Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
République démocratique du Congo
12 novembre 2013

De retour d’une mission dans la région des Grands lacs avec des parlementaires européens, le CCFD-Terre Solidaire, EuRac, Justice et Paix Belgique et le Réseau Belge Ressources Naturelles, saluent la récente reddition du mouvement rebelle M23. Ils alertent cependant la communauté internationale et en particulier l’Union européenne sur l’urgence d’agir sur l’un des principaux facteurs de l’instabilité dans l’est de la RDC : légiférer pour rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et le conflit est en effet une condition sine qua non pour une paix durable dans le pays et la région.
« Seule une législation stricte pour imposer le devoir de diligence aux entreprises permettra d’enrayer la violence dans l’est RDC et dans les autres régions du monde touchées par cette problématique. L’adoption d’un règlement européen sur l’approvisionnement responsable des minerais provenant des zones en conflit répondant à la réalité et aux défis du terrain, constituerait un pas décisif en ce sens », indique Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et conflits au CCFD-Terre Solidaire.
En effet, à l’issue de cette mission qui a conduit la délégation au Rwanda, en RDC et au Burundi, il ressort que l’exploitation des ressources minérales telles que l’or, la cassitérite, le tantale restent à l’origine de la violence dont les populations de la région sont les otages depuis plus de deux décennies.
« Si la présence d’hommes en armes se fait de plus en plus rare sur les sites miniers, ils contrôlent encore les filières d’exploitation notamment via un système de taxation. C’est le cas, par exemple, du centre minier de Rubaya, non loin de Goma, où des ex rebelles mai mai Nyatura, imposent toujours une « taxe de sécurité » aux acteurs impliqués dans le secteur », ajoute Zobel Behalal.
« Il est préoccupant de voir que les nombreux produits de consommation courante (électronique, automobile, aéronautique...) comportent encore les composants issus des minerais dont le commerce profite à des belligérants et ce en raison de l’insuffisance de la réponse internationale », constate Frédéric Triest de EURAC.
La mission a pu observer des évolutions dans la traçabilité du minerai, avec le développement par l’ITRI (principal regroupement des entreprises qui utilisent l’étain extrait de la cassitérite) d’un système de marquage, mais le dispositif de contrôle des fraudes reste très lacunaire et inefficace.
BRUXELLES, Royaume de Belgique, 8 novembre 2013/African Press Organization (APO)
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