Changements économiques

L’Inde, une ’deuxième Chine’ pour les matières premières

4 juillet 2005

Avec une croissance annuelle de 7% et des besoins qui ne cessent de grandir, l’Inde accroît progressivement son influence sur les marchés des matières premières et pourrait bien devenir une ’deuxième Chine’, selon les analystes.

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"L’Inde sera-t-elle la nouvelle Chine pour les matières premières ?" s’interroge Kamal Naqvi, analyste à la banque Barclays Capital. "La réponse est probablement non, ou du moins, pas encore. Mais le potentiel est considérable", estime-t-il.
Avec une croissance économique de 9% depuis 2003 et quelque 1,3 milliard d’habitants, la Chine est devenue l’un des éléments les plus influents pour les marchés des matières premières, sa forte demande dopant les prix. Pétrole, métaux, coton, caoutchouc, sucre, céréales, laine : rien ne lui échappe, et la moindre variation de son appétit peut être la cause de forts mouvements des cours.
L’Inde, également peuplée de plus d’un milliard d’habitants et dotée d’une croissance robuste, n’a pas encore le même poids que la Chine, mais pour beaucoup, ce n’est qu’une question de temps.
"Ce sont les deux plus grosses puissances démographiques de la planète et les pays qui ont les taux de croissance les plus incroyables", souligne Philippe Pesqué, chef du service des matières premières à la maison de courtage REFCO. Déjà, les vastes besoins de l’Inde se font sentir sur les marchés, contribuant largement à l’envol de la demande asiatique de matières premières ces deux dernières années. L’Inde est le premier consommateur mondial d’or, et de loin : elle représente quelque 20% de la demande mondiale de ce métal, très prisé dans le pays sous la forme de bijoux, offerts à l’occasion de mariages ou de divers festivals.
L’Inde absorbe seulement 2% de la demande mondiale de cuivre et 3% de
celle de pétrole brut. C’est bien moins que la Chine, qui représente 22% du total mondial pour le cuivre et 8% pour le pétrole. Mais ces chiffres sont voués à progresser, selon les analystes, en raison des progrès rapides dans les secteurs du bâtiment et des transports, dont l’usage de voitures. En 2004, l’Inde s’est mise aussi à importer du sucre pour la première fois, et elle importe également beaucoup de coton, un peu de blé et de maïs. En revanche, New Delhi continue de snober le cacao et le café, préférant le goût du thé.


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