Outre-mer

Polynésie : Le “système” de Gaston Flosse se dévoile

Détournement de fonds publics

Témoignages.re / 21 octobre 2004

L’ancien président de la Polynésie reconnaît que plusieurs dizaines de personnes étaient payées par ses services sans y travailler. Salaire mensuel moyen : 3.300 euros.

Pour Gaston Flosse, ce ne sont pas des emplois fictifs. Mais pour le juge chargé du dossier, il en va tout autrement. Hier sur les ondes d’Europe 1, l’ancien président de la Polynésie a reconnu sa mise en examen en octobre 2003 pour prise illégale d’intérêts et détournements de fonds publics. Il a confirmé une information rapportée par “Libération”.
Selon Gaston Flosse, "une centaine de personnes" auraient bénéficié de fonds de la présidence polynésienne quand il dirigeait le pays. Dans son édition d’hier, “Libération” rend compte des arguments de celui qui fait tout pour retrouver le pouvoir que lui ont refusé 55% des électeurs le 23 mai dernier. "Disons que c’étaient des personnes qui travaillaient en dehors de la présidence mais dont les traitements étaient pris en charge par la présidence" admet Gaston Flosse.

"Rien demandé en échange"

"Certains, par exemple, travaillaient auprès des maires ou bien auprès des conseillers à l’assemblée de Polynésie française et on considère cela comme des emplois fictifs. Moi je dis que ce ne sont pas des emplois fictifs. Ces gens travaillaient dans des administrations et non pas dans des entreprises privées et pas dans mon parti politique".
Or, selon “Libération”, le doyen des juges d’instruction de Papeete fait lui état de responsables syndicaux, d’hommes d’Église, de sportifs, journalistes et d’anciennes Miss Tahiti qui auraient perçu un salaire de 3.300 euros en moyenne en mars 2004 "sans qu’aucun travail réel ne puisse justifier ces versements".
Une cinquantaine de dossiers ont d’ores et déjà été traités, affirme “Libération”. Le quotidien parisien a interrogé un des bénéficiaires supposés de cette manne. D’après “Libération”, cette personne a reconnu recevoir des versements "parfois en liquide" et précisé que "personne ne [lui] a jamais rien demandé en échange".
Rappelons que beaucoup s’interrogent sur les raisons qui ont provoqué le renversement de la majorité de l’assemblée de Polynésie.


Séance pour rien à l’assemblée de Polynésie

Les représentants des groupes Tahoeraa et Te Ara se sont réunis dans l’hémicycle mardi 19 octobre dans le but de procéder à l’élection de Gaston Flosse au poste de président de la Polynésie française.
La réunion était présidée par la 3ème vice-présidente de l’assemblée de Polynésie française, Lana Tetuanui.
Pour sa part le président de l’assemblée, Antony Geros, travaillait dans son bureau, n’ayant pas été informé de la tenue d’une séance ni saisi d’une demande de mise à disposition de l’hémicycle.
Les représentants des groupes Tahoeraa Huiraatira et Te Ara ont constaté qu’ils n’avaient pas atteint le quorum nécessaire pour tenir leur séance et ont rendu les lieux. Ils ont donné un nouveau rendez-vous vendredi prochain. L’élection pourrait se dérouler sans quorum, c’est ce que confirme le gouvernement.
Le président Geros a fait constater par huissier l’occupation des lieux, l’occupation de la place du président de l’assemblée par la représentante Lana Tetuanui. L’huissier a également constaté qu’Antony Geros, présent sur les lieux n’était ni “absent” ni “empêché”.