Visite du ministre de la Coopération

Ile de La Réunion : Un point d’alerte dans l’océan Indien

17 janvier 2005

La Réunion devrait jouer un rôle stratégique dans la veille indocéanique des phénomènes sismologiques. Chef du Ministère de la Coopération, du développement et de la francophonie, Xavier Darcos rencontrait samedi scientifiques et autorités de la sécurité civile et militaire basés à La Réunion autour du thème “Prévention des risques naturels”.

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Après l’actualité dramatique qui concerne les pays du Sud-Est asiatique, la réflexion autour de la mise en place d’un dispositif d’alerte contre les risques majeurs de catastrophes naturelles dans la zone océan Indien s’affiche au grand jour. Dans quelle mesure La Réunion peut-elle jouer un rôle dans un dispositif d’intervention dans notre zone géopolitique ? La question était au cœur du débat.
Patrick Bachelery, géologue et volcanologue qui travaille au Laboratoire des sciences de la terre, dispense un court exposé sur la situation géologique à La Réunion et aux Grandes Comores. Pour ce qui est de notre île, l’universitaire explique qu’il demeure des risques liés à son activité géologique. La Réunion n’est pas épargnée des vents, des houles, des inondations, des glissements de grande ampleur, de son volcan, des séismes et surtout des cyclones.
La Réunion dispose d’une grande technicité dans la prévision, la prévention et l’intervention. Elle dispose notamment d’un système d’alerte, qui a fait ses preuves lors des périodes cycloniques. L’Observatoire du volcan, que dirige Thomas Staudacher, garde un œil vigilant sur un des plus actifs volcans du monde. Le Piton de la Fournaise connaît en moyenne une éruption par an. Depuis 1998, il enregistre 2 à 4 éruptions par an. Les volcanologues et sismologues de l’observatoire, en lien avec les chercheurs de l’Université, disposent de données sur la vie de ce volcan, et sont en capacité d’interpeller les autorités locales sur les risques immédiats de coulées volcaniques.
La sécurisation du site du volcan et du Grand Brûlé est de la responsabilité de la Préfecture. Lors des extraordinaires coulées de l’année dernière, militaires et pompiers veillaient à la sécurité des observateurs réunionnais, et peu d’accidents avaient été relevés. Pourtant, il importe pour nos scientifiques d’acquérir des connaissances plus vastes et précises sur les risques de glissements sous-marins. Le démantèlement du Piton des neiges entre autres, exige une attention toute particulière des scientifiques. Les chercheurs veulent pour autant rassurer la population réunionnaise.

La Réunion, zone de surveillance

Les scientifiques en poste à La Réunion veulent assurer les Réunionnais de leur compétence. En témoigne le dispositif de sécurité mis en place par la Direction départementale de l’équipement, qui veille notamment au bon fonctionnement de la route littorale. Surprise pour le ministre : cette route dispose de 250.000 mètres carrés de filets, et il en faudrait encore 400.000 mètres carrés. Et les géologues veillent au grain.
Le ministre, hébété par les risques que courent les Réunionnais lors de leur voyage routier, assure que la priorité sera la prévention des risques, dont les mouvements de terrains sur des communes comme Salazie. Pour autant, il reste réservé sur les questions de mise à disposition de moyens. Les professionnels, dont les responsables des zones portuaires touchées par les mouvements de marnage, demandent à l’État de prendre ses responsabilités dans le remboursement des dégâts causés. La Réunion devrait à l’avenir devenir un lieu de ressource, qui partagera les données permettant de déterminer l’imminence d’une catastrophe telle que le tsunami qui a touché dramatiquement les côtes et l’intérieur des terres du Sud-Est asiatique.
Paul Vergès, président de la Région Réunion, qui recevait samedi le ministre au Moufia, expliquait l’importance de l’implantation d’une zone de surveillance de phénomènes sismologiques. La Réunion serait bien placée dans la zone, d’autant qu’elle dispose de scientifiques qualifiés. On espère que La Réunion, solidaire, pourra jouer ce rôle. Pour peu que le gouvernement français donnera les moyens de le faire.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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