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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Douze pays touchés par la catastrophe
13 janvier 2005

Les sommes recueillies pour venir en aide aux sinistrés sont considérables. Les Nations unies ont déjà recueilli, en deux semaines, l’équivalent des contributions annuelles pour ses opérations humanitaires. Au-delà de l’aide d’urgence, l’argent doit être utilisé pour remettre en marche les machines économiques.
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Tous les chiffres donnent le vertige, et pas seulement en dollars. 157 000 morts, des milliers de disparus et cinq millions de sinistrés : ce sont les derniers bilans humains des raz-de-marée qui ont dévasté le Sud de l’Asie le 26 décembre dernier.
"C’est la plus grande catastrophe que nous ayons eu à gérer. Douze pays ont été touchés", soulignait Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU (Organisation des Nations unies) dans une interview à la chaîne ABC diffusée le 2 janvier.
Les Nations-unies ont déjà recueilli 2,7 milliards de dollars, soit l’équivalent des contributions annuelles qu’elle perçoit pour ses opérations humanitaires. Alors que plus de 8 milliards de dollars d’aide publique et privée ont été promis, à quoi va servir cette aide ?
Sur le terrain, les ONG (organisations non gouvernementales) effectuent un travail de premiers secours colossal, malgré les nombreux dysfonctionnements logistiques que les armées ou services de sécurité civile internationaux tentent de dénouer.
Les rescapés ont toujours un besoin urgent d’eau potable, de nourriture et de soins médicaux, alors que l’accès à l’intérieur des terres reste difficile. Selon le coordinateur de l’ONU pour l’aide d’urgence, il faudra encore apporter pendant des mois une aide alimentaire à un millier d’Indonésiens.
En Indonésie, où une grande partie des territoires ont été ravagés par les raz-de-marée du "dimanche noir", l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance), déjà venu en aide à plus de 60.000 personnes, intensifie ses secours. L’institution souhaite toucher encore deux millions de personnes, dont 875 000 enfants.
Des milliers de kits médicaux lui sont parvenus à Banda Aceh (pointe Nord de Sumatra), qui lui permettront d’apporter une assistance médicale à 40.000 personnes pendant 3 mois. 8.000 bâches et 6.000 kits d’hygiène pourront également être distribués aux familles de la capitale.
A ce jour, l’ONG “Médecins du monde” compte 34 médecins, infirmiers, psychologues et logisticiens déployés au Sri Lanka et à Banda Aceh pour "porter secours aux victimes, réactiver les systèmes de soins dans les zones sinistrées et faire face aux risques épidémiologiques grandissants."
Enfin, le Secours catholique, basé en Inde, suit un programme en 3 phases. Dans un premier temps, nourriture et médicaments sont distribués à 125.000 personnes en deux semaines, 62.000 rescapés ont reçu matelas, vêtements et bâches.
La seconde phase prévoit la distribution de nourriture, d’abris provisoires et de kits ménagers pour 30.000 familles, ainsi que l’approvisionnement en eau et sanitaires de 50 camps d’urgence et la réparation des puits de 200 villages.
Enfin, la dernière phase sera consacrée à la réhabilitation d’infrastructures dans 400 villages et le soutien à la relance économique des pêcheurs (réparation de bateaux et filets). Mais au-delà des secours immédiats vitaux, la reconstruction constitue une tâche gigantesque qui, selon Kofi Annan, prendra de 5 à 10 ans selon les pays et nécessitera des milliards de dollars.
Dans la continuité de l’effort d’urgence, la phase de reconstruction doit commencer pour permettre aux millions de sinistrés de retrouver une autonomie dans les mois à venir. De nombreuses familles qui vivaient avant le drame dans la précarité, à crédit, ont perdu le peu de biens qu’elles pouvaient avoir.
Elles se retrouvent aujourd’hui dans une situation de grande détresse morale et matérielle. "Tout devra être fait pour rétablir le capital économique des populations côtières", note l’ONG Care France. Les experts de la Banque mondiale, saisis par le Sri Lanka, l’Indonésie et les Maldives, vont essayer d’évaluer les différents besoins des pays, afin d’estimer le volume de fonds nécessaires pour reconstruire villes et villages rasés par les vagues géantes.
