Sommet Union européenne - Chine à La Haye

La Chine : deuxième partenaire commercial de l’UE 25

9 décembre 2004

La Chine est désormais le deuxième partenaire commercial de l’UE 25. Les échanges ont doublé entre 1999 et 2003. À l’occasion du sommet UE - Chine d’hier à La Haye aux Pays-Bas, Eurostat, l’Office statistique des Communautés européennes, a publié hier un ensemble de données sur le commerce entre la Chine et l’UE25.

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L’une des principales caractéristiques des relations économiques entre l’UE et la Chine au cours de ces dernières années a été le rapide essor du commerce. Entre 1999 et 2003, les échanges de l’UE 25 avec la Chine ont plus que doublé, les exportations passant de 19,6 milliards d’euros à 41,2 milliards et les importations de 52,4 milliards à 105,3 milliards. Le déficit commercial de l’UE25 avec la Chine, qui était de 32,8 milliards en 1999, s’est ainsi élevé à 64,2 milliards en 2003. À titre de comparaison, le commerce total extra-UE 25 a progressé d’un peu plus d’un quart durant la période 1999-2003.
Cette croissance rapide des échanges s’observe, en fait, depuis le début des années 1980. En 1980, la Chine était la 25ème destination des exportations de l’UE 15 et la 22ème source des importations de l’UE 15. En 1990, la Chine s’était hissée au 14ème rang s’agissant des exportations de l’UE15 et au sixième pour les importations. En 1999, la Chine était la sixième destination pour les exportations de l’UE 25 et la quatrième source d’importation. En 2003, elle occupait la troisième place pour les exportations de l’UE 25, derrière les États-Unis et la Suisse et la deuxième place pour les importations, après seulement les États-Unis.

Des échanges dominés par les produits manufacturés

Le commerce entre l’UE25 et la Chine est très axé sur les produits manufacturés. Près de deux tiers des exportations de l’UE 25 vers la Chine sont des “Machines et véhicules”, et 20% de plus concernent les “Autres articles manufacturés”, tandis que chacun de ces groupes de produits représente un peu moins de la moitié des importations de l’UE 25 en provenance de la Chine. À un niveau plus détaillé, les principaux produits exportés par l’UE 25 vers la Chine ont été les automobiles et les avions, alors que les principales importations ont porté sur les ordinateurs et autres équipements informatiques (y compris les moniteurs et les imprimantes), les téléphones mobiles et les appareils photographiques numériques.
En 2003, les exportations de machines et de véhicules de l’UE 25 vers la Chine se sont élevées à 26,4 milliards d’euros et les importations à 47,9 milliards. Le déficit commercial a atteint 21,6 milliards. Les exportations d’autres articles manufacturés de l’UE 25 vers la Chine ont été de 7,9 milliards et les importations de 49,5 milliards, soit un déficit commercial de 41,6 milliards.

L’Allemagne, principal partenaire commercial

Parmi les États membres de l’UE 25, l’Allemagne a été de loin le plus grand exportateur vers la Chine en 2003, avec 18,3 milliards d’euros soit 44% du total, suivie de la France (4,7 milliards ou 11%) et de l’Italie (3,9 milliards ou 9%). Les importations en provenance de Chine ont été cependant moins concentrées. L’Allemagne a été le plus grand importateur (22,5 milliards ou 21%), suivie du Royaume-Uni (17,3 milliards ou 16%), des Pays-Bas (14,7 milliards ou 14%), de la France (9,6 milliards ou 9%) et de l’Italie (9,5 milliards ou 9%).
En 2003, tous les États membres ont accusé un déficit commercial avec la Chine, à l’exception de la Finlande qui a affiché un petit excédent (+ 0,2 mrd d’euros). Les plus grands déficits ont été enregistrés par le Royaume-Uni (- 14,5 milliards), les Pays-Bas (- 13,1 milliards), l’Italie (- 5,7 milliards) et la France (- 4,9 milliards).


