Au terme de cinq jours de travaux

La “Déclaration de Maurice”

17 janvier 2005

La réunion internationale d’examen de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement (PEID), qui s’est tenue la semaine dernière à Maurice, a adopté vendredi soir à l’issue de ses travaux la “Déclaration de Maurice”. Dans ce document, les représentants des peuples du monde ayant participé à cette conférence réaffirment leur engagement à appuyer les efforts des petits Etats insulaires en développement pour le développement durable.

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Pour les signataires de la “Déclaration de Maurice”, les conséquences tragiques dans l’océan Indien du séisme et du raz-de-marée, ainsi que la saison des ouragans dans les Caraïbes et le Pacifique ont souligné la nécessité de mettre au point et de renforcer la prévention efficace des risques de catastrophe, les système d’alerte rapide, les secours d’urgence et les capacités de redressement et de reconstruction.
Ils notent qu’une attention particulière doit être accordée au renforcement de la capacité de résistance dans les petits Etats insulaires en développement, notamment par le biais du développement et du transfert technologique, la création de capacités nationales et de développement des ressources humaines.
Ils soulignent que l’attention devrait être portées aux besoins et préoccupation spécifiques dans le domaine du commerce et du développement des petits Etats insulaires en développement afin de leur permettre de s’intégrer pleinement au système commercial. Les participants s’engagent à pleinement appliquer la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et à promouvoir une coopération plus étroite dans le domaine du changement climatique. Ils affirment l’importance de l’identité culturelle des peuples et son importance pour la promotion du développement durable des petits Etats insulaires en développement.
La réunion internationale a également adopté la Stratégie pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des PEID, qui prévoit une série de mesures à adopter, à l’échelle nationale, régionale et internationale pour appuyer le développement durable dans les PEID en tenant compte des aspects économiques, sociaux et environnementaux.
Les mesures préconisées portent notamment sur les questions suivantes : les changements climatiques et l’élévation du niveau de la mer ; les catastrophes naturelles et environnementales ; la gestion des déchets ; la gestion et la protection des ressources côtières et marines ; les ressources en eau douce ; les ressources foncières ; les ressources énergétiques ; les ressources touristiques ; les diversité biologique ; les transports et les communications ; la science et la technologie ; le commerce, la mondialisation et la libéralisation ; le renforcement des capacités et l’éducation en vue du développement durable ; la
production et la consommation durables ; la création d’un environnement national et régional favorable ; la santé ; la gestion des connaissances et l’information au service de la prise de décisions ; la culture.
Dans sa déclaration de clôture, le président de la conférence et Premier ministre de Maurice, Paul Bérenger, s’est félicité que cette réunion internationale se soit transformée en un moment décisif pour les petits Etats insulaires en développement.
Ouvrant le débat qui s’est tenu les 13 et 14 janvier, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait insisté, devant une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement et un grand nombre de ministres, de représentants de gouvernements et d’institutions des Nations Unies et de la société civile, sur la nécessité d’adopter des mesures décisives face aux changements climatiques, compte tenu des dangers que représente pour les PEID l’élévation du niveau de la mer. (voir ci-après)
Kofi Annan a aussi souligné que les tâches envisagées il y a 10 ans, déjà pressantes, étaient devenues urgentes. Pour sa part, l’ONU veillera à ce que les préoccupations des PEID demeurent en haut de la liste des priorités de la communauté internationale, a assuré le secrétaire général.


Conférence de Maurice et “Projet pour le Millénaire”

Un système d’alerte mondial pour toutes les catastrophes naturelles

Kofi Annan a proposé à la Conférence de Maurice un "système d’alerte mondial pour toutes les catastrophes naturelles". le Secrétaire général de l’Organisation des nations unies (O.N.U.) a annoncé la présentation ce lundi du rapport du “Projet pour le Millénaire”, document clé pour le Sommet de septembre 2005 sur la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement.

