Une journée marquée par l’investiture de Thabo Mbeki à la présidence

Le peuple sud-africain a fêté ses 10 ans de liberté

28 avril 2004

Dans une atmosphère festive marquant la célébration de 10 ans de liberté, Thabo Mbeki a prêté serment hier pour un second mandat de président de la République à la tête de l’Afrique du Sud. Cette date est importante en Afrique du Sud, car c’est un 27 avril, en 1994, que pour la première fois tous les Sud-Africains ont voté.

Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, Thabo Mbeki, réélu président sud-africain lors des élections générales du 14 avril, a prêté serment en présence d’environ 40 chefs d’État, de 60 Premiers ministres et représentants des pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique et du Moyen-Orient. La cérémonie se déroulait dans Union Buildings, siège du gouvernement, devant lequel le peuple était venu en masse.
"Aujourd’hui, nous commençons notre deuxième décennie de démocratie", a lancé Thabo Mbeki. "Ce qui a été fait durant la première montre que nous, Africains, nous pouvons résoudre nos problèmes et nous les résoudrons". L’Afrique, après avoir "servi de premier exemple du désespoir, est certaine de se révéler comme un endroit d’espoir".
"Pendant trop longtemps", a-t-il poursuivi, l’Afrique du Sud a représenté avec l’apartheid "ce qui est laid et repoussant dans la société humaine. C’était un endroit où naître noir était hériter d’une malédiction tout au long d’une vie. C’était un endroit où naître blanc faisait porter un fardeau permanent de peur et de rage cachée".
Dans son discours, Thabo Mbeki, a déclaré que sa priorité était de lutter contre la pauvreté, une situation qui, selon lui, empêche les Sud-Africains de vivre en toute dignité.
Thabo Mbeki a été réélu à la présidence du pays avec un mandat fort, le 14 avril dernier. Au terme du scrutin, le parti du président, le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis la libération du pays, a récolté 69,6% des voix.
Successeur de Nelson Mandela à la présidence, Thabo Mbeki, âgé de 61 ans, a également su faire taire les doutes exprimés maintes fois sur ses capacités à remplacer son illustre prédécesseur.
Hier, cela faisait 10 ans que pour la première fois, tous les Sud-Africains votaient. En masse, le peuple s’était rassemblé derrière l’ANC conduite par Nelson Mandela. Ce dernier avait passé 27 ans de sa vie en prison pour libérer le pays d’un régime raciste. Aussitôt, l’Afrique du Sud retrouvait son siège aux Nations unies. Nelson Mandela a fait hier une arrivée remarquée, acclamé par la foule. Le dernier président de l’apartheid et ancien vice-président de Nelson Mandela, FW de Klerk, a également assisté à la cérémonie.
Les Sud-Africains de tous horizons ont commencé à converger dès 6 heures du matin vers l’Union Buildings. Plus de 100 écrans géants diffusaient la cérémonie en direct à travers le pays.
Les célébrations devaient durer jusqu’au milieu de la nuit et l’événement était aussi marqué par la traditionnelle salve de coups de canon, un dîner de gala et un concert géant animé par de grands musiciens locaux et internationaux.


La lutte contre le racisme : un combat permanent en Afrique australe

Les souvenirs du système d’apartheid qui régissait la société en Afrique australe sont bien vivants au Swaziland, selon le président d’un tribunal du travail, le juge Nderi Nduma.
Le juge Nduma a fait cette déclaration au tribunal après avoir appris que les directeurs d’une société de services de sécurité, VIP Protection Services, traitaient leurs employés noirs de "babouins". Le magistrat a déclaré que cette conduite de ces deux directeurs Jane et John Thompson "était méprisable, pour ne pas dire plus". "C’est le genre d’employeurs dont le Swaziland n’a que faire. Ils rappellent cruellement une époque d’obscurantisme et de naïveté aujourd’hui révolue. Qu’ils n’aient pas estimé utile de comparaître devant cette cour pour répondre aux allégations dont ils font l’objet, est regrettable", a estimé le juge.
Il a été déclaré au tribunal que, le 7 décembre 2000, Simon Nhlabatsi avait reçu un avis lui demandant d’assister à une audience disciplinaire de la part de Jane Thompson, l’épouse du directeur général de la société, alors qu’il était sous le coup d’une suspension pour faute professionnelle. M. Nhlabatsi, aurait refusé de signer l’avis pour en accuser réception et Mme Thompson avait réagi en lui déclarant que le couple blanc était fatigué de nourrir des babouins et que leur société n’était pas une organisation caritative. Le juge Nduma a expliqué les faits, en prononçant un jugement en faveur de M. Nhlabatsi qui réclamait des dommages et intérêts maximum pour licenciement abusif. Le juge a indiqué que les torts causés à M. Nhlabatsi étaient irréfutables et qu’il accédait à sa requête.
10 ans après la fin de l’apartheid dans la région, les comportements racistes sont encore bien présents, mais il est intéressant de constater que la justice du Swaziland contribue à libérer le pays de ce fléau.


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