des prix des denrées alimentaires et, plus récemment, les combats au Soudan, ont aggravé la situation.

« Nous saluons les annonces de soutien aux populations de la Corne de l’Afrique, qui ont besoin de notre engagement soutenu pour se remettre d’une crise aux proportions catastrophiques », a déclaré Joyce Msuya, Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires et Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence. « Nous devons persister à faire pression pour des investissements accrus, en particulier pour renforcer la résilience des personnes qui subissent déjà les effets du changement climatique ».

Appel à l’action

A l’ouverture de la conférence organisée par l’ONU, l’Italie, le Qatar, le Royaume-Uni et les États-Unis, en collaboration avec les trois pays touchés, le chef de l’ONU a appelé à « agir maintenant pour éviter que la crise ne se transforme en catastrophe ».

M. Guterres a dit avoir été témoin de l’impact dévastateur de la sécheresse lors de récentes visites au Kenya et en Somalie. « Dans certaines parties du nord du Kenya, les paysages desséchés et le bétail qui a péri ont chassé des familles de leurs maisons à la recherche d’eau, de nourriture et de revenus », a-t-il souligné.

Alors qu’il se trouvait dans la ville somalienne de Baidoa, il a rencontré des communautés qui ont perdu leurs moyens de subsistance à cause de la sécheresse et de l’insécurité, alors que la bataille contre les militants d’Al-Shabaab se poursuit.

« J’ai été profondément touché par leurs difficultés. Et j’ai été inspiré par leur résilience, leur courage et leur détermination à reconstruire leur vie. Mais ils ne peuvent pas le faire seuls », a-t-il dit.

Intensifier le soutien

Le chef de l’ONU a assuré que « l’action fera toute la différence ». L’année dernière, les donateurs ont apporté une aide vitale à 20 millions de personnes et ont contribué à éviter une famine.

Il a appelé à un soutien accru aux plans humanitaires pour la région qui sont actuellement financés à moins de 20%. C’est « inacceptable », a-t-il affirmé, avertissant que sans une injection financière immédiate, « les opérations d’urgence s’arrêteront et des gens mourront ».

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a averti mercredi que des millions de personnes dans la Corne de l’Afrique sont prises au piège de la faim, soulignant que la plus longue sécheresse jamais enregistrée a cédé la place à des pluies et à des inondations soudaines.

Selon l’agence onusienne, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie restent obstinément élevés et l’impact du conflit au Soudan se répercute dans toute la région. Les mauvaises récoltes successives et les coûts de transport élevés ont notamment fait grimper les prix des denrées alimentaires bien au-delà de ce que peuvent se permettre des millions de personnes dans la région.

En mars 2023, un panier alimentaire en Afrique de l’Est coûtait 40% de plus qu’il y a un an. En Éthiopie, les prix des carburants ont presque doublé en un an. Les trois dernières années de sécheresse ont laissé plus de 23 millions de personnes dans certaines parties de l’Éthiopie, du Kenya et de la Somalie en proie à une grave famine.

Il faudra des années pour que la Corne de l’Afrique se relève

Les taux de mortalité et de malnutrition restent « inacceptables ». « Conflit, extrêmes climatiques et chocs économiques : la région de la Corne de l’Afrique est confrontée à de multiples crises simultanément. Après cinq saisons des pluies consécutives infructueuses, les inondations ont remplacé la sécheresse, tuant le bétail, endommageant les terres agricoles et détruisant encore plus les moyens de subsistance », a déclaré Michael Dunford, Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est. « Et maintenant, l’éclatement du conflit au Soudan oblige des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers ».

Lorsque les pluies tant attendues sont arrivées dans la région en mars, elles auraient dû apporter un certain soulagement. Mais au lieu de cela, des crues soudaines ont inondé les maisons et les terres agricoles, emporté le bétail et fermé les écoles et les centres de santé. D’autres personnes ont été contraintes de quitter leur foyer : 219.000 personnes dans le sud de la Somalie, où 22 personnes ont également été tuées.

Pour le PAM, il faudra des années pour que la région se relève, et l’aide humanitaire est une bouée de sauvetage. Pourtant, les ressources humanitaires limitées sont encore plus sollicitées par le conflit au Soudan, qui a fait fuir plus de 250.000 personnes vers les pays voisins tels que l’Éthiopie et le Soudan du Sud, où l’insécurité alimentaire est déjà désespérément élevée.

