La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Mozambique
Industrie, énergie et infrastructures portuaires
1er octobre 2003

Hier, ’Témoignages’ a présenté la situation économique du Mozambique considéré comme l’un des pays les plus prometteurs de l’Afrique australe. Le Mozambique connaît depuis quelques années une évolution économique significative. Le nombre de projets approuvés par le Centre de promotion des investissement mozambicains en 2002 s’élevait à 128, ce qui représente un montant d’environ 1,5 milliards de dollars. Une aubaine et des débouchés pour les investisseurs potentiels...
Les secteurs attirant le plus de projets sont l’industrie, l’agriculture, les services, la construction et le tourisme. Les principaux grands projets actuellement en cours de réalisation au Mozambique représentent chacun des investissements de 500 millions à 2 milliards de dollars. Il s’agit notamment des megaprojets suivants : la fonderie d’aluminium de Mozal (2ème phase), la construction du gazoduc entre Temane et Secunda, l’exploitation des sables lourds, l’implantation d’une zone franche à Maputo, l’exploitation des mines de charbon de Moatize, les projets d’aménagement hydro-électrique du Zambèze et la construction d’un port à Ponta Dobela.
• Le Mozal
Ce projet de 1 milliards 200 millions de dollars est l’un des plus importants au Mozambique. Démarré en 2000, il est actuellement en phase d’expansion. De 250.000 tonnes d’aluminium par an (depuis mi 2001), la production doit passer à 500.000 tonnes par an fin 2003 grâce à un investissement supplémentaire de 800 millions de dollars.
Les principaux actionnaires de cette fonderie d’aluminium sont Billiton (Gencor), Industrial Development Corporation (IDC) d’Afrique du Sud, Mitsubishi du Japon et l’État mozambicain. Ils ont retenu la société française Péchiney pour le procédé de fabrication.
L’alimentation en électricité de l’usine (450 mégawatts pour la première phase et 900 mégawatts lors du doublement de la capacité de l’usine) est assurée par MOTRACO, un consortium composé des trois compagnies nationales
d’électricité d’Afrique du Sud (ESKOM), du Swaziland (SEB) et du Mozambique (EDM).
• Zone franche de Maputo
L’établissement d’une zone franche (Beluluane) située dans la zone de l’usine Mozal devrait attirer, selon les autorités locales, de nombreuses industries et notamment des industries d’aval attirées par la présence d’aluminium liquide de haute qualité, d’une main d’œuvre à faible coût et d’une électricité abondante et particulièrement bon marché.
Le Centre de Promotion des Investissements (CPI) espère attirer plus de 500 millions de dollars d’investissements dans les 5 ans à venir dans ce parc industriel.
• Les projets hydro-électriques
Le barrage de Cahora Bassa qui abrite l’une des centrales hydro-électriques les plus puissantes du monde (1.700 mégawatts de capacité) devrait permettre, après renégociation des accords tarifaires en vigueur avec l’Afrique du Sud
(ESKOM), d’exporter plusieurs dizaines de millions de dollars d’électricité vers ce pays en complément des ventes (plus modestes) déjà réalisées vers le Zimbabwe (400 mégawatts) et vers le Mozambique (150 mégawatts).
Compte tenu des besoins d’énergie prévisibles à terme (2009/2010) de l’Afrique du Sud, ce premier barrage pourrait se révéler insuffisant. Deux possibilités complémentaires sont actuellement envisagées :
- la construction, en aval de Cahora Bassa, d’un nouveau barrage et d’une
centrale hydro-électrique à "Mepanda Uncua" (1.500 mégawatts, investissement de l’ordre de 2 milliards de dollars) ;
- la construction d’une seconde centrale hydro-électrique à Cahora Bassa sur
la rive opposée du Zambèze : "Cahora Bassa Nord". Les coûts de ce projet
ne sont pas encore connus.
• Le port de Ponta Dobela
Un projet de création de port en eau profonde (25 mètres) à 30 kilomètres au Sud de Maputo (500 millions de dollars) a fait l’objet d’une étude d’impact environnemental et d’une étude de pré-faisabilité économique. Les résultats de ces études ont été rendus publics et indiquent que le projet pourrait voir le jour dans les années à venir. Les promoteurs estiment toutefois qu’il faudrait encore 2 ans d’études et 3 ans de réalisation pour finaliser ce projet.
La première phase du projet consisterait à construire un port interne, d’une profondeur comprise entre 18,5 et 23 mètres (pour des bateaux jusqu’à 175.000 tonnes) et un quai de 3 kilomètres. La capacité d’accueil pourrait, dans un deuxième temps, être améliorée et permettre de recevoir des bâtiments allant jusqu’à 300.000 tonnes.
Les actionnaires de ce projet sont la société Ponta Dobela Investments (60%), la société publique des chemins de fer du Mozambique CFM (30%) et des privés mozambicains (10%).
| Augmentation de la production du thé au Mozambique |
| La production de thé du district de Mossurize, dans la province de Manica (centre du Mozambique), a enregistré une amélioration pour arriver à environ 80 tonnes par an.
À Manica, contrairement à ce qui se passe dans la province du Zambèze, caractérisée par les grandes plantations de thé, environ 600 petits agriculteurs s’adonnent à cette culture. L’Agence de développement économique de Manica (ADEM) apporte son appui à la production de thé, en partenariat avec l’Appui pour la mise au point des initiatives privées du secteur agricole. Ces derniers fournissent des contributions et une assistance technique aux agriculteurs. Selon une source proche de l’ADEM, citée par l’Agence nationale d’information (AIM), une récente étude a conclu à la viabilité de l’exploitation de thé à Manica. Un projet commercial, basé sur cette étude, a été élaboré pour la production et la transformation du thé. Il envisage de créer une association de producteurs de thé. Cette initiative sera suivie par la création de joint-ventures avec des sociétés étrangères dans ce secteur. L’ADEM soutient également l’apiculture à Manica. Les zones situées au Nord et au centre sont particulièrement adaptées à la production de miel. À l’heure actuelle, environ 700 apiculteurs produisent 8 tonnes de miel par an. L’ADEM compte introduire des techniques susceptibles de permettre l’amélioration de la production, tout en garantissant la protection de l’environnement. La source proche de l’ADEM a encore fait savoir qu’à Manica, plusieurs tonnes de céréales, de fruits et de légumes sont perdues chaque année, du fait de l’absence de possibilités appropriées de stockage et de commercialisation. L’agence envisage, pour changer la situation, de lancer un projet visant à aider les producteurs et commerçants locaux à exploiter de nouveaux débouchés pour leurs produits. Elle va également introduire des méthodes de conservation post-récolte plus efficaces. Bien que la majeure partie de Manica soit fertile, seule 4,7% de la superficie de la province est exploitée. |
| Le Japon accorde 100 millions de dollars de subvention au Mozambique Le gouvernement japonais a décidé d’accorder l’équivalent de 100 millions de dollars américains au Mozambique, au titre d’une subvention pour la construction et l’entretien d’un certain nombre d’établissements scolaires et pour l’achat de vaccins en vue de combattre les maladies infectieuses. Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a fait cette annonce au président mozambicain Joaquim Chissano à l’occasion d’un entretien entre les deux hommes d’État, dimanche, à la veille de l’ouverture de la Troisième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD III). Junichiro Koizumi a confirmé lors de la session d’ouverture de la TICAD III que l’aide totale du Japon à l’Afrique au cours des cinq prochaines années sera d’un milliard de dollars. |
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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