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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
7 août 2004

Le programme majeur de traitement du SIDA, initié par l’ONG italienne Sant’Egidio Community, affirme que 95 pour cent de ses patients, au Mozambique, sont toujours en vie et jouissent d’une bonne qualité de vie, a rapporté mercredi, l’agence nationale de presse AIM.
Paola Germano, la coordinatrice du programme Sant’Egidio’ dénommé DREAM (Accroissement des ressources en médicaments contre le SIDA et la malnutrition), indique que les malades, soumis au programme DREAM traités par antirétroviraux, avaient prouvé que le "SIDA n’était plus une condamnation à mort".
S’exprimant à l’ouverture d’un programme panafricain de formation de trois semaines au traitement du SIDA organisé par la Sant’Egidio Community, elle a dit que "la transformation a commencé à s’opérer chez ces malades, en l’espace de deux à trois mois de traitement". "Nous avons assisté à de vraies résurrections. Nous avons vu des femmes, qui avaient été abandonnées sur des matelas dans leurs cases, reprendre du poids, passant de 29 à 70 kg et qui ont recommencé à s’occuper de leurs enfants", a ajouté Mme Germano.
La formation s’adresse au personnel de Santé du Malawi, de Tanzanie, du Rwanda, du Togo, de la Guinée Equatoriale, de la Guinée-Conakry, de la Côte d’Ivoire, d’Angola et du Mozambique, le pays hôte. Le programme DREAM a été lancé en mars 2002 au Mozambique, avec un fichier de 50 patients.
Selon Mme Germano, il s’agissait de personnes "qui n’avaient rien à perdre. Elles étaient désespérées, avaient la maladie inscrite sur le visage et avaient donc été abandonnées par tout le monde". "Nous avons vu des hommes très malades, qui ne pouvaient plus marcher, prostrés non seulement par la maladie, mais aussi par l’humiliation face à leur incapacité à ne pouvoir rien faire pour leurs familles. Nous les avons vus se lever, commencer à marcher à nouveau et retrouver leur dignité. Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, leur problème est de trouver du travail".
Mme Germano a aussi expliqué que le taux d’observance du régime de médicaments dans les centres DREAM était supérieur à celui des malades, qui suivent la même thérapie en Italie ou aux Etats-Unis. En deux ans, les centres DREAM avaient effectué des tests de dépistage sur 11.000 personnes, 5.600 d’entre elles s’étaient révélées séropositives. Quelque 2.250 personnes reçoivent maintenant le traitement antirétroviral.
Concernant les femmes enceintes, Mme Germano a dit que "l’objectif est de veiller à ce que, non seulement le bébé naisse sans être infecté, mais à le maintenir dans le même temps en bonne santé, grâce à des substituts au lait maternel et, par dessus tout, à sauver la vie de la mère". D’après elle, "en Afrique, les orphelins, même s’ils n’ont pas le SIDA, ont une espérance de vie moindre. C’est la survie de la mère qui fait la différence".
Quelque 654 enfants sont nés de mères séropositives dans le cadre du programme DREAM, dont 97 pour cent n’ont pas été infectés par le VIH. La mortalité maternelle au Mozambique est de 212 pour 1.000 naissances vivantes, mais parmi les bébés DREAM, il est de 50 pour 1.000, bien qu’il faille noter que le programme ne concerne qu’un petit nombre de personnes. Le programme DREAM s’est maintenant développé au Malawi, où le traitement a commencé il y a six mois pour 350 malades à Blantyre et Lilongwe.
La coordonnatrice a toutefois critiqué les tentatives passées des organisations internationales de concevoir des stratégies de lutte contre le SIDA, qui étaient "exclusivement préventives". Avec 30 millions d’Africains infectés par le VIH, la prévention ne pouvait pas être l’unique réponse, a-t-elle souligné.
S’il existe un homme qui symbolise le succès de DREAM, il s’agit bien de Isaias Joao, qui était à l’article de la mort, quand il a commencé son traitement aux antirétroviraux. Isaias avait l’air en bonne santé mercredi, à l’ouverture de ce séminaire. Il a été chaudement applaudi par les participants et étreint par Joana Mangueira, la Secrétaire exécutive du Conseil mozambicain de lutte contre le SIDA (CNS).
"Aujourd’hui, DREAM n’est pas seulement qu’un rêve, c’est une réalité", a déclaré Mme Mangueira. Mouzinho Saide, responsable du programme national SIDA au ministère de la Santé, s’est aussi réjoui du programme DREAM qui, à son avis, "trouve sa place dans les plans du ministère". Il a dit que le gouvernement est décidé à accroître le nombre de malades du SIDA, bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale de 8.000 cette année à 132.000, d’ici à 2008.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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