Conférence de Kobé au Japon

Catastrophes naturelles : l’urgence est à l’alerte

18 janvier 2005

Dix ans après le dramatique tremblement de terre de Kobé, 3.000 personnes y participent à une conférence. L’ONU souhaite que les États harmonisent leurs efforts pour intégrer les risques de catastrophes naturelles dans la réduction de la pauvreté.

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Il aura fallu le raz-de-marée en Asie pour que la prévention des catastrophes devienne une urgence. À partir d’aujourd’hui, quelque 3.000 experts et officiels d’environ 150 pays se réunissent jusqu’au 22 janvier à Kobé, dans l’Ouest du Japon, pour une conférence consacrée à la prévention des catastrophes naturelles.
C’est à l’occasion du 10ème anniversaire du terrible séisme qui a détruit le grand port de Kobé le 17 janvier 1995, faisant 6.400 morts, que l’Organisation des Nations unies a choisi d’y faire siéger la rencontre internationale qui s’ouvre aujourd’hui dans cette grande ville nippone. L’ONU souhaite que les États prennent enfin conscience de l’urgence et harmonisent leurs efforts en faveur de l’intégration des risques de catastrophe naturelle dans la réduction de la pauvreté. La faiblesse de l’investissement financier des États en faveur de l’aide au développement des pays pauvres, dénoncée par le coordinateur de l’aide humanitaire pour l’ONU, Jan Egeland, au lendemain des tsunamis, doit faire place à un réel investissement humain et budgétaire des pays riches.

Système d’alerte : 30 millions de dollars

Selon Brigitte Leoni, responsable de la communication pour la conférence, "Beaucoup de thèmes seront abordés, comme les systèmes d’alerte précoces, y compris contre les inondations, les cyclones, les désastres liés à l’eau". Les rôles de l’éducation, du travail de préparation des populations aux catastrophes, ainsi que le financement des systèmes de prévention seront également traités. La conférence aboutira à un programme d’actions pour la période 2005-2015.
À la dernière minute, deux sessions relatives à la mise en place d’un système d’alerte spécifique aux tsunamis ont été ajoutées au programme des discussions. Un tel système ne devrait coûter, selon l’ONU, que 30 millions de dollars, "rien pas rapport à ce qui s’est produit", déclarait le directeur japonais de l’UNESCO, Koichiro Matsuura, lors de la Conférence des petits États insulaires la semaine dernière à Maurice.
Selon les données de l’ONU, les désastres naturels ont coûté la vie à plus de 478.000 personnes dans le monde sur la période allant de 1994 à 2003 (auxquelles il faut ajouter les 168.000 morts, à ce jour, des tsunamis), pour 700.000 milliards de dollars de dégâts matériels.

La Réunion : pôle d’alerte mondiale

Le Japon, pays hôte de la conférence, entend jouer un rôle important pour lancer d’ici 2006 le système d’alerte qui s’étendrait des côtes nippones à l’océan Indien, ainsi qu’un système d’alerte global pour l’année suivante. Son Premier ministre, Junichiro Koizumi, a demandé à son gouvernement des "propositions solides".
Dans le cadre de son assistance financière aux pays sinistrés d’Asie, Tokyo va débloquer 4 millions de dollars pour financer ce projet. Le Japon va également proposer la création d’une base de données mondiale sur les opérations de reconstruction et de secours après des catastrophes naturelles majeures, car "il faut nous préparer non seulement aux tsunamis mais aussi à tous les événements catastrophiques", a averti un expert de l’Université de l’ONU à Tokyo.
Le président Jacques Chirac viendra soutenir à Kobé le projet d’intégrer l’île de La Réunion dans un futur dispositif d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien, comme l’a annoncé le ministre délégué à la Coopération régionale, Xavier Darcos, le week-end dernier, lors de sa visite dans notre île. Cette structure s’intégrerait dans le dispositif que l’ONU projette de créer sur l’ensemble de l’océan Indien. "On ne trouvera pas de lieu dans la région qui soit mieux équipé en hommes (...) Vraisemblablement, ce sera un des pôles principaux de ce système d’alarme mondial", déclarait Xavier Darcos sur France info.

