Crach de l’A310 de YEMENIA

Les parents des victimes sont arrivés à Moroni

15 juillet 2009

L’émotion et la compassion se lisaient sur les visages à l’arrivée aux Comores des familles des victimes du crash de l’A310 de Yemenia en provenance de Paris et Marseille. Sur place, ils n’auront aucune nouvelle concernant les corps.

C’est dans le silence que les parents des victimes en sanglots ont été accueillis à leur descente d’avion. Outre les familles, le Président Sambi avait fait le déplacement avec son gouvernement ainsi que l’ambassadeur de France.
En tout, c’est 181 personnes qui ont atterri sur le tarmac de Hahaya à 22h53, avec l’avion de la compagnie française Blue Line affrété par les assureurs de Yemenia, venues pour une durée de six jours, partager le deuil avec les familles.
Salim Soulaimana estime que voir sa famille sur place va raviver la douleur de la perte de sa femme et de son enfant dans un premier temps, mais il est également convaincu qu’ensemble ils pourront surmonter cette épreuve : « nous savons que c’est notre destination finale à tous, mais cela est toujours dur à admettre disait-il avec soupir ».
Parmi ceux qui sont venus accueillir leurs proches, l’émotion n’était pas en reste. Très affecté par la perte d’un ami très proche et apprécié de tous, Sitti Nourou a tenu à venir à l’aéroport pour réconforter la femme de la victime qui arrivait par ce vol spécial. Là, encore la douleur sera vive d’emblée mais la consolation mutuelle devra aider chacun à affronter cette dure et triste réalité.

Dans la journée de ce lundi, dans la plupart des mosquées du pays se terminait la série de prières à l’endroit des personnes décédées alors que du côté des recherches, il n’y a toujours pas de nouvelles, bonnes ou mauvaises.
En effet, après les annonces et les démentis qui se succèdent certains parents de victimes préfèrent s’en remettre à la volonté divine. « Nous venons tous de Dieu et c’est à lui que nous reviendrons ».
Il vrai que même la piste des corps repêché au large de Mafia, une île de la Tanzanie, tarde à se confirmer. Une forte délégation composée de hautes autorités des Comores, de France, du Yémen est en train de discuter avec le gouvernement tanzanien pour accélérer l’identification des dépouilles mortelles.
A ce propos, la partie française souscrit à la nécessité d’identifier les corps avant leurs rapatriements aux Comores ajoutant même qu’elle avait déjà prélevé les échantillons d’ADN des membres des familles des 66 victimes françaises de la tragédie.
Rappelons qu’au cours d’une des premières réunions de l’association des parents des victimes qui a eu lieu au foyer des femmes à Moroni le 5 juillet dernier, un des responsables du collectif avait suggéré de refuser les tests et il a proposé des enterrements sur un lieu unique pour permettre le recueillement de tous.
L’autre sujet qui fait polémique au sein de la communauté c’est l’hostilité envers la Compagnie Yemenia. Beaucoup estiment qu’après la colère des premiers jours, il n’est pas très décent de continuer croisade contre cette compagnie alors même que les enquêtes n’ont pas commencé. Le fait même que ce soit la Yémenia qui ait affrété l’avion d’hier alors que c’est le premier Ministre français qui l’avait annoncé avait commencé à créer un début de boycott.
Il est clair qu’après le deuil, les Comoriens de l’extérieur et de l’intérieur ont besoin de se retrouver avec les autorités nationales et françaises pour réfléchir à de meilleurs conditions de voyage.

De notre Correspondant
A. Mohamed

A la Une de l’actu

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus