À la conférence du Mouvement des non-alignés à Durban

La mondialisation libérale rappelle « l’ère coloniale »

20 août 2004

Les ministres des Affaires étrangères du Mouvement des non-alignés (MNA) se sont réunis ce mardi à Durban (Afrique du Sud) pour la 14ème conférence ministérielle de l’organisation, qualifiée de ’révision à moyen terme’ entre le sommet des chefs d’État de 2003 en Malaisie et le prochain à Cuba en 2006.

En s’adressant à la cérémonie d’ouverture, la ministre sud-africaine déléguée aux Affaires étrangères, Sue Van Der Merwe, a déclaré que "des forces dangereuses et puissantes" ont été libérées au plan international par les effets de la mondialisation économique, d’une part et la menace terroriste, d’autre part. "La conséquence de cette situation est que ceux d’entre nous qui sont marginalisés le deviennent encore plus quand ceux qui ont adopté des positions extrêmes profitent de la crise internationale pour exprimer leur mécontentement et leur xénophobie à travers des actes de terreur et d’intimidation", a t-elle indiqué.
La ministre sud-africaine a dénoncé la tendance croissante des pays du Nord à mener des campagnes mondiales contre des menaces perçues et définies au Nord, mais ayant prétendument leur origine ou étant basées dans les pays du Sud. "Ces actions unilatérales, qui ne tiennent pas compte du caractère central de la Charte des Nations unies et de la législation internationale, sont devenues flagrantes", a indiqué la ministre sud-africaine.
Elle a souligné que cette tendance était encore exacerbée par la "résurgence d’un type de comportement rappelant l’ère coloniale", avec une plus grande ingérence dans les affaires intérieures des États des pays en développement.
Hier, le Mouvement des Non-Alignés a préconisé mercredi un allégement important de la dette africaine, en déclarant que les pays développés devaient intensifier leurs efforts pour sortir le continent le plus pauvre du monde de sa misère économique.
L’organisation a indiqué qu’elle invite à une aide et un investissement accrus en Afrique ainsi qu’à une participation plus importante de l’Afrique aux décisions concernant sa situation économique.
Les pays africains doivent au Fonds Monétaire International, à la Banque Mondiale et au Groupe des Huit pays industrialisés des centaines de milliards de dollars US, dont le remboursement les étouffe.


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