Outre-mer

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Témoignages.re / 10 juillet 2007

L’habitat social perdra du terrain

À part peut-être au centre-ville, à Nouville, voire du côté de Kaméré, la construction de logements sociaux devrait ralentir. Le manque de foncier, la concurrence avec les promoteurs privés et la nécessité de rénover le bâti existant expliquent cette probable érosion.

 Mille logements sociaux par an. Cette cadence infernale qui, au départ, était une promesse politique faite par la province Sud, les trois bailleurs sociaux (SIC, FSH, SEM agglo) la tiennent, aujourd’hui, à quelques appartements près. Un véritable exploit qui, malheureusement, ne réduit pas les listes d’attente. C’est comme si, à chaque logement livré, était associée une nouvelle demande. Et ces demandes concernent, dit Armand Leder, Directeur du FSH, « Nouméa et son agglomération à 90% ». 
L’habitat social serait donc comme un monstre tentaculaire qui grossirait au rythme des flux migratoires (la population augmente d’environ 2,5% par an à Nouméa) et qui, après avoir digéré un lotissement, devrait s’en nourrir d’un autre.



« Il n’y a plus de grande surface de libre »



Or, pour de multiples raisons, l’ogre va se heurter à la disette. « Il n’y a plus de grande surface de libre à Nouméa, reprend Armand Leder, sauf Nouville qui constitue la seule zone d’une certaine ampleur ». A cela, on peut ajouter quelques sites à Kaméré, peut-être même du côté de la petite Normandie, voire de Tina, et surtout au centre-ville, comme le rappelle François Breugnon, chargé de mission Habitat à la ville : « La municipalité souhaite qu’il y ait là plus d’habitants. Nous allons donc regarder si l’on peut densifier ».

Le verbe est lâché et semble traduire la volonté des pouvoirs publics en termes de construction immobilière. Mais cette densification a ses limites, comme l’analyse Jean Gibert, Directeur de la SEM Agglo : « Il faut garder en tête que Nouméa est une ville bâtie sur une presqu’île, où la circulation n’est pas simple. Si on densifie, on va arriver à une situation effarante ». Sans compter que des logements supplémentaires induisent des nouvelles crèches, des écoles, des terrains de sport, des commerces de proximité, des structures pour canaliser les eaux usées, des routes, des trottoirs... Bref, un casse-tête chinois à s’arracher les cheveux.



La classe moyenne en difficulté



D’autant que, le foncier se raréfiant, la concurrence des promoteurs privés a eu pour conséquence, selon Armand Leder, « une augmentation de 30%, en trois, quatre années, du coût d’une construction sur Nouméa et Grand Nouméa ». Les premières victimes de cette concurrence sont d’ailleurs les classes moyennes, qui ne répondent pas aux critères de l’habitat social, mais qui n’ont pas non plus les moyens d’assumer des loyers à 150.000 francs le F3.

Malgré les défiscalisations, les bailleurs sociaux ont du mal à lutter « dans cette foire d’empoigne ». Pire, comme le soulignait récemment Thierry Cornaille, Directeur de la SIC, « il faut rénover le bâti existant, des immeubles qui ont plus de 40 ans ». Déjà, en 2006, la SIC a consacré 634 millions à l’entretien préventif et de réhabilitation contre 369 en 2005. Conséquence : l’accession à la propriété va être relancée. Pour les bailleurs, les coûts seront certes plus importants dans les premiers temps, mais au final, la gestion locative s’en trouvera allégée.
 Autre issue possible, la grande agglomération de Nouméa. Des projets sont en cours : la ZAC de Dumbéa, la ZAC Panda un peu plus loin, le projet Ondémia à Païta... À la clé, des milliers d’habitations, de nouveaux centres de vie, quasiment un axe urbain entre Tontouta et Nouméa. Une nouvelle aire.



Y. D.



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Messages






  • Nous avons enfin une analyse digne de ce nom avec l’interview du Professeur Jean-Christophe GAY, un article des Nouvelles Calédoniennes du1er mars à lire absolument « Pourquoi le tourisme calédonien ne décolle pas ? » sur http://www.info.lnc.nc/articles/article_71785_270193.htm
    Nous savons maintenant de quoi souffre le tourisme en Nouvelle Calédonie. Les économistes l’appellent le « Syndrome Néerlandais » !
    Son livre : "Les cocotiers de la France. Tourismes en outre-mer », éditions Belin Sup ".
    Ses analyses remplacent les centaines de millions de F cfp investis dans tous les pseudos études, audits, assises, conférences sur le tourisme en Nouvelle-Calédonie !

    Cela confirme ce que beaucoup pensent tout bas. Nous souffrons d’un niveau de vie artificiellement élevé alimenté par les transferts de fonds de la Métropole, la suprématie des emploies dans la fonction publique et l’économie liée principalement au nickel.
    Laissant peu de place au secteur du tourisme ! Considéré comme la dernière roue du carrosse !
    Malheureusement, cela ne durera que quelques décennies.
    Quand il y aura moins d’argent envoyé par la France (transfert de compétences) et quand il n’y aura plus assez de nickel pour faire tourner les usines (+30 ans de stock).
    Que ferons-nous après l’euphorie des « trente glorieuses » ?

    Le paragraphe sur l’aérien est à lire.

    Avec le retard cumulé, le blocage des bonnes volontés, les annulations de projets tel l’exemple du Waterfront de la Côte Blanche annulé par la Mairie de Nouméa, lu dans l’article du 16 février intitulé "Le Pôle nautique tombe à l’eau" sur http://www.lnc.nc/articles/article_71752_269249.htm , sans oublier les dégâts induits par la pollution des usines de nickel, arriverons-nous à rebondir sur une nouvelle économie telle que le Tourisme ?

    Pendant ce temps les pays voisins prennent de l’avance.

    A travers le « Syndrome Néerlandais », le message est clair : les prémices du développement touristique en Nouvelle-Calédonie, ce n’est pas avant 2040, quand le soufflet sera retombé !
    Et pendant ce temps, tout ceux qui ont déjà investit dans le tourisme sont voués à vivoter ou disparaître !

    La France fait partie du top 7 des pays développés et elle est la 1ère destination touristique au monde.
    Prenons exemple, ne mettons pas nos 2 ou 3 œufs dans le même panier !

    Il faut arrêter l’hypocrisie dans les discours à grand renfort de poudre aux yeux et de langue de bois.
    Si on demande aux calédoniens d’investir dans le secteur touristique (riche en innovation, création d’emplois), il faut assumer ses engagements. Sinon que l’on nous confirme qu’il faut attendre 30 ou 40 ans pour commencer à s’intéresser à ce secteur !

    Un peu de franchise de la part des responsables politiques sur l’avenir du tourisme en Nouvelle-Calédonie ne ferait pas de mal à la population concernée.

    Bon, demain est un autre jour !
    CARPE DIEM

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