Saint-Paul et Amsterdam

Deux îles françaises et tempérées dans l’océan Indien

19 janvier 2005

Le beau livre de Yannick Verdenal s’appuie sur des documents rares et son expérience personnelle pour décrire les terres de Saint-Paul et Amsterdam.

(Page 8)

En dix chapitres, Yannick Verdenal dit tout sur Saint-Paul et Amsterdam. Pour évoquer ces îles des Terres australes et antarctiques françaises, il
s’est appuyé sur des textes rares et dispersés, ainsi que sur son expérience personnelle : il y a séjourné en tant que membre de la 48ème mission d’Amsterdam, de décembre 1996 à février 1998.
L’auteur consacre son premier chapitre à “La naissance de ces îles”. Nous apprenons ainsi qu’elles sont de constitution volcanique assez récente (entre 1 million et 400.000 années). Si Amsterdam a une surface de 55 km carrés, Saint-Paul, à 80 km au Sud d’Amsterdam, ne fait que 7 km carrés. À noter que ce sont les seules îles tempérées du Sud de l’océan Indien.
Ce sont les navigateurs espagnols et portugais "qui les aperçurent en premier" lors du premier tour du monde le 18 mars 1522 ; mais ne pouvant y accoster, ils n’ont pas pu débarquer.
Ces terres ne sont pour les navigateurs que des endroits déserts et inhabités où personne n’a réussi à débarquer. Les premiers Hollandais (du 16ème jusqu’au début du 18ème siècle, la flotte hollandaise domine les autres) ne reconnaissent pas non plus les îles.
Il faut attendre 1633 pour que les îles soient définitivement nommées par leur compatriote Van Diemen. Un premier débarquement sur les deux îles a lieu en 1696, mais n’y trouvant rien d’intéressant à leurs yeux, le navigateur Willem De Vlaming et son équipage reprennent leur itinéraire vers l’Australie.
Le chapitre 4 décrit toute une succession d’événements qui se déroulent dans ces îles en cette fin du 18ème siècle : l’éruption volcanique en 1792, l’envoi du capitaine Péron en exil à Saint-Paul ou encore l’escale des naufragés du Princess of Wales... Elles voient l’arrivée massive de chasseurs de fourrure, Français, Chinois ou Américains...

Les missions radio-météo s’y développent

Dans le chapitre 5, l’auteur relate les aventures du capitaine Mierolawski qui avait dans l’idée d’installer une "pêcherie à Saint-Paul", et qui demande donc au gouverneur de Bourbon, Bazoche, de prendre possession des îles. Les procès verbaux de prise de possession seront rédigés en juin et juillet 1843, empêchant ainsi les Mauriciens de hisser le pavillon britannique. Les pêcheurs français s’installent et débute un commerce de poissons avec les îles de l’océan Indien, notamment le ravitaillement en poissons de l’île Bourbon, à partir de Saint-Paul.
Vers le milieu du 19ème siècle débutèrent les premières expéditions scientifiques. Il y a eu "L’expédition de la Novara" en 1857 et en 1874-75, "La mission d’observation du passage de Vénus devant le soleil". Le chapitre 7 “La hisse du pavillon français” décrit la prise officielle de possession française de ces îles en 1892.
“La déroute de la langousterie” relate les mésaventures des concessionnaires des îles, conduisant à l’abandon des îles en 1931, alors que les stations radio-météo prennent de plus en plus d’importance. Changement avec un nouvel arrivant, la SAPMER (Société anonyme de pêche malgache et réunionnaise) en 1947 qui va faire le commerce de la langouste.
Les deux derniers chapitres (9 et 10) font référence aux missions radio-météo, dont la première fut menée par Paul de Martin de Viviès en 1949-1950, des missions qui n’ont cessé de se multiplier depuis.
“Saint-Paul & Amsterdam, Voyage austral dans le temps”, de Yannick Verdenal. Éditions Gérard Louis, 168 pages. Nombreuses photos en couleurs.

Sitianlati Daroussi


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