La tragédie du 26 décembre a montré, une fois de plus, "la nécessité d’établir un système d’alerte et de prévention", "un système d’alerte mondial qui couvrirait non seulement les tsunamis mais aussi tous les autres phénomènes dangereux, telles que les ondes de tempêtes et les cyclones", a déclaré le secrétaire général de l’ONU dans une allocution prononcée lors de la Conférence internationale sur les petits Etats insulaires en développement la semaine dernière à Maurice.
"Aucune partie du monde ne doit être ignorée. Nous devons penser globalement et envisager des mesures à la hauteur des risques", a-t-il insisté ajoutant que "nous devrions aussi nous tenir prêts à prendre des mesures décisives face au changement climatique".
"Il n’est plus très difficile d’imaginer ce que pourraient être les effets de l’élévation du niveau de la mer qui, selon les plus grands scientifiques, accompagnera le réchauffement de la planète",
a fait remarquer Kofi Annan, à un mois de l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, qui impose à 38 pays industriels de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, responsables en partie du changement climatique.

Survie compromise pour certains États

Le secrétaire général a rappelé qu’il avait visité "certains des endroits les plus durement touchés" par le tsunami, qu’il avait rencontré "des familles déplacées", écouté "des histoires d’une tristesse inimaginable" et vu "du personnel humanitaire travailler jour et nuit pour apporter de l’aide".
Il a ajouté que sa visite dans la région lui avait aussi montré "un élément que la nature ne pouvait pas éteindre : la volonté humaine, et dans ce cas la détermination à reconstruire et, plus stimulant encore, à associer ses efforts pour ce faire".
"S’élevant à peine au dessus du niveau de la mer, loin des marchés mondiaux, beaucoup de petits Etats insulaires vivent en marge de la communauté mondiale. La survie de certains états est carrément compromise",
a prévenu le secrétaire général.
La conférence de Maurice, à laquelle ont participé 110 pays, a confirmé que les petites îles doivent affronter "les mêmes menaces", non seulement les catastrophes naturelles, les conséquences du changement climatique mais aussi l’isolement des marchés de la mondialisation, les coûts élevés de l’énergie et des transports, plus récemment encore, la propagation du VIH/SIDA et la menace du terrorisme.
L’interconnexion des États, des menaces, du développement et de la sécurité est l’un des message clés du “Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau”, rendu public en novembre dernier, a poursuivi Kofi Annan en soulignant que le Groupe avait produit "une vision nouvelle et intelligente de la sécurité collective" qui mettait l’accent sur la prévention.

Des opportunités à saisir

Le rapport montre "les défis du développement tels que la lutte contre l’extrême pauvreté, le changement climatique et la propagation des maladies infectieuses comme le SIDA et le paludisme sont indispensables à notre sécurité collective", souligne "les conséquences désastreuses du terrorisme, des conflits et du crime organisé sur le développement" et donne "une série de recommandations pour réaliser des réformes significatives de notre système multilatéral y compris celui des Nations Unies", a-t-il rappelé Kofi Annan.
"Le fardeau repose maintenant sur les États membres", a prévenu le secrétaire général.
Kofi Annan a par ailleurs annoncé la présentation ce lundi à New York d’un autre grand rapport, le rapport du “Projet pour le Millénaire”, qui sera la base du Sommet du mois de septembre 2005 sur la mise en œuvre des Objectifs de développement du Millénaire. Ce rapport explique "comment nous pouvons atteindre les Objectifs du Millénaire d’ici à 2015", souligne "l’importance d’un investissement à l’échelle mondiale" et appelle "à une série d’actions au niveau international et au niveau national sur l’aide publique, la suppression de la dette, le commerce, la science et la technologie".
Le secrétaire général a par ailleurs rappelé qu’il allait s’inspirer de ces deux rapports clefs pour élaborer son propre rapport sur la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire qui sera rendu publique en mars et qui, espère-t-il, aidera à prendre des décisions en septembre prochain.


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