Outre-mer

Une voix consultative au service des intérêts de l’Outre-mer

Économie et social

Témoignages.re / 20 juillet 2007

Les membres du groupe de l’Outre-mer du Conseil économique et social de la République et les présidents des 8 Conseils économiques et sociaux régionaux ultramarins se réunissent à La Réunion après 4 jours passés à Mayotte. Solidarités, continuité territoriale, changement climatique, aménagement du territoire, plusieurs thématiques ont été abordés. Mais plus que tout, les séminaristes retiennent leur point commun : ils sont tous petits par rapport aux intérêts nationaux.

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De gauche à droite : Jean-Raymond Mondon, CES de La Réunion ; Jean-Claude Boucherat, Président du CES d’Ile de France, Président de l’association française des CES de France ; Jacques Dermagne, Président du CES de la République ; Michel Paoletti, un des représentants de l’Outre-mer au CES de la République, Président du groupe des 10 CES de l’Outre-mer au Palais Iéna à Paris, du CESR de la Polynésie française.
(Photo BBJ)

Les Conseils économiques et sociaux (CES), nationaux ou régionaux, regroupant la société civile organisée, donnent le premier mot pour que les tenants du dernier mot, les élus qui votent les lois, prennent en compte l’avis du peuple, que leurs décisions soient au plus près des besoins réels et des vrais ressentis des gens. Qu’est-ce à dire pour l’Outre-mer ? Les CES sont des acteurs de la promotion de l’Outre-mer, et même s’ils ne sont que consultatifs, ils peuvent influer sur les décisions prises au plus haut niveau, comme ce fut le cas pour la suppression du colonat par Dominique Bussereau, alors Ministre de l’Agriculture. « Ce sont des institutions qui sont influentes parce qu’elles sont consultatives », rappelle Jacques Dermagne, Président du CES. Le CES de la République est la seule institution qui dispose d’une représentation de l’Outre-mer, ce qui ne se trouve pas au Sénat et à l’Assemblée nationale. A ce titre, il peut faire prévaloir les intérêts communs et individuels de toutes les îles de l’Outre-mer tout en travaillant à la définition d’une stratégie globale pour l’Outre-mer.

D’une conscience commune de l’Outre-mer

Pour Jean-Claude Boucherat, Président du premier CESR (Conseil économique et social de région) de France, celui d’Ile de France, le rôle d’un CESR est « d’apporter tous les éléments d’information nécessaires pour que les meilleures décisions publiques soient prises ». Cela ne peut se faire au détriment des régions et pays d’Outre-mer. Les CES, nationaux et régionaux veulent être ensemble, en prenant une juste vision du territoire. La société civile peut apporter des éclairages, et notamment ceux de l’Outre-mer. En espérant que de Paris, on prenne les bonnes décisions pour les différents problèmes ultramarins ! La situation réunionnaise n’est pas si dramatique, nous fait-on comprendre, au vu des nombreux chantiers mahorais. La Réunion a bien plus de potentialités. Encore faut-il qu’on l’entende à Paris, mais surtout chez nous ! Les points sensibles de La Réunion se dévoilent par un focus sur « la problématique de l’aménagement du territoire et du foncier, qui est un véritable défi, compte tenu de l’évolution de la démographie, compte tenu de nos besoins en emplois, nos besoins en services, nos besoins en déplacements », mais aussi « l’Europe qui nécessite une attention de tous les instants, la problématique de la coopération régionale, de nos relations avec les pays de la zone d’une manière globale, le dossier des APE qui montre qu’on peut avoir quelques inquiétudes, et on ne peut pas parler de La Réunion sans parler de la solidarité », précise Jean-Raymond Mondon, Président du CES de La Réunion. Le séminaire s’achève aujourd’hui. En tout cas, on est bien heureux d’entendre la conviction de partager des points communs entre régions et pays de l’Outre-mer. On entend comme exemple la pêche. Mais n’y a-t-il que cela ?

Willy Técher


Jacques Dermagne, Président du Conseil économique et social de la République :

« Les motivations de ce séminaire sont diverses et variées, la première étant d’aborder un certain nombre des thèmes qui nous paraissait importants à débattre entre la communauté métropolitaine et la communauté de l’Outre-mer. C’étaient tous les dossiers de la solidarité, depuis la solidarité au plus proche qui commence avec la famille ou le village, jusqu’à la solidarité entre la Métropole et l’Outre-mer, et même l’Europe avec l’Outre-mer. C’était le premier sujet, la solidarité sous toutes ces facettes, essayer de savoir ce à quoi elle devait correspondre et bien distinguer ce qui est solidarité, ce qui est aide ou entraide. Le deuxième thème, c’était faire un peu le point sur les vrais problèmes de la continuité dans toutes ses facettes, sociale, économique, matérielle. Le troisième thème, l’ensemble de l’Outre-mer au cœur de l’Océan Indien ou des Caraïbes, c’était de savoir quelle était l’aspiration de l’Outre-mer vis-à-vis de ce dont nous avons besoin pour que l’Outre-mer français puisse subir plus d’actifs que de passifs, plus d’avantages que d’inconvénients. Et puis, un dernier thème qui a été un regard le plus neutre possible de ce qu’il faut faire pour développer des coopérations intra-zones. Comment peut-on donner à l’Outre-mer français, avec le soutien des autres formes d’Outre-mer et la Métropole, des chances plus grandes dans l’interaction, dans l’amélioration de la vie des Réunionnais ou des Mahorais ».