Le président Mbeki tire les enseignements de la large victoire des forces de progrès aux élections générales

« L’A.N.C. ne décevra pas les attentes des masses »

19 avril 2004

Le président sud-africain Thabo Mbeki, qui va entamer son second mandat à l’issue des élections générales de mercredi, a félicité vendredi ses compatriotes pour avoir donné une victoire éclatante au Congrès national africain (ANC) et les a assurés que le parti respectera ses engagements. « Comme il l’a déjà fait, l’ANC ne décevra pas les attentes des masses de notre peuple que nos opposants considèrent tout juste comme une foule méprisable et irrationnelle », a affirmé le président sud-africain.

Le président Thabo Mbeki d’Afrique du Sud a déclaré que le succès de l’ANC est une nouvelle confirmation de la confiance du peuple dans son parti. S’exprimant au cours d’une fête organisée à Johannesburg pour célébrer la victoire de l’ANC, le président Mbeki a indiqué que certains critiques à l’intérieur et à l’étranger ont inventé des histoires sur son gouvernement pour essayer de faire croire que le parti avait perdu contact avec les populations. "Ils ont affirmé que le peuple était fâché avec l’ANC et déçu par le parti car nous n’avions pas répondu à ses aspirations. Ils ont déclaré que les échecs du gouvernement de l’ANC avaient entraîné une certaine désillusion et une apathie chez les jeunes de notre pays", a-t-il dit.
"Ils ont fait valoir que tout ce que nous avions fait, c’était d’enrichir quelques copains ayant de solides appuis politiques au sein de la direction de notre mouvement", a ajouté le président Mbeki. Il a poursuivi : "Ils ont prétendu que le gouvernement de l’ANC n’était qu’un ramassis d’individus corrompus dont l’intention était de voler les populations. Ils ont affirmé que nous n’avions pas le souci des intérêts des minorités nationales de notre pays. Ils ont déclaré que les chefs traditionnels étaient si désabusés qu’ils allaient mobiliser les masses rurales pour rejeter notre mouvement".

Les menteurs sanctionnés

Le président Mbeki a accusé ses opposants politiques de n’avoir ménagé aucun effort pendant et après les élections pour propager le point de vue malhonnête selon lequel les problèmes que les états-Unis n’avaient pas été en mesure de régler depuis deux siècles ne pouvaient l’être en Afrique du Sud en une seule décennie.
Cependant, selon le président Mbeki, plus de 10 millions de Sud-Africains, soit 70% des personnes qui avaient participé aux élections cette semaine, avaient catégoriquement rejeté toutes ces déclarations. "Comme l’on s’y attendait, les populations ont fermement rejeté tous les efforts désespérés qui visaient à les induire en erreur. Ils l’ont fait parce que leur propre expérience pratique leur a enseigné cette vérité que certains tentaient de nier. Ils l’on fait en raison d’une longue tradition de lutte politique dans les conditions les plus difficiles, ils ont appris à faire la distinction entre l’illusion et la réalité", a-t-il affirmé. "Les pauvres du pays, les millions de travailleurs et les chômeurs constituent le socle de l’appui populaire dont jouit l’ANC. Il s’agit de ces mêmes populations qui ont supporté le poids de la lutte pour la démocratie sur leurs épaules et veillé à se libérer eux-mêmes", a souligné le chef de l’État sud-africain.

Confiance à l’ANC

Le président Mbeki a relevé que les Sud-africains qui ont voté pour l’ANC ont la certitude que son gouvernement remportera la guerre contre la criminalité et les maladies comme la tuberculose, le SIDA, le paludisme, les abus faits aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées et prendra en charge les préoccupations des jeunes. "Je voudrais dire à tout notre peuple que nous n’allons pas le décevoir", a-t-il précisé, sur fond d’acclamations des militants du parti et des invités spéciaux présents au Centre de conférence Sandton.
Le chef de l’État sud-africain a réitéré l’engagement de son gouvernement à respecter ses obligations vis-à-vis des populations d’Afrique et du reste du monde. "Nous ne devons pas permettre au mandat décisif que nous avons reçu du peuple d’encourager une attitude d’arrogance de notre part. Ce que notre peuple a dit c’est qu’il nous a chargés de la responsabilité de travailler avec lui et avec d’autres organisations populaires pour veiller à la réalisation de l’objectif d’une meilleure vie pour tous", a-t-il ajouté.


L’A.N.C. pour la stabilité des institutions

Le président Thabo Mbeki a assuré vendredi les Sud-Africains que le Congrès national africain (ANC) n’entendait pas modifier la Constitution malgré sa majorité des deux tiers au Parlement obtenue aux élections générales de mercredi. S’adressant aux journalistes lors d’un bref passage à la Commission électorale indépendante (IEC) à Pretoria, Thabo Mbeki a indiqué que la victoire écrasante de l’ANC donnait au parti le soutien requis pour améliorer les conditions dans le pays, mais qu’il n’avait nullement l’intention d’apporter des changements à la charte fondamentale du pays.
Le dirigeant sud-africain a souligné que l’ANC n’envisageait aucune modification de la Constitution, car aucune des questions figurant au programme du parti ne nécessite un changement de la loi organique. Thabo Mbeki a noté que ce sont en réalité certains partis d’opposition qui veulent des changements constitutionnels, comme indiqué dans leurs programmes respectifs.


70% des voix pour l’A.N.C.

Le Congrès national africain (ANC), la formation politique au pouvoir en Afrique du Sud, a obtenu les suffrages de 69,68% des électeurs à l’issue des élections générales de mercredi dernier, a-t-on appris samedi soir après la publication des résultats officiels par la Commission électorale indépendante (IEC).
Le principal parti de l’opposition, l’Alliance démocratique (DA), vient loin derrière, avec 12,37% des suffrages, suivi du Parti Inkhata, avec 6,97%, le Mouvement démocratique uni n’arrivant qu’en quatrième position (2,28%), devant les Démocrates indépendants de Patricia de Lille (1,73%). Au total, 37 partis politiques ont participé à ce scrutin qui mettait en jeu les 400 sièges du parlement national à l’occasion des troisièmes élections démocratiques du pays. Grâce à ces résultats, l’ANC obtient son meilleur score depuis les premières élections au suffrage universel de l’année 1994, qui avaient mis un terme au régime de l’apartheid.
Le président de l’IEC, Brigalia Bam, a annoncé que le parti au pouvoir a remporté 279 des 400 sièges, l’IFP obtenant 28 sièges, suivi par l’UDM (9), les Démocrates indépendants et le Parti national obtenant 7 sièges chacun. Selon l’IEC, le taux de participation à ces élections est de 76,73%, un pourcentage que la Commission a jugé beaucoup plus faible que celui des élections précédentes de 1994 et 1999.
Les observateurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont déclaré vendredi que ces élections en Afrique du Sud ont été libres et équitables. Les observateurs étaient de l’Angola, du Botswana, du Lesotho, de la Namibie, de la Zambie et du Zimbabwe. Le vice-ministre de la Justice du Liberia, Mteo Mhase, a exhorté tous les partis sud-africains à accepter les résultats, qualifiant le processus électoral de libre, équitable, crédible et transparent.


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Témoignages - 82e année


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