La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Économie
17 novembre 2012

L’ancien doyen de la Faculté des Sciences économiques de l’Université de Brazzaville, Noël Magloire Ndoba, a exhorté ce vendredi à Paris les pays africains à transformer leurs matières premières avant leur exportation, estimant qu’une telle stratégie aura une valeur ajoutée pour les économies nationales du continent.
« Nous devons arriver à un certain degré de valorisation de nos matières premières. Et pour cela, nous devons obtenir des firmes internationales qu’elles arrêtent d’exporter nos matières premières à l’état brut », a-t-il plaidé lors d’un entretien accordé à la PANA.
M. Ndoba, qui fut conseiller de l’ancien président congolais Pascal Lissouba (1992-1997), a affirmé que la législation internationale encourage les États africains à procéder à la transformation de leurs ressources naturelles avant de les exporter.
« Il s’agit simplement d’appliquer les dispositions qui existent en la matière, notamment des textes de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Nos pays doivent aller vers un minimum de transformation sans forcément en arriver à des produits raffinés qui nécessitent davantage de compétences technologiques », a argumenté l’ancien doyen de la Faculté des Sciences économiques de Brazzaville.
Il s’est réjoui de la décision des autorités gabonaises de transformer le bois avant toute exportation, tout en invitant les autres pays africains à emprunter la même voie.
« L’uranium du Niger est exporté à l’état brut ; le manganèse du Gabon est exporté à l’état brut ; le fer de Mauritanie est exporté à l’état brut ; le phosphate du Maroc est exporté à l’État brut. Telle fut la volonté du colonisateur. Nous devons donc sortir de cet héritage pour garantir une valeur ajoutée à nos économies par la transformation de nos matières premières », a insisté M. Ndoba, aujourd’hui chercheur en Économie à l’Université Paris I Sorbonne.
Prenant en exemple le Venezuela, il a appelé les États africains à mettre les ressources naturelles au service du bien-être de leurs populations à travers la construction de logements sociaux, l’accès à la santé, à la l’éducation et à l’emploi.
« L’argent du pétrole, comme celui des autres ressources naturelles, doit être utilisé à bon escient en Afrique comme au Venezuela ; c’est-à-dire mobilisé pour lutter contre la pauvreté. Il doit être investi dans les secteurs stratégiques » , a encore dit l’ancien conseiller de Pascal Lissouba.
Plusieurs organisations de la société civile critiquent régulièrement le faible impact de l’exploitation des ressources naturelles sur la vie des populations africaines.
En dépit de leur production pétrolière importante, le Nigeria et l’Angola affichent des taux de pauvreté aussi élevés que ceux des pays africains non producteurs de pétrole.
Bien que premier producteur africain et troisième producteur mondial d’uranium, le Niger pointe aux dernières places du classement à l’indice du développement humain établi annuellement par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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