Dix ans après la fin de l’apartheid

Afrique du Sud : Le Nouveau parti national adhère à l’ANC

10 août 2004

Les dirigeants du parti qui a succédé à l’organisation au pouvoir en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid appellent à adhérer au Congrès national africain. 10 ans après l’avènement de la démocratie, les anciens adversaires vont dorénavant marcher ensemble. Cela montre que les divergences les plus profondes peuvent s’effacer lorsqu’il est question de l’intérêt du pays.

Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) s’est félicité dimanche de la décision du Nouveau parti national (NNP) d’aller aux futures élections sous sa bannière. Le dirigeant du NPP et ministre des Affaires environnementales et du Tourisme, Marthinus van Schalkwyk, qui annoncé cette alliance samedi, a exhorté les députés de sa formation à adhérer au parti au pouvoir.
Le NNP, dont le prédécesseur, le Parti national, a dirigé l’apartheid, détient actuellement sept sièges à l’Assemblée nationale sud-africaine. Dans une déclaration faite dimanche, l’ANC souligne qu’il "voit cette initiative comme une démarche positive pour le développement de l’Afrique du Sud et pense que cela contribuera à la construction d’une société inclusive et non raciale". Pour sa part, Marthinus van Schalkwyk a fait remarquer que pour donner une nouvelle impulsion à la coopération, il a été convenu de l’adhésion des membres de la NPP à l’ANC, sous un régime spécial dans lequel leurs représentants aligneront cette démarche à la période réservée au changement de parti au Parlement.
Il a expliqué que les députés du NNP sont appelés à rejoindre les rangs de l’ANC pendant la période appropriée et conserveraient ainsi leur siège. Marthinus van Schalkwyk a lui-même précisé qu’il rejoindra l’ANC dans les semaines à venir. Le Nouveau parti national, jadis appelé Parti national, a perdu le pouvoir au profit du Congrès national africain durant les premières élections multiraciales organisées en 1994.
10 ans après la fin de l’apartheid, cette décision montre l’ampleur du chemin parcouru depuis les premières élections au suffrage universel. Les deux anciens adversaires que tout opposait vont maintenant parler d’une même voix, ce qui ne pourra que renforcer le poids de la parole sud-africaine dans un contexte international actuellement dominé par la mondialisation libérale.


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