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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Plus de 30 morts, une fusillade diffusée sur Internet
18 août 2012

Jeudi, des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes. La fusillade a été filmée puis diffusée sur Internet. Les images qui ont fait le tour du monde rappellent les répressions de l’époque de l’apartheid. En Afrique du Sud, c’est le choc.
Des policiers, lourdement armés et munis de véhicules blindés, étaient en train de dresser des barrages de fils barbelés jeudi quand ils ont soudain été débordés par quelque 3.000 employés de la mine. Ils ont alors ouvert le feu.
C’est la pire répression jamais commise en Afrique du Sud par la police depuis la fin de l’apartheid en 1994. Le pays est sous le choc après la mort d’au moins 34 mineurs grévistes, tués par la police jeudi à la mine de platine Lonmin de Marikana, au nord du pays. Plus de 78 blessés ont aussi été dénombrés, et les autorités ont procédé à 259 arrestations. Le président Jacob Zuma s’est dit "choqué" et "consterné par cette violence insensée". En visite au Mozambique pour un sommet, il doit se rendre sur les lieux du drame vendredi.
La zone était toujours bouclée vendredi. À 500 mètres du lieu de la tuerie, environ 2.000 hommes étaient rassemblés et quelques centaines de femmes entonnaient des chants datant de l’apartheid. Certains observateurs ont d’ailleurs fait le parallèle avec le massacre de Shapeville, en 1960. La police avait tué 69 personnes dans une manifestation contre l’apartheid dans ce township situé près de Johannesburg.
À quelques centaines de mètres du lieu du massacre de la mine de Marikana, une centaine de femmes réunies vendredi matin dansent et chantent des chants révolutionnaires de l’époque de la lutte contre l’apartheid, debout sur un tertre près de la route de terre qui mène à leur misérable village. "La police est venue ici, pour tuer nos maris, nos frères. Ici. Nos enfants !", s’emporte Nokuselo Mciteni, 42 ans, au milieu du groupe qui lance des invectives contre une lointaine unité de la police scientifique qui travaille à recueillir des indices. Depuis le 10 août, les mineurs de Marikana, dont les conditions de vie sont misérables, ont lancé un mouvement de grève sauvage, sur fond d’affrontements entre deux syndicats rivaux. L’AMCU, un petit syndicat réclame que le salaire des mineurs passe des 4.000 rands par mois, soit 400 euros, à 12.500 rands, soit 1.250 euros. Des heurts ont éclaté entre partisans de l’AMCU et du NUM, le puissant syndicat des mines, faisant déjà dix morts.
| Une enquête sur la mine
La Police de Marikana, dans le sud-ouest de l’Afrique du Sud, a réagi à la vague de condamnations dont elle fait l’objet depuis le massacre d’au moins 30 mineurs de Lonmin jeudi, en déclarant avoir fait de son mieux pour tenter de désamorcer une situation explosive. |
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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