Les droits humains bafoué

Chagos : la lutte passe par l’Europe

11 septembre 2004

Les représentants des Chagossiens, Olivier Bancoult et Anwar Bhayat, ont été reçus hier par le député européen Paul Vergès, sur qui ils comptent pour se faire entendre.

Olivier Bancoult, représentant des réfugiés chagossiens, et Anwar Bhayat, consultant et représentant des Chagossiens à Londres, ont rencontré hier le président du Conseil régional Paul Vergès.
La Réunion a accueilli en 1989 la première conférence de presse des Chagossiens, aussi Olivier Bancoult confiait hier, après cette entrevue : "Nous avons toujours une pensée spéciale pour La Réunion, surtout pour le PCR qui s’est toujours montré solidaire de nos actions".

L’objectif de cette nouvelle visite, après la rencontre de février, reste "d’alerter l’opinion du monde entier sur les souffrances subies par les Chagossiens" et de dénoncer le fait que "le gouvernement britannique ne respecte pas les droits humains des Chagossiens".
Si la décision de justice du 3 novembre dernier donne aux Chagossiens le droit de retourner chez eux, un décret adopté par le gouvernement britannique, sans respect de la juridiction, sans l’approbation de son parlement, leur interdit toujours l’accès à leur pays. Le groupe des réfugiés chagossiens mène une nouvelle action pour protester contre cette loi, somme toute illégale.

"Paul Vergès est un envoyé de Dieu"

Comme les Chagossiens ont obtenu devant la cour de Londres la nationalité britannique, le 21 mai 2002, ils sont à ce titre citoyens européens. Paul Vergès, député européen, veut aider les Chagossiens à retourner sur leur terre natale.
Olivier Bancoult et Anwar Bhayat sont venus "lui apporter les documents juridiques essentiels". Paul Vergès a précisé aux Chagossiens qu’il s’est fait inscrire à la commission européenne des Droits de l’Homme, uniquement pour soulever le cas des Chagossiens, citoyens européens déportés, qui n’ont pas le droit d’accéder au territoire britannique ultramarin.
Il leur a indiqué qu’il soulèvera également le problème lors de la session plénière de l’Union européenne avec les pays ACP.
"Comment accepter que malgré le verdict de la cour de Londres, les Chagossiens n’ont toujours pas accès à leur île natale, alors que d’autres personnes vivent et travaillent sur l’archipel et que le gouvernement britannique reçoit des allocations sur les activités de pêche, sans compter les paiements secrets que lui versent les États-Unis pour la concession de Diego Garcia ?" , demande Olivier Bancoult.
De tous les peuples des TOM britanniques, les Chagossiens sont les plus délaissés : il fait remarquer que c’est sans doute parce que la population est principalement composée de descendants d’esclaves.
Comment faire pression sur le gouvernement britannique ? Les Chagossiens n’ont pas les moyens matériels de retourner sur leur île. Le gouvernement mauricien les soutient, au-delà de la question de la souveraineté, pour le respect des droits humains des Chagossiens.

D’autres démarches sont engagées auprès du secrétaire général des Nations unies, des organisations africaines. Olivier Bancoult ajoute que Paul Vergès lui a indiqué qu’il solliciterait l’aide de son frère, Jacques Vergès, grand avocat parisien, sur cette affaire.
Pour Olivier Bancoult, "Paul Vergès est un envoyé de Dieu pour le peuple Chagossiens. Nous avons enfin trouvé quelqu’un tout près de nous, qui nous soutient. Monsieur Vergès, député européen de la seule région européenne de l’océan Indien, représente notre député au Parlement européen. Il fait pour nous ce qu’aucun Anglais n’a fait".

Eiffel


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