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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
21 décembre 2007

Le 18 décembre, à la conférence de Polokwane, Jacob Zuma, le leader populiste, a remporté une nette victoire sur le président sud-africain Thabo Mbeki. Avec 60% des voix, il a pris la tête du Congrès national africain (ANC), le parti noir au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid. Jacob Zuma est désormais bien placé pour devenir, en juin 2009 lors des élections générales, le nouveau Président de l’Afrique du Sud.
Depuis la chute de l’apartheid, jamais une conférence du Congrès National Africain (ANC) n’avait été aussi tendue. Une tension perceptible, entre les délégués eux-mêmes et vis-à-vis des médias internationaux, privés de la plupart des “débats” puisque la plus grande partie des sessions se sont tenues à huis clos.
Lundi dernier, le congrès a dû travailler à un consensus sur le quota de femmes au comité exécutif national (NEC), ainsi que sur sa taille, qui passe de 66 à 86 membres. Il a fallu aussi établir le nombre de délégués qualifiés pour choisir leurs dirigeants. Les 3.900 délégués ont donc commencé à voter hier matin, afin d’élire leur dirigeant pour les cinq années à venir.
L’existence de deux factions a été parfaitement visible lorsque des centaines de délégués se massaient devant la bibliothèque de l’université du Limpopo, où se trouvaient les isoloirs. On dansait et on chantait, comme d’habitude. Une différence, mais de taille : certains groupes scandaient le nom du président sortant, Thabo Mbeki, alors que d’autres criaient « Changement, changement ! », pour bien marquer leur soutien à Jacob Zuma. Il s’agissait cependant presque d’une accalmie dans ce que l’on avait pu vivre depuis l’ouverture de la conférence, dimanche, où « Mbeki, mon président » répondait au tempo d’« Umshini Wami » (passe-moi ma mitraillette), chant de la lutte contre l’apartheid, devenu emblème de Zuma. Tension encore lorsque, au passage de Mosiuoa « Terror » Lekota, allié de Mbeki qui s’est fait copieusement siffler au premier jour du congrès, une dizaine de membres de la Ligue des jeunes de l’ANC, qui soutient Zuma, a bondi, l’entourant aux cris de « Changement, changement ! ».
Mais, comme le rappelle Jeremy Cronin, secrétaire général adjoint du Parti communiste sud-africain (SACP), au coeur du débat de la politique économique stratégique il y a une simple question : quel est le contenu économique de « post » dans « post-apartheid » ? À cette question, il y a deux réponses possibles mais fondamentalement différentes. Le document de l’ANC flirte avec les deux. Le dirigeant communiste souligne que, pour le grand capital, dépasser l’apartheid n’a jamais signifié le dépassement du chemin « apartheid-colonial » de l’accumulation. C’est ce type de débat qui risque d’être occulté par la lutte de pouvoir entre Mbeki et Zuma. Sans parler du danger de l’éclatement de l’ANC, sauf si certaines forces, comme le SACP, mettent tout leur poids dans la balance pour préserver l’unité de l’organisation.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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