60 millions de dollars pour prévenir des maladies

Appel de l’OMS pour sauver 150.000 personnes

10 janvier 2005

(Page 8)

L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a besoin de 60 millions de dollars pour répondre aux besoins d’urgence en matière de santé publique suite au tsunami qui vient de tuer plus de 155.000 personnes en Asie et en Afrique.
Cet appel, qui vise particulièrement à prévenir l’apparition de maladies contagieuses et celles liées à l’eau, s’inscrit dans le cadre de celui lancé par les Nations-unies en faveur des victimes du tsunami, a déclaré l’OMS. "Si les besoins fondamentaux tels que l’accès à l’eau potable ne sont pas rapidement réglés pour toute la population d’ici à la fin de la semaine, l’apparition de maladies infectieuses pourrait créer une nouvelle catastrophe", note le texte. L’Organisation mondiale de la santé a déjà envoyé des millions de tablettes de purification d’eau en Asie du Sud-est et mobilisé des équipements médicaux d’urgence pour plus de deux millions de personnes pendant trois mois. Elle a aussi dépêché des équipements chirurgicaux pour plus de 10.000 opérations et le traitement d’urgence de maladies diarrhéiques telles que le choléra et la dysenterie pour plus de 15.000 personnes.
L’OMS note toutefois que si cette aide accède facilement aux lieux affectés, l’eau potable reste un sérieux problème, notamment à Aceh, en Indonésie, et sur la côte est du Sri Lanka. "Nous sommes sérieusement préoccupés par le problème actuel d’accès aux besoins fondamentaux. Quelque 5 millions de personnes ont été affectées par le tsunami. Actuellement, plus de 150.000 personnes sont exposées en cas d’apparition de maladies", a déclaré le directeur général de l’OMS.
L’OMS confirme l’apparition de quelques cas isolés de maladies diarrhéiques dans les camps de personnes déplacées. "La situation reste moins évidente à Aceh et Sumatra où les dégâts subis par les infrastructures limitent l’accès et le recensement total des besoins humanitaires continue toujours", a-t-il encore souligné.
L’OMS est en train d’assister les autorités nationales ainsi que les autres organisations ONUsiennes et les ONG à satisfaire les besoins des populations déplacées en matière de santé publique. La Somalie, le Kenya et la Tanzanie sont les trois pays africains touchés par le séisme qui a déclenché le raz-de-marée ayant gravement secoué l’océan Indien le 26 décembre dernier.


Urgence en Somalie

Le Haut commissariat des Nations-unies pour les réfugiés (HCR) se prépare à mettre en place des centres d’accueil en Somalie, où le raz-de-marée qui a secoué le 26 décembre l’Asie du Sud et du Sud-Est a fait 170 victimes.
Dans un communiqué publié jeudi à Nairobi, le HCR souligne que le raz-de-marée a sérieusement touché de vastes régions côtières somaliennes, surtout entre Hafun et Garacad. "Le long de cette bande de 650 km, des maisons étaient balayées et de petites infrastructures se sont effondrées lorsque la vague énorme a touché les villages côtiers", affirme le HCR. "En outre, des équipements de pêche et des centaines de petits bateaux ont été perdus, c’est un recul catastrophique dans une région où la pêche est le seul moyen d’existence pour un grand nombre de personnes", a ajouté le directeur par intérim de HCR en Somalie, Ivana Unluova.
"Lorsque les gens possèdent si peu de choses, une telle catastrophe peut avoir des conséquences à long terme. Nous devons agir vite", a-t-il dit.
Le HCR annonce qu’il est en train d’exécuter en Somalie des programmes destinés à permettre la réinsertion des réfugiés qui rentrent au pays. Il procède à la distribution de bâches, de matelas, de couvertures, de bidons et d’ustensiles de cuisine à quelque 5.000 familles qui vivent le long du littoral, dans les régions les plus sérieusement touchées par le tsunami.
Quelques jours après le raz-de-marée, les agences de l’ONU et les ONG intervenant en Somalie se sont mobilisées pour fournir une assistance d’urgence aux populations locales sinistrées. L’ONU est en train de lancer un "Appel éclair" pour collecter des fonds en faveur de 54.000 Somaliens qui ont besoin d’une aide urgente, particulièrement en eau potable, en vivres, en médicaments et en abris. Le HCR prend en charge le volet abri de l’opération destiné à soulager 18.000 personnes.
"La Somalie est un pays où il est très difficile d’intervenir alors que les besoins sont énormes", a déclaré le chef du Département Afrique de l’Est et Corne de l’Afrique du HCR, Neimah Warsame. Les secouristes internationaux n’ont pas encore accès à certaines régions du pays, comme le Sud, à cause la guerre civile.


