Transfert d’un médecin des T.A.A.F. à La Réunion

Évacuation sanitaire à Amsterdam

20 août 2004

Le 3 août dernier, le médecin de l’île Amsterdam dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) se casse la jambe. Comme il est impossible de le soigner sur place, son évacuation est décidée. Elle est réalisée par l’Osiris, qui est arrivé à La Réunion le 14 août dernier.

Le 3 août, au retour d’une visite de contrôle du matériel de premier secours d’un site d’observation scientifique, le médecin d’Amsterdam, à quelques kilomètres de la base, se prend le pied dans un trou et glisse. Un premier examen de sa jambe lui fait rapidement suspecter une fracture.
Un de ses compagnons avertit immédiatement la base par radio. Celle-ci envoie une équipe de secours qui organise le brancardage du blessé.
À l’hôpital, le diagnostic effectué par le médecin lui-même, l’équipe de secouristes qu’il avait formé et avec l’aide des services médicaux du Territoire montre une fracture du tibia et du péroné. Il est impossible de soigner une telle blessure sur place. En liaison avec le CROSSRU (Comité d’organisation sanitaire) l’évacuation sanitaire est alors décidée.
L’ensemble des moyens disponibles sur zone est examiné : marine nationale, bateaux de pêche, navire de surveillance de pêche français et australien. Il apparaît immédiatement que le navire de surveillance de pêche Osiris, qui en fin de mission de surveillance de pêche, transitait de Kerguelen à La Réunion est le mieux placé pour une évacuation sanitaire. Il est alors dérouté vers Amsterdam.
Le 7 août, l’Osiris arrive à Amsterdam. Malheureusement les conditions de mer ne permettent pas une évacuation par zodiac, et la météo ne s’améliore pas sur la journée. Le 8 août au matin, profitant d’une légère amélioration dans la matinée, l’évacuation est tentée et réussie, le navire fait alors route vers La Réunion.
Le 14 août, l’Osiris accoste à La Réunion, le blessé est pris en charge par le service médical du Territoire et le SAMU, puis évacué vers la Métropole pour être hospitalisé le lendemain à l’hôpital interarmées de Percy en région parisienne.
Dans le même temps, l’infirmière en poste à Kerguelen a embarqué sur le Croix du Sud, le navire de la SAPMER qui, sa campagne de pêche terminée, revient vers La Réunion. Faisant un crochet par Amsterdam, il tente de débarquer l’infirmière le 14 août ; là aussi, le mauvais temps l’en empêchera et ce n’est que le 15 qu’elle pourra descendre à terre. Elle assurera la médicalisation de la base jusqu’au remplacement du médecin par le Marion Dufresne, qui appareillera en fin de semaine.


Le système sanitaire dans les T.A.A.F.

Sur chacun des quatre districts est installé un petit hôpital bien équipé (appareils de radiographie, pharmacie, télé-tranmission....). Un médecin est affecté sur Crozet, Amsterdam et Terre Adélie. Kerguelen, du fait du nombre d’hivernants, dispose soit d’un deuxième médecin soit d’un personnel infirmier.
Chaque année, les médecins soignent nombre de pathologies peu graves des hivernants, ils interviennent aussi quelquefois au profit des marins des bateaux en pêche dans la Zone économique exclusive, souvent pour de petites blessures. Bien entendu dans les cas plus graves, passé les premiers gestes de secours et de diagnostic, l’évacuation s’impose. Celle-ci ne peut être menée que par la mer avec des délais qui ne peuvent être guère inférieurs à six jours.


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