Shanghai, futur premier port mondial

Dans son numéro du 6 décembre dernier, l’hebdomadaire parisien “L’Express” consacre un dossier à la Chine. Parmi les sujets abordés, le premier port chinois, Shanghai. Une zone d’échanges en pleine expansion.

La mondialisation en direct et à 180 degrés. Voilà le spectacle qui s’offre de la salle de contrôle perchée au septième étage du terminal Shanghai East Container. Des dizaines de camions se faufilent entre des piles de conteneurs pour aller charger ou décharger leurs marchandises. Une cinquantaine de caméras disséminées dans l’entrepôt suivent la bonne marche des opérations. Au loin, d’immenses grues étendent leurs crochets au-dessus des bateaux amarrés sur les quais du Yangzi Jiang, construisant des immeubles de conteneurs multicolores remplis d’ordinateurs, de sapins de Noël ou de vestes de jean pour l’Europe ou les États-Unis.
Inauguré en 2003, le terminal n°4 réalisera, cette année, à lui seul, deux fois et demi le volume du port du Havre. À sa droite s’étend la prochaine extension, de capacité égale, qui sera mise en service dès janvier prochain : pendant dix-huit mois, près de 7.000 hommes ont travaillé jour et nuit pour finir les travaux à temps. Il faut aller vite : troisième port du monde derrière Hongkong et Singapour, Shanghai voit son trafic progresser de 20 à 30% par an. 14,5 millions de conteneurs y auront transité en 2004. Usine de la planète, la Chine, qui franchira cette année le cap des 1.000 milliards de dollars d’échanges commerciaux, assure aussi sa logistique.
Avec Shenzhen, sur le delta de la rivière des Perles, Shanghai constitue l’une de ses deux portes d’entrée. Elle ambitionne de devenir le premier port mondial d’ici à 2020. Pour cela, la mégalopole a prévu de créer de toutes pièces un nouveau port. Un projet gigantesque de 17 milliards de dollars, consistant à transformer les deux îles de Yangshan, situées à l’embouchure du delta, en port en eau profonde et à les relier à la terre par un pont à huit voies de 32 kilomètres. Tout en construisant une ville nouvelle pouvant accueillir 1 million de résidents ! Les premiers bateaux accosteront à la fin de l’année prochaine... En 2006, le nouveau port de Yangshan permettra à Shanghai de traiter 5,5 millions de conteneurs supplémentaires par an, soit la totalité du trafic d’Anvers...
"Ce qui est remarquable, c’est la capacité qu’ont les autorités de mettre en place des infrastructures et d’anticiper les besoins", commente Dominique Lovichi, vice-président Asie de CMA-CGM. (...)
Vu l’énorme déséquilibre entre les importations et les exportations (la France a importé 13,3 milliards d’euros de Chine en 2003 et exporté pour 4,6 milliards d’euros vers ce pays), comment éviter d’envoyer des conteneurs vides chercher des marchandises made in China à Shanghai ? Réponse : en remplissant les boîtes de matières premières, dont la Chine est friande, comme du concentré de cuivre chilien ou de la farine de poisson du Pérou. L’Europe, elle, envoie ses déchets ou ses papiers usagés pour les recycler et récupère en échange des cargaisons d’ordinateurs ou de lecteurs de DVD... Bien sûr, les fabricants de conteneurs se frottent les mains et, bien sûr, le n° 1 est chinois : il s’appelle CIMC, détient la moitié du marché mondial (1,2 million d’unités produites en 2004, contre 70.000 en 1994) et n’arrive pas à satisfaire la demande : "Nous faisons pression auprès des aciéries pour éviter la rupture de stocks", explique Bai Sheng Zhou, responsable de l’usine de Shanghai. En attendant, le prix des conteneurs s’est envolé, passant en un an de 1.200 à 2.100 dollars l’un !


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