La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Crash de l’A310 de Yemenia
1er juillet 2009

Près de 600 Comoriens se trouvaient à l’aéroport pour accueillir les parents qui revenaient de France. La plupart de ces « je viens » venaient pour assister à des mariages familiaux et certains devaient célébrer leur propre mariage coutumier. La disparition en mer de l’Airbus de Yemenia Airways a créé une onde de choc sur l’ensemble de l’Archipel.
Depuis la mi-juin, à l’arrivée d’un vol en provenance de France, de La Réunion et de Mayotte, deux à trois bus sont mobilisés pour l’accueil de chaque « je viens » qui vient pour un mariage.
Cet été, les vacanciers comoriens ont commencé à arriver plutôt que d’habitude. La raison principale est que le mois de ramadan va tomber en août et les festivités devront être suspendues durant cette période de jeun, de prière et de recueillement. Les jeudi, vendredi, samedi et dimanche sont déjà réservés dans chaque village jusqu’à début août.
Aussi, dans la nuit de lundi à mardi, c’étaient environ 600 personnes qui attendaient l’avion de la compagnie Yemenia en provenance de Paris via Sanaa. Djaé Ahamada, Directeur de publication du quotidien gouvernemental “Alwatwan”, était venu avec une vingtaine de membres de sa famille pour accueillir sa femme et ses enfants. A Koimbani, dans la région de Wachili, son village, l’ensemble des habitants se préparait à la fête car, dans quelques jours, Djaé Ahamada devait accomplir les rites et cérémonies qui allait faire de lui un notable à part entière : mais voilà, le destin a décidé autre chose.
C’est la même souffrance que l’on retrouve à Itsandzeni, dans le Hamahamet. Le nommé Moissuli devait arriver par ce vol pour participer à son propre mariage fixé au 17 juillet prochain. Sa femme, ses enfants et ses deux sœurs qui l’ont précédé il y a une dizaine de jours se trouvaient à l’aéroport de Moroni-Hahaya lorsque le drame est survenu.
Les histoires racontées entre les sanglots au sein de l’aéroport tout le long de la file de véhicules qui s’étant sur 10 km de part et d’autres de l’aéroport ou dans les quartiers et les familles se rassemblent. Partout ce sont des gens qui ont préparé et attendu des retrouvailles familiales et festives, et partout c’est devenu stupeur et consternation.
Un long deuil qui commence pour tout un peuple
Sur les 153 personnes à bord, il y avait 142 passagers et 11 membres d’équipage. La plupart des passagers qui avaient embarqué à bord de l’A310 étaient en transit à Sanaa dont 52 venaient de Paris, 59 de Marseille, 11 du Caire, 12 de Dubaï, 3 de Djeddah, 1 d’Amman et 1 de Damas.
Réveillé dans la nuit, tout le monde s’est précipité pour se rendre à Hahaya pour prendre des nouvelles. Très vite, la nationale N°1 s’est retrouvée engorgée et la police a dû établir des barrages pour stopper le flux de véhicules.
A l’agence de la Compagnie Yemenia à Moroni, c’est le silence toute la journée. Des groupes se forment et discutent autour, mais les volets restent hermétiquement fermés. Abdel Kader, un des cadres de l’agence, joint au téléphone, affirme que l’ensemble du personnel de la compagnie se trouve à l’aéroport réparti dans les diverses cellules de crise.
Dans la population, ils sont très peu à s’occuper de recueillir et recouper les informations parcellaires et parfois contradictoires concernant les circonstances exactes de l’accident. Même les opérations en cours pour chercher d’éventuels survivants et les corps intéressent de moins en moins de gens.
Après le choc, la consternation, c’est un long deuil qui commence pour tout un peuple.
En effet, selon Ali Mohamed Ahamada, de Kouhani dans le Wachili, même si les Comoriens ont encore en mémoire la catastrophe d’il y a un mois au Brésil, ils vivent différemment le drame car : « dans un pays qui ne compte que 600.000 habitants, chaque famille a nécessairement un parent ou un ami parmi les 147 passagers de ce vol ».
De notre correspondant A. Mohamed
• Le Conseil régional :
La Région solidaire du peuple frère comorien
« Les élus du Conseil régional de La Réunion, réunis en Commission permanente hier, ont appris avec émotion et tristesse la catastrophe aérienne survenue aux Comores.
Ils présentent leurs sincères condoléances aux familles des victimes de diverses nationalités et les assurent de leur sympathie.
La majorité des victimes étant des Comoriens qui rentraient au pays, les élus régionaux expriment au peuple frère des Comores et à ses dirigeants leur solidarité ».
• Le Conseil général :
Le Département ému par cette catastrophe
« Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général, et l’ensemble des conseillers généraux de La Réunion assurent toute la population comorienne et tous les français originaires des Comores, de La Réunion et des différentes îles de cet archipel de leur compassion et de tout leur soutien suite à la tragique disparition de leurs proches dans le crash aérien de l’A310 de la compagnie Yemenia.
Nous sommes particulièrement émus et sensibles à la douleur des familles qui ont perdu un parent, un ami, une connaissance.
Nous nous inclinons devant la mémoire des disparus et souhaitons au peuple comorien de trouver la force et le courage nécessaires pour surmonter cette épreuve comme il a toujours su le faire par le passé ».
• Wilfrid Bertile, ancien Secrétaire Général de la Commission de l’océan Indien
Une pensée particulière pour le peuple comorien
Nous voulons dire notre sympathie et nos condoléances attristées aux familles des 153 personnes de diverses nationalités se trouvant à bord de l’avion qui s’est abîmé dans les flots comoriens. Comme la plupart des victimes sont des bi-nationaux franco-comoriens, nous avons une pensée particulière pour le peuple comorien, qu’il vive aux Comores ou qu’il soit expatrié. Nous partageons, avec lui et ses dirigeants, les deux semaines de deuil national décrété.
Quelles que soient les causes, naturelles ou techniques, de cette catastrophe, les conditions de la desserte aérienne des Comores ne sont pas satisfaisantes, tant au niveau des infrastructures au sol que de la périodicité des liaisons aériennes et même parfois du point de vue de la sécurité des personnes et des biens.
Il s’agit là à la fois de stigmates et de séquelles du sous-développement du pays. Au-delà de la solidarité immédiate liée à la proximité du drame, il importe, sans restrictions et sans chantage à l’aide pour des raisons politiques, de développer une coopération tous azimuts avec les Comores.
Agir autrement serait se rendre coupable de non assistance à peuple frère en danger.
À la recherche de survivants
Un Airbus A310 de la compagnie Yemenia-Airlines s’est écrasé à 18 miles nautiques des côtes comoriennes ce mardi 30 juin 2009 à 2h51, heure de La Réunion. En provenance de Roissy, il effectuait la liaison Sanaa (Yémen) – Moroni (Comores). Il s’est écrasé en mer à quelques minutes de son atterrissage. A la demande de l’Etat comorien, des secours ont été envoyés de La Réunion. Selon l’AFP, « un survivant a été retrouvé et trois corps repêchés ». Le survivant serait un enfant.
Pour l’heure, on ignore encore les circonstances exactes de la catastrophe, mais on sait déjà que les conditions météorologiques étaient mauvaises. On signalait des vents forts de 20 à 30 nœuds et une mer agitée. L’avion transportait à son bord 142 passagers et 11 membres de l’équipage, mais pour l’heure, aucune certitude sur leur nationalité.
Un numéro d’information à Roissy a été mis en place. Pour toutes informations, contactez le 01-48-64-59-59.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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