Outre-mer

Guadeloupe : la grève continue

Manifestation de la crise structurelle dans les Antilles

Témoignages.re / 4 février 2009

Dans son édition d’hier, "l’Express.fr" fait le point sur l’évolution de la situation en Guadeloupe, au bout de deux semaines de grève générale. La nouvelle de la journée, c’est l’annonce des gérants de station-service de quitter le mouvement car leurs revendications catégorielles sont satisfaites. À cette exception, le mouvement se poursuit par la grève générale qui pourrait s’étendre en Martinique. Cette annonce intervient au moment où sont publiés les chiffres du chômage. En Guadeloupe, le taux de chômage est officiellement de 22,7%.

« Nous allons réapprovisionner les stations mardi, et rouvrir au public mercredi », a annoncé sur RFO Patrick Collet, le président du syndicat professionnel des gérants de station-service de Guadeloupe. « Notre revendication est catégorielle, nous avons obtenu ce que nous voulions, donc nous arrêtons le mouvement », a ajouté M. Collet.

La fin de conflit fait suite aux propositions émises lundi par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, à l’adresse du syndicat, qui réclamait le gel de toute nouvelle implantation de stations-service dans l’île.

« Le ministre a proposé un maximum de 118 stations - il y en a 115 aujourd’hui, plus trois en construction, un moratoire de trois ans pour faire un état des lieux de la profession et mettre en place un système législatif avec des critères socio-économiques pour l’implantation de nouvelles stations », a ajouté le président du syndicat professionnel sur RFO.

De son côté, le collectif de 47 organisations qui est à l’origine de la grève générale a annoncé la poursuite du mouvement, qui est entré hier mardi dans sa troisième semaine.

« Le sac est encore vide. Tant que nous n’aurons pas de réponses, nous resterons mobilisés », a assuré lundi devant la presse Elie Domota, porte-parole du collectif "Liyannaj kont pwofitasyon" (collectif contre l’exploitation outrancière).

Le collectif a 146 revendications, dont « le relèvement immédiat de 200 euros des bas salaires, des retraites et des minima sociaux », « la baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de première nécessité et sur les transports », ou encore « le gel des loyers ».

Alors qu’il a déjà annoncé « le versement d’une prime de 200 euros pour soixante mille foyers à bas revenus à partir d’avril » ou encore « le gel des loyers », Yves Jégo a proposé lundi sur France Info d’appliquer en Guadeloupe le Revenu de Solidarité Active (RSA) dès 2009, au lieu de 2010.

En Martinique, plusieurs organisations syndicales appellent à leur tour à une grève générale à partir de jeudi. Le premier syndicat de l’île, la Confédération générale des travailleurs martiniquais, réclame notamment « 300 euros pour tous indexés sur l’inflation ».