L’impératif de bien connaître la Chine avant de vouloir lier des relations avec ce pays

13 mars 2007

Robert Andrei est un spécialiste des questions internationales. Suite à l’obtention de son Doctorat en médecine en 1971, il se reconvertit peu après dans le monde des affaires et devient gérant d’une agence de consulting, la Société Des Relations Internationales (SDRI). C’est au titre de ses connaissances de “l’Empire du Milieu” que la SR21 l’a invité à une conférence dans les locaux de l’Ecole de Gestion et de Commerce (EGC). Il faut dire que Robert Andrei se rend régulièrement dans ce pays depuis près de 30 ans. En effet, il a entrepris son premier voyage sur place en 1979, soit 3 ans après la mort de Mao. La Chine opère alors, à partir de l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping, une montée en puissance considérable. Depuis des années, la Chine a une croissance à deux chiffres quand, en Europe, celle-ci peine à dépasser les 2%.
Un des points majeurs sur lequel l’intervenant reviendra régulièrement au cours de sa conférence réside dans la nécessité de bien connaître l’histoire, les mœurs et la civilisation chinoise, avant de se rendre dans ce pays, près de 20 fois grand comme la France. À cet égard, il rappelle les guerres de l’opium, au cours du 19ème siècle, qui ont mis en évidence la volonté hégémonique de l’Occident de contrôler la puissance chinoise. Si les habitants se rappellent encore de cette tentative colonialiste, ils ont en revanche en mémoire le fait que la France soit le premier pays à avoir reconnu la République populaire de Chine, sous de Gaulle, le 27 janvier 1964. Quant aux Japonais, les Chinois les considèrent d’une façon très hostile, malgré le fait que ce soient leurs premiers partenaires commerciaux. En effet, ils se remémorent encore du sac de Nankin, en 1937, où les forces nippones se sont livrées à des actes de barbarie à grande échelle. Robert Andrei en conclut : « A offre égale, entre un entrepreneur japonais et son homologue français, ce sera ce dernier qui sera pris, tant ce passé ne passe pas ».
Puis, il a indiqué que, si connaître l’Histoire était nécessaire, il était également important de pouvoir décoder le langage chinois à deux niveaux. Tout d’abord, la maîtrise de la langue, même à un niveau moyen, est très appréciée localement. D’autre part, on peut s’en tirer avec un excellent interprète si, et seulement si, ce dernier vous donne la signification réelle des propos qu’il vient de traduire. En effet, tel propos peut vouloir dire le contraire de ce que nous pouvons estimer, selon nos critères.
Une fois que l’on a compris ce que le Chinois exprime, encore faut-il ne pas faire d’impair dans son parler. Robert Andrei indique alors que la politique est un sujet à éviter à tout prix. En revanche, il faut avoir conscience de la prégnance du Parti Communiste chinois dans toutes les négociations commerciales. Si, au cours des années 1990, le parti au pouvoir avait tendance à être moins présent, il a effectué un retour important sur la scène entrepreneuriale. Il faut donc bien savoir qui est le secrétaire du Parti Communiste dans telle ou telle entreprise avant de se lancer dans les négociations.
Enfin, pour finir sa présentation, Robert Andrei donne aux étudiants de l’EGC le viatique pour éviter les erreurs trop importantes : la lecture de l’ouvrage “Comment échouer en Chine ?”. Par Jean-Claude Peter, aux éditions de l’Harmattan...

Matthieu Damian


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