Le Sud solidaire

o Le Cap-Vert en deuil
Le gouvernement capverdien a décrété vendredi à zéro heure un deuil national, à la mémoire des victimes du raz-de-marée qui a dévasté le 26 décembre dernier plusieurs pays asiatiques et africains de l’océan Indien.
Dans une résolution rendue publique, le gouvernement du Cap-Vert exprime la solidarité de l’ensemble du peuple avec les pays et nations affectés par "une catastrophe naturelle sans précédent dans l’histoire de l’humanité". Au cours de la période du deuil, le drapeau national sera mis en berne sur tous les édifices publics de l’archipel, ainsi qu’au niveau des missions diplomatiques et consulaires accréditées dans le pays et dans les représentations du Cap-Vert à l’étranger. Réagissant pour la première fois à cette catastrophe, le Cap-Vert a regretté de ne pas être en mesure d’aider matériellement les pays et les populations touchées, mais il assure que son appui moral symbolise "un geste sincère qui aidera aussi à minimiser les souffrances des personnes affectées".

o Aide du Niger
Le gouvernement du Niger a décidé vendredi d’offrir une "aide symbolique de 250.000 dollars" aux États d’Asie du Sud-Est, récemment victimes de catastrophes naturelles particulièrement meurtrières.
Selon le secrétaire général du gouvernement, qui en a fait l’annonce vendredi à Niamey, l’appui octroyé par le Niger sera mis à la disposition des Nations-unies. "Le gouvernement du Niger a été profondément touché par ces catastrophes, et il exprime sa compassion aux gouvernements et peuples de cette région", a-t-il ajouté.

o Solidarité de la Tunisie
Deux avions cargo militaires tunisiens transportant des vivres et du matériel ont quitté Tunis pour la Malaisie, un des pays dévastés par les raz-de-marée du 26 décembre, a-t-on appris vendredi de source officielle.
L’aide est composée de tentes, de médicaments, d’eau potable, de vivres et de divers autres matériels, précise-t-on de même source. Il y a une semaine, la Tunisie avait envoyé en Indonésie deux avions cargos transportant une aide d’urgence, rappelle-t-on. Les actions de la Tunisie "entrent dans le cadre des efforts de la communauté internationale", indique le ministère tunisien des Affaires sociales, de la Solidarité et des Communautés tunisiennes à l’étranger.

o Lancement en Gambie d’un fonds de solidarité
Une société gambienne de consultance, "amRa", a procédé jeudi à Bakau Town au lancement d’un fonds de secours en faveur des victimes du raz-de-marée qui a fait plus de 150.000 morts en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Est.
S’exprimant au cours de la cérémonie de lancement, le directeur de la société, Tombong Saidy, a annoncé que l’ONG Défense et protection des droits de la famille (FRAP) et la Chambre de commerce et d’industrie de la Gambie (GCCI) soutiennent l’initiative. "Les effets dévastateurs du tsunami dans les pays situés dans le pourtour du Pacifique dépassent l’entendement et l’effet émotionnel en fait une des catastrophes naturelles les plus graves au monde", a-t-il dit. "Le Fonds de secours en faveur des victimes du tsunami va durer un mois. Nous aimerions envoyer à l’ONU ce qui aura été collecté par le biais du PNUD en Gambie d’ici la fin du mois de janvier", a ajouté M. Saidy.
Le directeur exécutif de la Chambre de commerce gambienne, Kebba Njie, s’est félicité de l’initiative qu’il a qualifiée de "louable". "Bien que nous soyons un petit pays, nous devrions montrer au monde que la Gambie est préoccupée par le sort des victimes du tsunami", a-t-il déclaré.

o L’aide marocaine remise aux autorités des pays asiatiques
L’aide humanitaire d’urgence envoyée par le Maroc à plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est affectés par les raz-de-marée dévastateurs consécutifs à un tremblement de terre, a été remise par la délégation marocaine aux responsables gouvernementaux du Sri Lanka, des îles Maldives, de Thaïlande, d’Indonésie et de Malaisie. Les autorités de ces pays, qui ont exprimé leur "profonde gratitude et reconnaissance" au roi Mohammed VI pour l’aide et l’assistance apportées à leur pays, selon la même source, ont également "tenu à transmettre leurs sincères remerciements au peuple marocain pour ce geste d’entraide et de solidarité envers leur peuple en cette douloureuse circonstance".
Le Croissant-rouge marocain (CRM) avait octroyé, de son côté, un don d’urgence de 250.000 dirhams (22.500 euros) aux victimes du tsunami en tant que "contribution préliminaire" pour soutenir le programme d’urgence de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-rouge et du Croissant-rouge en faveur des victimes. Ce don, qui sera versé dans le compte de la Fédération, s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale de solidarité avec les populations sinistrées.


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