La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Pékin
8 avril 2006

Ouvrir à Pékin une salle de fitness et de musculation avec piscine chauffée dans l’espoir de faire fortune serait un bien mauvais calcul économique. Ici le sport, du très traditionnel taï chi au très moderne aérobic en passant par la musculation, se pratique gratuitement. On entretient son rythme cardio-vasculaire dans les parcs et jardins publics, on se muscle au long des rues et l’on nage dans les lacs artificiels de la ville.
En mocassins, pantalon de toile épaisse et veste de laine, Monsieur Zhou fait travailler ses biceps sur un appareil de musculation jaune vif. C’est le milieu de l’après-midi et il vient d’entamer son parcours de "muscu". Il n’habite pas loin. Pour s’entraîner, il a juste quelques centaines de mètres à parcourir, ce qui lui sert d’échauffement, et à s’installer sur l’un des appareils solidement fixés sur le trottoir. Dans cette rue des vieux quartiers de Pékin, un parcours de musculation a été implanté sur la voie publique. Il y a des steppers pour les cuisses et les fessiers, des barres à poulies pour les biceps, des tourniquets pour les hanches, des bancs pour les abdominaux et même des rouleaux pour se masser le dos. L’accès à ces appareils, soigneusement entretenus, est gratuit ; Il existe des dizaines de parcours similaires dans la capitale chinoise. Elle accueillera les Jeux Olympiques en 2008.
"Bon pour la santé"
Pour le plus grand bonheur de Monsieur Zhou, 55 ans, car dit-il "le sport est bon pour la santé. Je viens ici tous les jours depuis un an et je suis en pleine forme. Avant cela j’étais toujours malade". Il parle tout en continuant à s’entraîner. Pas du tout essoufflé. Un couple d’une quarantaine d’années le rejoint sur le parcours de musculation. Il salue Monsieur Zhou qui commente : "on se voit souvent. On est devenus amis". De l’autre côté de la rue, sur la berge du lac Shisha de dimension très respectable, trois hommes sont en train d’ôter leurs vêtements et se retrouvent rapidement en maillot de bain. L’air est vif, le mercure atteint péniblement les 20 degrés, mais cela ne refroidit visiblement pas les nageurs. "On nage en plein hiver alors qu’il fait moins 11 degrés à l’extérieur et que l’eau est à moins 2 degrés. Aujourd’hui c’est plutôt une belle journée. Il fait bon. Regardez, il y a du soleil", sourit Monsieur Zhang, 65 ans. Il dit nager tous les jours depuis 7 ans. Son ami Monsieur Wang confirme et souligne "nous allons à l’eau même lorsqu’elle commence à geler. C’est pour cela que nous sommes en forme. C’est lorsque l’on ne nage pas que l’on tombe malade". Son père et son grand-père étaient eux aussi des adeptes de la pratique de la natation quelle que soit la saison. "Les Chinois se sont toujours soignés grâce aux plantes et au sport" souligne-t-il. En attendant le retour sur la berge d’un troisième nageur, les deux hommes font quelques mouvements d’assouplissement. L’air est toujours aussi vif et ils ont toujours l’air de ne pas en souffrir. Aucune chair de poule intempestive ne vient chatouiller leur peau. Le troisième nageur est de retour. Monsieur Zhang descend dans le lac par l’échelle spécialement aménagée pour ces nageurs téméraires. C’est à peine s’il prend le temps de "tâter" l’eau. Il plonge immédiatement vers un aller-retour, en brasses énergiques, d’une berge à l’autre.
"Rester jeune beaucoup plus longtemps"
En face, Monsieur Zhou a quasiment fini son parcours de musculation. Ils sont maintenant plusieurs à s’entraîner sur les différents appareils. Monsieur Zhou procède en souplesse à quelques exercices d’étirement. "Le sport fait vivre l’âme, mais aujourd’hui les jeunes veulent de moins en moins en faire. Ils disent qu’ils n’ont pas le temps", déplore-t-il. "Pourtant il devrait en faire, cela permet de rester jeune beaucoup plus longtemps", remarque-t-il en esquissant le fameux “pas lunaire" (marche à l’envers) rendu célèbre par les chorégraphies de Mickael Jackson.
