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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Des Congolais massacrés
17 août 2004

Des hommes armés non encore clairement identifiés ont attaqué, tard dans la nuit de vendredi, un camp de réfugiés congolais Gatumba, faisant au moins 153 tués, 200 blessés et un nombre indéterminé de disparus, apprend-on des bilans provisoires de diverses sources concordantes sur place.
Les victimes comptent essentiellement parmi des réfugiés Banyamulenge, des Tutsi congolais originaires du Rwanda ayant obtenu asile sur le sol burundais depuis le mois de juin dernier après avoir fui l’insécurité à l’Est de la RD Congo. Le vaste camp abritait quelque 3.600 Banyamulenge au moment de l’attaque. Les assaillants ont pris le temps d’incendier partiellement le camp de fortune qui restait fumant aux premières heures de la matinée de ce samedi, avec dans certains compartiments, des corps calcinés.
À la mi-journée, les bilans ne cessaient de s’alourdir avec les décès signalés dans différents hôpitaux de la capitale Burundaise où ont été évacués les blessés par balles, aux armes blanches, tandis que d’autres présentaient des brûlures aux degrés divers, a-t-on encore constaté sur place. Face à la gravité de la situation, le chef de l’État burundais, Domitien Ndayizeye, s’est rendu sur place à Gatumba, pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts "dépassant l’entendement", a-t-il commenté à chaud. "J’ai vu de mes propres yeux qu’il s’agissait bel et bien de femmes, d’enfants et de vieillards qui ont été massacrés la nuit dernière avec une barbarie indescriptible", a-t-il insisté.
Parlant des auteurs possibles du forfait, le président Ndayizeye a clairement pointé du doigt la rébellion burundaise du Front national de libération (FNL) et ses alliés parmi les ex-miliciens Rwandais des Interahamwe autour du génocide de 1994 dans leur pays ainsi que des groupuscules congolais. "Nous venons d’apprendre que le FNL a revendiqué publiquement l’attaque, au nom de toutes ces forces négatives", a ajouté Ndayizeye dans sa réaction, condamnant le crime aux pieds du camp Gatumba encore fumant et au milieu des sanglots des rescapés sous le choc.
Domitien Ndayizeye a fait une double lecture de l’attaque, en dénonçant vigoureusement une agression venue de la RD Congo contre son pays. "Nous devons travailler avec les gouvernements voisins à éradiquer l’instinct destructeur encore vivace dans certains esprits de nos populations", a ajouté le chef de l’État burundais. Il s’est en outre élevé tout aussi énergiquement contre un acte barbare ayant ciblé les seuls Banyamulenge parmi d’autres tribus congolaises vivant ensemble dans le vaste camp de Gatumba.
5 chefs d’État africains demandent une enquête
Cinq chefs d’État africains réunis dimanche à Pointe-Noire (Congo) pour un mini-sommet extraordinaire consacré à la récente situation au Burundi ont "condamné avec véhémence" les massacres perpétrés dans le camp de Gatumba et demandé au gouvernement de Bujumbura d’ouvrir une enquête pour en déterminer les auteurs.
Le mini-sommet a regroupé autour du chef de l’État nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine, les présidents Omar Bongo Ondimba du Gabon, Fradique de Menezes de Sao Tome et Principe, Paul Kagamé du Rwanda, Sassou Nguesso du Congo et Yerodia Ndombasi, vice-président en charge de la Reconstruction et de l’Administration en RD Congo, représentant Joseph Kabila. "Nous exigeons du Burundi et des Nations Unies l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les auteurs (de ce massacre). Il s’agira de prendre les mesures qu’il faut à l’égard des auteurs de ces crimes", a déclaré Yerodia Ndombasi qui faisait le point de la rencontre à laquelle a également pris part le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré.
De source officielle, quelque 153 Congolais d’origine rwandaise qui s’étaient réfugiés au camp de Gatumba, au Burundi, au lendemain des troubles armés dans le Sud Kivu (Est de la RD Congo), ont été massacrés vendredi soir par des "assaillants" non encore formellement identifiés. Yerodia Ndombasi a profité de l’occasion pour réfuter toute présence d’hommes armés de la RD Congo dans les pays voisins, faisant ainsi allusion au Rwanda et Burundi. "Aucun de nos soldats en armes ne se trouve dans un autre pays et encore moins au Rwanda ou en Ouganda. Mais le contraire est vrai, il y a des hommes armés venus d’ailleurs et qui se trouvent chez nous", a conclu le vice-président congolais.
Le mini-sommet s’est tenu en marge des festivités du 44ème anniversaire de l’indépendance du Congo organisées à Pointe-Noire. Ont également pris part à ces festivités, des délégations du Cameroun, de la Centrafrique, de Guinée équatoriale, du Tchad et de l’Angola.
L’Union africaine condamne l’attaque
La Commission de l’Union africaine a condamné samedi l’attaque barbare perpétrée vendredi à Gatumba contre des réfugiés congolais installés au Burundi, indiquant que les auteurs de cet acte doivent être traqués sans répit et traduits en justice.
Notant qu’au nombre des victimes de cette attaque figurent des civils innocents, des femmes et des enfants, la commission a, dans un bref communiqué, indiqué qu’elle rejetait toute forme de violence. L’Union africaine a réitéré son attachement au respect des dispositions internationales et a réaffirmé qu’elle ne ménagerait aucun effort pour s’assurer que ces violateurs des droits de l’homme seront traduits en justice. La commission a aussi adressé ses condoléances aux familles des victimes.
Sommet sur le Burundi demain en Tanzanie
Le président sud-africain Thabo Mbeki et son adjoint Jacob Zuma, assisteront demain, à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, au 22ème sommet des chefs d’État des Grands Lacs consacré au Burundi, a annoncé hier la présidence sud-africaine.
La réunion devrait passer en revue les progrès réalisés depuis le dernier sommet tenu en juin, qui avait, entre autres, exigé l’organisation rapide d’élections au Burundi, conformément au calendrier de l’accord d’Arusha. Le sommet avait aussi chargé Jacob Zuma, le facilitateur du processus de paix au Burundi, d’aider les parties burundaises à parvenir à un accord de partage du pouvoir, au lendemain des élections. Il avait aussi menacé de sanctions, le Palipehutu-FNL, le groupe armé burundais, qui ne participe pas au processus de paix. Jacob Zuma présentera, au sommet, un rapport sur les progrès enregistrés dans les négociations relatives à la question du partage du pouvoir et d’autres interventions menées depuis le sommet de juin.
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