Au vu de l’importance des dévastations et de la difficulté d’accès de certaines zones, les premières estimations risquent d’être particulièrement approximatives. Le Sri Lanka, pays le plus touché par la catastrophe, pourrait recevoir 100 millions de dollars supplémentaires pour 2005, ajoutés aux 200 millions de dollars en moyenne apportés par la Banque mondiale au cours de ces trois dernières années. L’île compte désormais entre 800 000 et un million de sans-abri.
Estéfany
Des promesses d’aide au développement non tenues
Selon le site Internet de France 2 consacré à l’Asie, l’afflux de l’aide internationale a remis en lumière la faiblesse de l’aide au développement. En décembre, l’association américaine Oxfam dénonce les promesses non tenues des pays riches, rappelant que les pays développés s’étaient engagés dès 1970 à consacrer 0,7% de leur revenu national à l’aide publique au développement (APD). Un engagement sans suite.
Les États-Unis, qui se sont tardivement décidés à apporter une aide de 350 millions de dollars aux victimes des raz-de-marée (après avoir appris que beaucoup de ses ressortissants se trouvaient sur place au moment du drame !), ne consacrent que 0,14% de leur PNB (produit national brut) à l’aide humanitaire et au développement, selon les chiffres de l’OCDE pour 2003 ; bien moins que la Norvège (0,92% du PNB), le Danemark (0,84% du PNB) ou encore la France (0,4% du PNB). En subordonnant son aide au développement à la lutte contre le terrorisme, la démocratisation, etc., Washington biffe tout net de son carnet de subventions une partie de la planète.
S. L.
"Obtenir l’argent rapidement, le dépenser rapidement"
Sous l’égide de l’ONU, les pays donateurs se sont réunis mardi à Genève pour concrétiser les promesses de dons et éviter toute disproportion (comme cela arrive souvent) entre les généreuses promesses et l’argent réellement versé. Chacun est responsable de ce qu’il promet et de ce qu’il fournit.
Le cabinet d’audit américain "Price water house Coopers" va assurer gratuitement le suivi financier des sommes versées, afin de garantir la transparence et de limiter les risques de détournement de l’aide dans les pays à forte corruption, comme l’Indonésie.
Le 6 janvier, lors du sommet de Jakarta, les Nations unies ont demandé 977 millions de dollars aux pays donateurs pour venir en aide à 5 millions de personnes pendant 6 mois. Depuis, elles font pression pour que les fonds arrivent le plus vite possible, car comme le souligne Jan Egeland, coordinateur des opérations d’urgence de l’ONU, "il est important d’obtenir l’argent rapidement et de le dépenser rapidement."
Le Programme alimentaire mondial (PAM) qui a commencé à nourrir 750.000 personnes au Sri Lanka en puisant dans ses stocks, attend la concrétisation des promesses faites : "Du cash plutôt que des dons en nature, parce que transporter la nature coûte autant que la nourriture elle-même" et parce qu’acheter les denrées sur place soutient l’économie locale, explique Simon Pluess, porte-parole du PAM.
S. L.
N’oublions pas les quatorze " urgences oubliées "
L’ONU a souhaité rappeler que l’aide et la générosité en faveur de l’Asie ne doivent pas se faire au détriment d’autres grandes causes. Elle a proposé aux donateurs d’étudier un appel de fonds de 1,7 milliard de dollars lancé en novembre 2004 par l’ONU en faveur d’autres urgences humanitaires et devant permettre de répondre en 2005 à 14 crises, "urgences oubliées", qui affectent 26 millions de personnes (12 d’entre elles frappent l’Afrique).
"La vie humaine a la même valeur partout dans le monde et nous devrions faire preuve de la même générosité quelle que soit la région concernée", a invoqué mardi Jan Egeland, après avoir déploré que les Nations unies n’aient reçu qu’un tiers des sommes sollicitées pour sauver des vies en 2004. 20 à 30 millions de personnes dans le monde ont encore désespérément besoin d’aide.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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