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Accalmie sociale au Nigeria
16 octobre 2004

La grève de quatre jours décrétée par la formation syndicale la plus puissante du Nigeria et ses partenaires de la société civile afin de protester contre la hausse des prix des carburants a été suspendue pour deux semaines. Le Nigeria est le 7ème producteur mondial de pétrole. Dans un contexte de prix élevé de cette énergie, la situation sociale dans ce pays est suivie attentivement.
Répit sur le front social dans le premier pays africain exportateur de pétrole : la grève générale des travailleurs nigérians a été suspendue pour une durée de deux semaines. "Après deux semaines, les organes du syndicat et les autres membres de la coalition se réuniront afin de convenir d’une date pour relancer la lutte et de la forme que cette dernière devra revêtir", a déclaré Adams Oshiomole, président du Congrès des Travailleurs du Nigeria (NLC), dans un entretien accordé jeudi à la presse. "Cependant, il faut regretter que le gouvernement fédéral n’ait pas jugé utile de mettre à profit la période ayant précédé la grève ou celle de la grève pour engager un véritable dialogue", a t-il poursuivi, saluant la grève comme "grande réussite".
Il a rendu hommage aux Nigérians pour avoir respecté le mot d’ordre du syndicat. "Les travailleurs syndiqués ont respecté presque à cent pour cent le mot d’ordre de grève, le secteur informel aussi ayant répondu massivement", a t-il affirmé. En ce qui concerne la forme que la lutte de la coalition pourrait revêtir à l’avenir, le président du NLC a déclaré : "Nous avons décidé de poursuivre la grève par phases, jusqu’à ce que nos exigences soient satisfaites".
La grève avait commencé lundi, à l’expiration de l’ultimatum de 14 jours et après le refus du gouvernement de revenir sur l’augmentation des prix des carburants qui avait été décidée le 23 septembre. Cette hausse a fait passer le prix du litre d’essence de 32 cents à un minimum de 40 cents. Il s’agit de la troisième augmentation des carburants décidée par le gouvernement au cours des 18 derniers mois. Une personne au moins, un garçon de 12 ans, a été tuée pendant la grève d’"avertissement", après que la police eut tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur la foule de manifestants, dans la ville de Kaduna, dans le Nord du pays.
Les dirigeants syndicaux ont indiqué que les plus de 50 personnes arrêtées le premier jour de la marche ont été libérées, ce qui devrait faire renoncer le Congrès des Travailleurs du Nigeria à sa menace de prolonger la première phase au-delà de jeudi. Adams Oshiomhole lui-même avait été arrêté par la police à Abuja, la veille de la grève, mais il avait été ensuite libéré peu de temps après, même s’il n’avait refait surface que le second jour.
La grève a provoqué la fermeture d’écoles, d’hôpitaux, de banques et de nombreux commerces de la capitale économique, Lagos, de la capitale administrative, Abuja, et de nombreuses autres villes du pays. Cependant, les activités commerciales ont commencé à reprendre graduellement à Lagos et à Abuja, Les exportations de pétrole, qui procurent au Nigeria plus de 90% de ses recettes en devises, n’ont pas été affectées tout au long de la grève, même si les opérations en aval ont été interrompues lundi.
Des sources proches de PENGASSAN, le syndicat des travailleurs de bureau du secteur des hydrocarbures, ont révélé que le syndicat avait décidé de ne pas fermer les opérations en amont parce que leur redémarrage prendrait trop de temps. Le syndicat avait menacé de bloquer toutes les exportations de pétrole d’ici mercredi.
Le Nigeria est le septième plus important producteur de pétrole, avec 2,5 millions de barils par jour, mais le pays est contraint d’importer du carburant du fait de l’arrêt des raffineries locales. Les Nigérians sont très sensibles à l’augmentation des prix des carburants du fait de ses répercussions sur le coût des biens et services. Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, le régime du président Olusegun Obasanjo a augmenté les prix du carburant une douzaine de fois au moins, provoquant ainsi la colère des Nigérians.
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