Tout l’océan Indien concerné par les conséquences d’un séisme

Anticiper le choc des phénomènes extrêmes

27 décembre 2004

Une nouvelle fois, un événement naturel peu courant fait la une de l’actualité. Conséquences d’un double séisme situé à plusieurs milliers de kilomètres de notre île (en Indonésie et en Inde), des vagues de plusieurs mètres de haut ont submergé nos côtes, causant des dégâts considérables dans le port de Sainte-Marie surtout, et dans celui de Saint-Gilles. Après les pluies de la semaine dernière à l’origine de la fermeture de la route du littoral, c’est un nouvel appel à anticiper davantage sur les conséquences des phénomènes naturels exceptionnels.

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Soudainement, en début d’après-midi hier, la nature a rappelé sa force. À la suite d’un séisme survenu quelques heures auparavant à l’autre bout de l’océan Indien, des vagues de plusieurs mètres ont soudainement et de manière totalement imprévisible balayé le port de Sainte-Marie, provoquant des dégâts considérables : des dizaines de pêcheurs ont perdu leur outil de travail en quelques secondes. Le port de Saint-Gilles était également touché alors que dans le même temps, les plages étaient évacuées.

Vulnérabilité

Ce nouvel événément est là pour nous rappeler comment un instant suffit pour nous rappeler notre vulnérabilité face aux éléments. Chacun se souvient que pendant le récent débat public sur la route littoral, le projet de tram-train et les déplacements, le président de la commission du débat, René Robert, évoquait un phénomène dont il avait été témoin. Voici quelques dizaines d’années de cela, une vague avait submergé la région de l’Hermitage les Bains, arrêtant sa course contre l’usine de Bruniquel. Cette dernière étant située loin à l’intérieur des terres, on peut facilement imaginer que toute la zone située entre le littoral et ce bâtiment a été inondée en quelques instants. Avec l’urbanisation actuelle du secteur, si une telle situation se répétait aujourd’hui, les sinistrés se compteraient maintenant par centaines.
Or, et ce qui s’est passé hier nous le montre, rien ne permet de prévoir une telle catastrophe. Nous avons la certitude que ce genre de vague frappera encore La Réunion, mais l’incertitude du quand.

Une époque charnière

Ce n’est pas le seul phénomène devant lequel nous affichons une telle impuissance. La semaine dernière, la fermeture de la route du littoral traduisait également notre vulnérabilité. Et dans ce contexte, nous devons tenir compte d’une donnée incontournable : avec l’accélération des changements climatiques, nous serons davantage confrontés à des événements soudains, susceptibles d’entraîner des drames humains et de graves conséquences économiques. Ceci au moment où La Réunion est devant un des plus grands défis de son Histoire : répondre aux défis du million d’habitants avec des besoins très importants notamment en termes de créations d’emploi ou de construction de logements.
Ceci explique pourquoi l’anticipation de l’impact de ces phénomènes naturels extrêmes se doit d’être présente dans toutes les réflexions sur l’aménagement de notre territoire. En effet, on ne peut pas par exemple se permettre de projeter et construire un lotissement de plusieurs dizaines de logements pour le voir anéanti en quelques heures par des pluies torrentielles, ou balayé en quelques secondes par une vague venue d’au-delà de l’horizon.
Et pour que cette réflexion puisse se concrétiser, il est important d’élargir notre regard dans toutes les directions. La catastrophe d’hier nous a rappelé que la mondialisation n’est pas seulement économique ou culturelle, elle est aussi “climatique”. Et elle montre l’intérêt d’une plus grande coopération entre les pays de notre région, notamment dans les domaines de l’étude et de l’anticipation des effets des changements climatiques. Afin de s’entraider pour atténuer ensemble le choc des inévitables.

Manuel Marchal


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