Sur le terrain, le PAM et ses partenaires ont procédé l’année dernière à une augmentation rapide de l’aide vitale en Somalie, au Kenya et en Éthiopie, des pays victimes de la sécheresse. Ce qui a permis de tenir la famine à distance en Somalie.

Le PAM a un besoin urgent de 810 millions de dollars

À la fin de l’année 2022, le PAM distribuait une aide alimentaire à un nombre record de 4,7 millions de personnes en Somalie. Mais en avril, le manque de fonds a contraint le PAM à réduire cette aide à 3 millions de personnes.

Sans fonds supplémentaires, le PAM devra encore réduire le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire d’urgence en Somalie à seulement 1,8 million d’ici juillet. Cela signifie que près de 3 millions de personnes ne recevront pas d’aide, malgré leurs besoins persistants.

Face à cette pénurie de fonds, l’agence onusienne se voit contraint de réduire son aide. Le PAM a besoin d’urgence de 810 millions de dollars au cours des six prochains mois pour maintenir l’aide vitale et investir dans la résilience à long terme dans la Corne de l’Afrique.

« L’expansion rapide de l’aide vitale du PAM a permis d’éviter la famine en Somalie en 2022. Mais bien que la situation d’urgence soit loin d’être terminée, les déficits de financement nous obligent déjà à réduire l’aide à ceux qui en ont encore désespérément besoin. Sans un financement durable des solutions d’urgence et d’adaptation au climat, la prochaine crise climatique pourrait ramener la région au bord de la famine », a conclu M. Dunford.


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Messages

  • La baisse de la pluviométrie que l’on constate pendant plusieurs années consécutives dans la corne de l’Afrique est probablement due au réchauffement climatique et je pense que l’on peut également constater la même situation dans d’autres régions de la planète notamment en Asie ou sur le continent américain au sud comme au nord .

    On peut venir en aide de manière ponctuelles aux populations de ces régions mais cela ne changera pas grand chose car la sécheresse provoquée par le réchauffement climatique va continuer de sévir et même de s’aggraver dans les années à venir .

    La solution à ces problèmes c’est la réalisation de grands travaux pour prendre l’eau là où elle existe en abondance et pour l’emmener là où sévit la sécheresse , mais surtout de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ralentir et stopper le réchauffement climatique pendant qu’il est encore temps car si nous ne faisons rien il va s’accélérer .

    La surface et l’épaisseur de la banquise arctique et du permafrost des terres polaires diminuent progressivement chaque année, mais au fur et à mesure qu’elles disparaissent , leur disparition crée une situation qui augmente un peu plus le réchauffement climatique . Au rythme actuel du réchauffement climatique, d’ici une trentaine d’années la banquise du pôle nord et la plupart des glaciers de l’hémisphères nord auront complètement disparu ; tandis que que dans l’hémisphère sud, la fonte des glaces de l’Antarctique va modifier la circulation des grands courants marins et élever le niveau des océans .

    Il nous faut rapidement changer de mode de vie pour pouvoir ralentir le phénomène et peut être le stopper , mais nous y parviendrons peut être plus facilement si nous réalisons les grands travaux nécessaires pour ralentir et empêcher la désertifications des espaces les plus touchés par la sécheresse .
    Nous pouvons changer le climat en réduisant la production de gaz à effet de serre , mais aussi en empêchant la déforestation des forêts intertropicales et en reverdissant les terres désertiques grâce à des apports considérables d’eau venant des point les plus arrosés de la planète , mais aussi en réalisant des grandes retenues artificielles ou seront stockées les eaux de pluies , lorsqu’il pleuvra .

    Mais cela ne sera pas possible tant que nous n’aurons pas créer des institutions internationales qui seront dotées des moyens suffisants pour intervenir là où il est possible d’intervenir pour créer de nouvelles conditions climatiques notamment dans les pays les plus pauvres .

    En réalité , ce ne sont pas 7 milliards de dollars qu’il nous faut trouver pour sauver notre planète mais plutôt 7 millions de milliards si ce n’est plus . Mais au lieu de travailler dans ce sens nous sommes en train de courir vers notre perte dans un holocauste nucléaire qui sera provoquée par l’extension et la généralisation de la guerre qui se déroule depuis plus d’un an en Europe et qui est sur le point d’éclater ailleurs en Extrême Orient et au Moyen Orient .


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