Estéfany


Les orphelins de Kobé solidaires

Beaucoup des orphelins du séisme de Kobé (573 au total) se disent prêts à venir en aide aux enfants d’Asie plongés dans la détresse. "La plaie dans mon cœur s’est refermée grâce au soutien de mes camarades orphelins et d’autres amis. C’est donc à mon tour (...). Je veux être un frère aîné pour les plus jeunes", explique Kazunori Kawaguchi, étudiant de 22 ans qui a perdu son père en janvier 1995.
Grâce à la maison d’accueil “Rainbow House”, créée en 1999, nombre d’orphelins du séisme de Kobé ont pu être recueillis et pris en charge jusqu’à leur majorité. Alors que le nombre d’orphelins japonais pris en charge par la maison d’accueil tend à diminuer, cette dernière étend aujourd’hui son assistance à l’étranger, en offrant une aide financière pour les orphelins des catastrophes naturelles, notamment ceux d’Asie. L’UNICEF craint que les 35.000 enfants orphelins, sans abri ou séparés de leurs parents dans la province d’Aceh (Indonésie), ne soient la cible de trafiquants.


L’hommage de l’Asie et de l’Océanie aux victimes

Trois semaines après le tsunami, l’Asie s’est recueillie en mémoire des quelque 168.000 victimes de la catastrophe. Cérémonies religieuses et concerts se sont, par ailleurs, multipliés dimanche en Australie et en Nouvelle-Zélande, où les drapeaux ont été mis en berne.
Une minute de silence a en outre été observée à 00 heure 59 GMT, heure précise du séisme sous-marin à l’origine du cataclysme du 26 décembre.
Le Premier ministre, John Howard, a assisté à une cérémonie religieuse à Sydney à l’occasion de la journée de deuil national décrétée en Australie. Son homologue néo-zélandaise, Helen Clark, a quant à elle participé à une cérémonie à Auckland.
Aux États-Unis, des stars du cinéma et de la chanson, parmi lesquelles Brad Pitt, Bruce Willis, Madonna ou Elton John, ont participé samedi soir à un Téléthon au profit des victimes. L’émission “Tsunami Aid : A Concert of Hope” de NBC a duré deux heures tandis que des centres d’appels mis en place pour recueillir les dons sont restés ouverts toute la nuit.
Loin des caméras de télévision, Mariappan, un pêcheur de Seruthur, village du Sud de l’Inde, s’est contenté d’arroser le cocotier qu’il a planté, à la mémoire de son épouse disparue.
"Je vais en prendre soin", a-t-il promis, contemplant longuement le jeune arbre. "Elle a été enterrée dans une fosse commune et rien ne signale sa sépulture".
Plusieurs dizaines de cocotiers, portant chacun un nom, ont été plantés cette semaine sur la plage et, plus qu’un hommage, ce “jardin des victimes du tsunami” se veut également une barrière végétale susceptible, à l’avenir, de protéger le rivage des fureurs de la mer.
Les hommages aux victimes n’ont toutefois pas occulté l’aide aux survivants. James Morris, directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) dont dépendent 1,2 million de rescapés, s’est dit convaincu que tous ceux qui avaient été menacés par la faim étaient désormais hors de danger.
Au-delà de cette urgence, a-t-il souligné, l’assistance internationale, déployée massivement après le cataclysme, va permettre de lutter durablement contre la malnutrition qui affecte par exemple un enfant sur trois au Sri Lanka.
"Je présume que la malnutrition est un peu plus importante, mais il y aura un effort plus intense pour garantir que chaque enfant sera nourri (...) ; c’est un point positif, un très petit point positif", a-t-il ajouté.
En Indonésie, où les deux tiers des victimes ont été recensées, 5.000 cadavres ont encore été découverts sur la côte Ouest de la province d’Aceh, ce qui porte le bilan officiel à 115.229 morts confirmés. Jusqu’ici, 85.000 corps ont pu être inhumés, précisent les autorités.


Manque de moyens pour évacuer les cadavres

À Lhok Nga, village de pêcheurs autrefois florissant, les dépouilles des victimes gisent encore sur la plage. Trop occupés à assurer leur survie et trop isolés pour bénéficier de l’aide internationale, les habitants ont renoncé à les rassembler.
"Ce dont nous avons besoin ici, c’est de volontaires et de moyens pour évacuer les corps et les débris", explique Ahmad Syuhada. "J’ai vu des chiens dévorer des restes humains. C’est horrible !", poursuit-il, regardant un cadavre gonflé d’eau dériver dans l’estuaire, à une vingtaine de kilomètres de Banda Aceh, chef lieu de la province et tête de pont de l’aide internationale.


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Messages

  • bonjour je me permet de vous ecrirt pour savoir comment faire pour venir en aide apres la catastrophe au japon d aujour hui je suis auto entrepreneur en france et je voudrai apporter mon aide au japon pourriez vous me conseiller ou m indiquer ou me renseigner je vous en remerci par avance (mon entreprise est dans le nettoyage mais je peut faire plusieur autre chose )


Témoignages - 82e année


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