Mais Monsieur Zhou est peut-être un peu trop sévère. C’est par centaines que jeunes et moins jeunes suivent quotidiennement les cours de fitness, d’aérobic, de taï chi (gymnastique traditionnelle chinoise) dispensés gratuitement dans les parcs et jardins publics. Très tôt le matin, au rythme des derniers succès de la "dance music", des profs de gym donnent leurs cours et montent même des chorégraphies. Plus loin et plus au calme, des maîtres de taï chi font respirer et se déplacer leurs "disciples" en harmonie avec l’espace et le temps.
Les "élèves" iront au bureau ou à l’usine directement après le cours. C’est certain : ouvrir une salle payante de sport à Pékin est un mauvais plan.
Texte et photos Imaz Press Réunion
Air Austral rallie Pékin à La Réunion
"Un événement exceptionnel pour notre île"
Les 350 passagers et 16 membres d’équipage du vol UU 7406 se sont posés hier en milieu de journée à l’aéroport Roland Garros. Ils venaient d’effectuer la première rotation Réunion - Pékin - Réunion mise en place par Air Austral. "Il s’agit d’une étape décisive vers l’ouverture de l’île à l’Asie et en ce sens il s’agit d’un événement énorme pour La Réunion", a commenté Gérard Ethève, président du directoire de la compagnie régionale.
Le 27 décembre dernier, Air Austral demandait officiellement à la Chine d’autoriser un vol charter Réunion - Pékin - Réunion . Une semaine plus tard, les autorités chinoises donnaient leur accord de principe. Fin janvier, tous les documents étaient signés et la compagnie aérienne lançait dans la presse sa campagne de publicité pour "un séjour d’exception de 4 jours à Pékin". Le vol était plein en quelques jours.
Le Boeing 777 200-ER d’Air Austral avait quitté La Réunion le dimanche 2 avril avec à son bord, 350 passagers représentant toutes les composantes de la population réunionnaise. "Si un second Boeing avait été mis à la disposition de la clientèle, il aurait été rempli sans aucun problème", note Gérard Ethève.
Réel besoin d’ouverture
Preuve que l’initiative d’Air Austral répondait à un réel besoin d’ouverture de La Réunion en direction de la Chine, pays comptant parmi les principaux berceaux de peuplement de l’île. "Je crois ne pas exagérer en disant que ce vol est un événement exceptionnel", estime Gérard Ethève en se disant "fier que cette initiative soit à mettre au compte d’une compagnie régionale réunionnaise". Cette rotation de 4 jours entre La Réunion et la capitale chinoise n’inaugure pas la mise en place d’une ligne régulière entre les deux villes, "car il faudrait être certain de remplir les avions dans les deux sens et je ne pense pas que le marché soit suffisamment mûr pour cela", explique le dirigeant de la compagnie aérienne. Il faudra donc laisser encore un peu de temps au temps. "Tous les ans, 115 millions de Chinois voyagent en dehors de leur pays. La Chine connaissant un taux de croissance économique annuel de 10%, le niveau de vie moyen va régulièrement augmenter et les Chinois vont de plus en plus voyager. Si La Réunion arrive à capter une partie de ces voyageurs, on peut imaginer la mise en place d’une rotation régulière. Mais pour l’heure il est prématuré d’envisager une telle ligne", analyse Gérard Ethève.
La question des visas
D’autant que le problème d’obtention de visa d’entrée à La Réunion continue à se poser de manière récurrente pour les ressortissants n’étant pas issus de l’Union européenne. "À travers la procédure d’obtention des visas, c’est une politique de fermeture de l’île qui est exercée à l’encontre des Sud-Africains, des Malgaches ou encore des Chinois. C’est la grande faiblesse de La Réunion, car on ne pourra pas construire de réels échanges économiques et notamment touristiques tant qu’il sera aussi difficile d’obtenir un visa", remarque Gérard Ethève.
Mais en attendant, la compagnie aérienne n’a pas l’intention d’en rester là en matière de vol innovant avec séjour touristique à la clé. Il est question de voler vers Shanghai (Chine), New Delhi (Inde) ou encore Louxor (Égypte)...
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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