MEDEF Réunion : projet réunionnais centre du débat de la présidentielle à La Réunion
3 septembre, parUn manifeste construit à La Réunion
18 mai 2006, par

Le Kérala est un État méridional de l’Union indienne, devenu le plus performant du pays en matière de santé, d’éducation et d’évolution démographique.
Tout au Sud, sur la côte occidentale du sous continent indien qui fut jadis un haut lieu du commerce des épices, le Kérala continue de faire figure d’exception.
Malgré la modestie de ses ressources, sa population jouit de la meilleure qualité de vie du pays. Les chiffres confirment ce que les villes du Kérala donnent à voir, une prospérité qui n’a guère d’équivalent ailleurs, partout des enfants avec le cartable à la main, la présence massive des femmes dans les rues ou dans les administrations, la remarquable qualité des infrastructures sanitaires.
Le taux de mortalité infantile est de 16/1.000 contre 70/1.000 dans l’ensemble du pays. Le taux d’alphabétisation dépasse les 90% et plus de 92% des femmes savent lire et écrire contre une moyenne nationale d’à peine 50%.
Dans le reste de l’Inde, on compte en moyenne 929 femmes pour 1.000 hommes (le ratio le plus défavorable du monde pour le sexe féminin), le nombre de femme dans l’État de Kérala est légèrement supérieur à celui des hommes (1.040 pour 1.000). Il est vrai que 98% des accouchements ont lieu avec l’assistance d’un personnel spécialisé et que le taux de mortalité maternelle est de 1.1/1.000 contre plus de 12/1.000 dans l’État de l’Uttar Pradesh. Autres progrès : les filles du Kérala se marient en moyenne à 23 ans, et l’indice synthétique de fécondité est de 2 enfants par femme. La croissance de la population de l’État est aujourd’hui de 1.1% contre 2% pour l’ensemble du pays. L’espérance de vie est de 73 ans (contre 63 ans au niveau national).
Les observateurs tentent depuis longtemps de comprendre les raisons de cette originalité. L’accès à l’éducation et aux soins médicaux explique en grande partie ces bons résultats. Les différents gouvernements du Kérala ont mis l’accent sur le développement social. Une école fut construite dans chaque quartier afin de permettre un accès géographique. Dans les décennies qui suivent l’Indépendance, le Kérala est un des 2 États indiens à avoir un gouvernement communiste, plus porté que d’autres forces politiques à donner la priorité au social.
Résultat : les dépenses de santé et d’éducation dépassent largement la moyenne nationale. Le Kérala arrive en tête des États indiens en termes d’IDH (Indice de développement humain).
L’expérience du Kérala indique qu’aucune modernisation des comportements n’est possible si l’accent n’est pas mis sur la promotion de la santé, la scolarisation générale et l’amélioration des conditions de la femme. On commence au niveau national à saisir l’importance de ces préalables, et des États voisins comme le Tamil Nadu semblent s’engager dans une voie analogue.
Risham Badroudine
Un manifeste construit à La Réunion
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