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Rassemblement devant l’ambassade britannique à Maurice
12 juillet 2004

Environ 300 Chagossiens, réunis hier à Port-Louis pour prendre connaissance des derniers développements dans leur démarche pour rentrer dans leurs îles, ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de la Grande-Bretagne et des États-Unis et annoncé, pour aujourd’hui, une manifestation devant l’ambassade britannique dans la capitale mauricienne.
Les Chagossiens avaient été expulsés des Chagos par les Britanniques entre 1965 et 1970 pour faire place à l’installation d’une base militaire américaine sur l’île de Diego Garcia. Depuis cette date, ce peuple, fort de 2.000 âmes à l’époque des faits, vit dans la pauvreté dans les faubourgs de Port-Louis, à Maurice.
Le leader du Groupe réfugiés Chagos (GRC), Olivier Bancoult, a déclaré que la communauté chagossienne luttera pour qu’une compensation financière leur soit versée par la Grande-Bretagne et pour un retour dans leurs îles. "Nous avions eu l’occasion d’aller visiter nos îles, il y a peu de temps, la Grande-Bretagne a exclu Diego Garcia de cette visite", a-t-il dit. Pour sa part, le conseiller légal du GRC, Me Robin Mardemootoo, a signifié son intention de porter cette affaire devant la Commission européenne des droits de l’Homme.
Un peu plus tôt, intervenant sur les ondes de Radio Plus, l’ancien président de Maurice, Cassam Uteem, a critiqué le gouvernement britannique pour avoir joué encore "un mauvais tour envers les Chagossiens". Il y a une semaine, Maurice a menacé de porter cette affaire devant la Cour internationale de justice, suite à un décret de la Grande-Bretagne en date du 5 juillet interdisant aux Chagossiens de rentrer dans l’archipel et toute action juridique contre elle de la part de membres du Commonwealth.
Le Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, devait rentrer hier à Maurice, après une visite de deux jours à Londres. Pendant son séjour, il s’est entretenu avec le secrétaire général du Commonwealth, Donald Mc Kinnon, qui a apporté un soutien diplomatique à Maurice dans ce différend au sujet de sa souveraineté sur l’archipel des Chagos. Pour Paul Bérenger, le problème des Chagos comprend trois dimensions, soit celles de la souveraineté, de la tragédie humaine avec l’expulsion des Chagossiens de l’archipel et de la base militaire de Diego Garcia.
Une association mauricienne réclame les terres des descendants d’esclaves
Une ONG mauricienne a réclamé hier au gouvernement mauricien de mettre en place une commission spéciale pour faire la lumière sur les terres qui "ont été volées" aux descendants d’esclaves.
Le Mouvement mauricien Kréol Africain (MMKA) a indiqué que cette commission devait être à l’image de la Commission "vérité et réconciliation" en Afrique du Sud, à la fin de l’apartheid. "Ces vols (de terre) ont été commis depuis plusieurs décennies par des personnes bénéficiant de complicité en haut lieu dont des avocats, des notaires et certains prêtres de l’Église catholique", a déclaré le président de MMKA, Mario Flore. Il a cité le cas d’un descendant d’esclaves qui détient un document prouvant qu’il est l’un des quatre héritiers de son oncle décédé en 1966. "Ce dernier (l’oncle) lui a légué quelque 165 arpents (environ 8.250 ares) de terre dont une bonne partie se trouve à Roche-Bois et à Phoenix, à M. Capiron et à trois autres héritiers. L’oncle a obtenu ces terres de Français qui ont choisi de rentrer dans leur pays après la guerre contre les Anglais en 1810 et la capitulation de la France", a-t-il déclaré.
Selon Mario Flore, il y a des centaines de cas semblables à Maurice mais il est difficile pour les propriétaires légitimes d’entreprendre des démarches en vue de récupérer leurs terres. Il a indiqué que des menaces sont proférées à l’encontre de ceux qui sont tentés d’engager des procédures pour récupérer leurs terres.
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