La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
6 janvier 2008

Suite à la collision, dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 décembre 2007, entre une embarcation de migrants comoriens et une navette de la police aux frontières, faisant 2 morts au large de Mayotte, la Cimade a saisi plusieurs instances internationales pour demander la libération des rescapés, dont le père de l’enfant décédé, retenus au centre de rétention.
Le Comité européen de la prévention de la torture, la Commission nationale de déontologie et de la sécurité, la Défenseure des enfants ont été saisis et une plainte a été déposée devant la Cour européenne des Droits de l’Homme.
Suite à toutes ces interventions, les enfants et quelques adultes ont été libérés du centre de rétention. Ils sont tous sous le coup d’une mesure d’éloignement (un arrêté de reconduite à la frontière). Toutefois, ils ont été autorisés à rester sur le territoire le temps de l’enquête.
La seule enquête ouverte est contre le jeune conducteur de la Kwassa (longue barque). Aucune plainte n’a été déposée contre la police aux frontières comme responsable de l’accident. Les naufragés ont très peur de déposer plainte car ils ont des craintes d’être reconduits.
Dans cette affaire, il est très curieux que les rescapés aient été confiés à la garde de la police aux frontières mise en cause dans l’accident. Pourquoi n’ont-ils pas été confiés à la gendarmerie ou à la sécurité publique ce qui aurait véritablement permis de préserver les preuves.
Est-ce que le centre de rétention était l’endroit le plus approprié pour accueillir des naufragés ? Surtout lorsqu’on sait que le centre de Mayotte ne correspond pas aux normes matérielles prévues par les textes. Les gens dorment notamment sur le sol, il n’y a pas d’espace réservé aux familles, pas de téléphone. Aucune assistance psychologique n’a été mise en place.
Autre gros soucis dans cette affaire : les 2 corps de 2 personnes décédées ont été récupérés et confiés à une entreprise privée, "Mayotte Déménagement"... L’entreprise privée réclame 700 euros pour le corps de la femme et 590 euros pour le corps du bébé. Les familles n’ont pas les moyens de payer. Les funérailles initialement prévues vendredi ont dues être reportées. Le père du bébé décédé a sa femme qui est encore hospitalisée et il a perdu son père et son frère dans l’accident. La Préfecture, le Conseil Général et la Mairie refusent d’aider les familles à payer.
Cimade
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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