Début de la première étape du plan d’exploration du satellite naturel de la Terre

Décollage réussi de la sonde lunaire chinoise

26 octobre 2007

Mercredi, Chang-e 1 a été placé sur orbite terrestre. Après quelques tests, il se dirigera vers la Lune qu’il doit atteindre le 5 novembre. C’est la première phase de l’exploration de cet astre par le satellite.

Le lancement de la première sonde lunaire de la Chine a été un succès, a annoncé un officiel chinois mercredi soir, au centre de lancement de satellites de Xichang, dans la province du Sichuan.
Le lancement de la sonde lunaire « marque un nouveau jalon historique dans le programme aérospatial de la Chine après le lancement de satellites artificiels et les missions spatiales habitées », a dit le vice-Premier ministre Zeng Peiyan au centre de lancement de Xichang.
Le satellite "Chang-e I" a été lancé par une fusée-porteuse "Longue Marche 3A" à 18h05 mercredi depuis le centre de lancement de satellites de Xichang.
Le satellite, qui pèse 2.300 kg, devra tester 4 accélérations, puis entrer dans l’orbite de transfert Terre-Lune le 31 octobre, avant de se mettre sur l’orbite de la Lune le 5 novembre.
La Chine ne s’embarque pas dans une compétition lunaire « sous quelle que forme que ce soit, ni avec aucun pays que ce soit » et « partagera les résultats de son exploration lunaire avec le monde entier », en poursuivant sa politique d’utilisation pacifique de l’espace, a déclaré Luan Enjie, le commandant en chef du projet du premier satellite lunaire de la Chine.
« La décision d’explorer la Lune a été prise en totale conformité avec les conditions spécifiques à la Chine, qui ne peuvent être comparées avec celles des autres », a-t-il poursuivi, reconnaissant qu’une nouvelle vague d’explorations lunaires avait commencé ces dernières années et que de nombreux pays avaient élaboré leurs propres projets d’exploration.
Par ailleurs, de source officielle, la Chine n’envisage pas pour l’instant de mission habitée sur la Lune, selon les déclarations faites jeudi par les scientifiques chinois spécialistes de la Lune à Xinhua.
« Une mission habitée sur la Lune est un projet qui pose de grandes difficultés, des risques importants et demande des investissements conséquents. Une approche par une liste de vœux n’est pas la bonne manière d’aborder la question », a indiqué Luan Enjie. « De nombreux facteurs doivent être pris en compte pour mener à bien un tel projet, tels le budget, le niveau technologique et l’amélioration des études scientifiques actuelles », a dit Luan. « Donc, il est trop tôt pour parler de missions habitées sur la Lune pour le moment ».


Les objectifs de la sonde lunaire :

Les objectifs scientifiques du projet du satellite d’exploration lunaire chinois incluent :

- la prise d’images en trois dimensions de la surface lunaire ;

- l’analyse de l’abondance et de la répartition des éléments sur la surface lunaire ;

- l’enquête sur les caractéristiques du régolithe lunaire, poussière de terre dispersée sur la surface lunaire ;

- l’exploration des différences entre la Terre et la Lune.

Les objectifs technologiques incluent :

- le développement et le lancement de la première sonde lunaire chinoise ;

- le test des technologies nécessaires pour la mise en orbite lunaire ;

- le début de l’exploration scientifique lunaire par la Chine ;

- le développement d’un système d’ingénierie basique pour l’exploration lunaire ;

- l’expérience pour les explorations ultérieures de la lune.

Le lancement réussi mercredi est la première étape du programme d’exploration lunaire de la Chine, qui comporte trois phases.
La seconde étape est le lancement d’un engin lunaire avec atterrissage en douceur sur la surface lunaire.
La troisième phase est l’envoi et la récupération d’un second engin comportant des extraits de terre et de roche lunaires afin d’effectuer des recherches scientifiques.


L’équivalent de deux kilomètres de métro

Le projet du satellite d’exploration lunaire de la Chine coûte 1 à 1,4 milliard de yuans (environ 133 à 187 millions de dollars), soit un montant équivalent à celui consacré à la construction de 2 kilomètres du métro à Beijing, a déclaré Ouyang Ziyuan, scientifique en chef chargé du programme.
Ouyang a indiqué que le montant n’était pas un chiffre démesuré pour l’économie chinoise et que le programme contribuerait au développement des sciences et technologies en Chine.
« Il permet de créer de nouveaux sujets d’étude scientifiques et de former des professionnels de talent dans le domaine aérospatial », a-t-il ajouté.


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