Quatrième anniversaire de la catastrophe

Hommages aux victimes du Tsunami

27 décembre 2008

L’Asie commémorait hier l’anniversaire de la catastrophe naturelle la plus meurtrière de ces cinquante dernières années. Le 26 janvier 2004, le troisième plus grand séisme enregistré de l’Histoire provoquait un raz-de-marée qui allait emporter au moins 280.000 personnes dans plusieurs pays riverains de l’océan Indien.

Quelques heures avant le jour du quatrième anniversaire du tsunami, la terre a tremblé dans un pays riverain de l’océan Indien, rappelant la vulnérabilité de notre région à ce type de catastrophe. D’une magnitude de 5,9, il a touché la côte du Pakistan. Selon les premières informations, ce tremblement de terre n’a pas fait heureusement de victimes, ni déclenché de raz-de-marée.
Quelques heures après ce nouveau message de la Terre, l’Indonésie honorait la mémoire de ses morts.
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville côtière de Meulaboh, dans la province septentrionale d’Aceh, la plus durement éprouvée par la catastrophe. Les quatre cinquièmes des morts y avaient été recensés et environ 570.000 sinistrés de la province avaient dû être déplacés.
Plusieurs séances de prières se sont tenues dans des mosquées ainsi que des cérémonies aux morts dans la capitale provinciale, Banda Aceh.
Le Président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, a assisté à des exercices d’alerte au tsunami dans le Nord de l’île de Sulawesi (Célèbes), selon l’agence Antara.
Le tsunami de 2004 avait été déclenché par un séisme géant et avait ravagé 800 kilomètres de rivages dans l’archipel indonésien. Un premier bilan faisait état de plusieurs milliers de morts. Au fil de jours, la liste du nombre des victimes n’allait cesser de s’allonger, pour atteindre 280.000. Outre l’Indonésie, le cataclysme avait également fait quelque 31.000 morts au Sri Lanka, environ 16.000 en Inde alors que la Thaïlande avait officiellement déploré 5.400 disparus.
Les vagues géantes avaient tué en Somalie, à plusieurs milliers de kilomètres du séisme. Pour sa part, La Réunion avait connu des dégâts matériels, avec plusieurs navires qui sombrèrent dans les ports de Saint-Gilles et de Sainte-Marie.

Poursuivre la reconstruction

Quatre ans après le tsunami dans l’océan Indien, la reconstruction n’est pas encore terminée, a affirmé lundi la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Ses programmes devraient être achevés dans un an seulement. Jusqu’ici, la Fédération internationale et les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont fourni une assistance à plus de quatre millions de personnes, pour un montant global de 3,1 milliards de francs.
La Fédération prévoit qu’elle aura dépensé 90% des fonds collectés à la fin de 2009. D’après le rapport intérimaire publié par la Fédération internationale, 41.215 habitations permanentes étaient terminées et 12.722 autres étaient encore en chantier à fin septembre.
Sur les 383 hôpitaux et cliniques prévus, 279 sont achevés et 96 autres en cours de construction. Le programme de reconstruction de la Croix-Rouge a pris en compte le fait que le relèvement d’une communauté ne se limite pas à rebâtir un groupe d’habitations, explique Jerry Talbot, représentant spécial de la Fédération internationale pour le relèvement de l’après-tsunami.


Anticiper pour sauver des milliers de vies

Alors que les conséquences du séisme du 26 décembre 2004 étaient prévisibles, le nombre très élevé de victimes s’explique par l’absence d’un système d’alerte international anti-tsunami à l’époque.
Contrairement à l’océan Pacifique, l’océan Indien ne disposait pas d’un instrument de ce type. Le défaut de communication n’a donc pas permis à des dizaines de milliers de personnes d’évacuer les zones submersibles.
Elles n’ont donc pas pu mettre à profit le délai qui a séparé le moment du séisme de l’arrivée des vagues géantes pour se mettre à l’abri.
Quelques mois plus tard se tenait à Maurice la conférence internationale des petits Etats insulaires en développement, à laquelle avait été invitée le président de la Région Réunion et président de l’ONERC, Paul Vergès.
Les enseignements du tsunami ont dominé les débats, car ce phénomène a rappelé à tous la vulnérabilité des petites îles. L’idée d’un système d’alerte international pour l’océan Indien a fait son chemin pour aboutir à la création du système d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien en 2005, au sein duquel La Réunion est un centre national (voir ci-dessous).


La Réunion centre de prévention

Le tsunami et ses enseignements étaient à l’ordre du jour d’un séminaire organisé en septembre 2006 par la Région et l’université sur le thème "La Réunion face aux risques naturels".
La Région avait souhaité accorder une dimension régionale à cette rencontre, tant sur le plan scientifique que politique. Des représentations de la zone Sud-Ouest de l’océan Indien (Maurice, Seychelles, les Comores et Madagascar) ainsi que des experts en matière de prévention de gestion des risques naturels ont été conviés.
Les travaux de la première journée du séminaire avaient été exclusivement consacrés au risque tsunami et à la mise en place d’un système d’alerte dans l’océan Indien.
La Réunion s’est vue confier un rôle majeur dans le cadre de la contribution française au système d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien - SATOI. Le CNATOI (Centre National d’Alerte de Tsunami dans l’Océan Indien) est désormais fonctionnel au centre Météo-France de La Réunion.
Les problèmes de gestion des risques naturels sont quotidiens à La Réunion, en particulier pour les risques géologiques et cycloniques. La Réunion est un centre de référence pour les cyclones pour l’ensemble du secteur Ouest de l’océan Indien. Elle dispose de capacités d’intervention dans les pays de la zone en cas de catastrophe naturelle ou sanitaire grâce au réseau régional de protection civile et la base logistique régionale de secours d’urgence et d’aide humanitaire.


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Témoignages - 82e année


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