Événement

La Chine au sommet de la technologie mondiale

Lancement réussi du premier vol habité chinois

16 octobre 2003

La Chine a lancé hier avec succès son premier vaisseau spatial habité. Le vaisseau Shenzhou-5 (Vaisseau divin), avec à son bord le colonel Yang Liwei, 38 ans, a été placé en orbite une dizaine de minutes après son départ, à 9 heures, heure locale, hier (5 heures à La Réunion) d’un pas de tir situé dans le désert de Gobi en Mongolie intérieure. Le vol devait durer 21 heures et permettre au premier Chinois de l’espace d’effectuer 14 révolutions autour du globe avant de revenir sur Terre dans la nuit d’hier à aujourd’hui.

Le lancement du premier vol habité chinois s’est produit hier matin sans incident. Le vaisseau spatial Shenzhou-5 (Vaisseau divin) emportant à son bord le premier cosmonaute chinois, Yang Liwei, a été propulsé dans l’espace avec succès par une fusée Longue Marche-2F d’un pas de tir de Mongolie intérieure, mercredi 15 octobre à 9 heures (locales) du matin. Les témoins sur place ont pu voir une traînée blanche griffer un ciel bleu azur. Le vaisseau de Yang Liwei a été placé en orbite terrestre une dizaine de minutes plus tard. « Je me sens bien, ma condition physique est bonne », aurait-il alors déclaré au médecin de la base spatiale, selon l’agence officielle Chine nouvelle.
Sa trajectoire est suivie par quatre navires de poursuite Yuanwang (Longue Vue) dispersés dans les océans Pacifique, Indien et Atlantique, ainsi que par deux bases chinoises implantées, l’une, au Sud de l’île de Tarawa dans l’archipel de Kiribati (Océanie) et, l’autre, à proximité de la ville de Swakopmund (Namibie).
Après quatorze tours de la Terre, Shenzhou-5 devrait revenir -en Mongolie intérieure toujours- ce matin. Si le vol se confirme être un succès, la Chine deviendra le troisième pays au monde, après l’Union soviétique (1961) et les États-Unis (1962), à avoir envoyé un homme dans l’espace dans le cadre d’un programme national.

Des précautions

Le pas de tir d’Ejina Qi, situé au cœur des étendues arides et glacées du désert de Gobi, avait été bouclé par l’armée qui ne laissait passer que les Chinois munis d’un laissez-passer. Plusieurs centaines de touristes avaient fait le déplacement. Relié au Centre de lancement spatial de Jiuquan (province du Gansu), situé à 200 kilomètres plus au Sud, le pas de tir d’Ejina Qi est un site ultra-secret auquel la presse chinoise ne fait même pas référence. Les articles évoquent d’une manière générale le « Centre de lancement de Jiuquan », décrit comme une cité utopique entourée d’oasis, sans autre précision.
Les autorités chinoises étaient visiblement irritées, ces derniers jours, d’être sous étroite surveillance des services de renseignements occidentaux, américains en particulier. « Un millier d’espions américains sont en train de suivre les techniques spatiales chinoises », s’indigne l’hebdomadaire "Huanqiu Shibao" ("Global Times") affilié au "Quotidien du peuple". « Ils ont même commencé à commenter la structure interne de notre vaisseau. »
Après avoir envisagé une retransmission instantanée, la télévision centrale CCTV a finalement renoncé à la couverture en direct. L’hypothèse d’un accident a visiblement inspiré une telle prudence qui a été sévèrement critiquée sur les forums de discussion Internet. Le canal CCTV-1 a toutefois consacré une émission spéciale à l’événement. Les premières images du tir -ainsi que des préparatifs qui l’ont précédé- sont apparues à l’écran une demi-heure après la confirmation du succès du lancement. Elles sont ensuite repassées en boucle.

Fierté et soulagement

Le public chinois a ainsi pu découvrir le visage du premier cosmonaute national, Yang Liwei, lieutenant-colonel de l’armée de l’air. Au même moment, les forums de discussion Internet exultaient : « Comme nous sommes fiers et émus ! » ; « Chère patrie, je verse des larmes de soulagement pour toi. Comme je suis fier d’être un fils de la nation », pouvait-on lire.
Quelques minutes après le tir réussi, la télévision a diffusé les images du président Hu Jintao, qui s’était rendu sur le site du lancement, déclarant que ce vol consacrait « la gloire de notre grande patrie » et propulsait la Chine « au sommet de la science et la technologie mondiales ». La performance a été saluée par les experts de la NASA américaine, les autorités spatiales russes et les spationautes Louri Malentchenko et Edward Lu à bord de la Station spatiale internationale (ISS).


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus