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Une Sud-Africaine à la présidence de la Commission de l’Union africaine
16 octobre 2012, par

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma est entrée en fonction, le 15 octobre, à la direction de l’Union africaine (UA). Ancienne ministre des Affaires intérieures de l’Afrique du Sud, elle est la première femme à occuper le poste de président de la Commission de l’organisation panafricaine.
Elue en juillet devant Jean Ping, ancien directeur de l’UA, originaire du Gabon, Dlamini Zuma aura plusieurs chantiers à entreprendre parmi lesquels la priorité aux infrastructures en Afrique subsaharienne, le soutien à apporter à l’intervention militaire prévue pour reprendre le contrôle du nord du Mali aux milices islamistes, et la rébellion croissante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Au-delà de ces dossiers, la nouvelle directrice de l’Union africaine devra se pencher sur les tensions au sein même de l’organisation, « suscitées par sa candidature, notamment la crainte que l’Afrique du Sud, moteur de la croissance économique du continent, tente de dominer l’UA et ses 54 pays » a indiqué le site AfriSCOOP. Pour de nombreux observateurs africains, la position géostratégique de l’Afrique du Sud pourrait peser dans les débats, mais aussi « apporter des changements radicaux au sein de l’Union africaine et relancer ainsi l’organisation », a indiqué Pressafrik. Cependant, l’élection de Nkosazana Dlamini-Zumaa divisé les Etats africains, opposant les anglophones (SADC), qui ont voté pour elle, aux francophones (CEDEAO et CEMAC).
De plus, l’élection d’un représentant venu d’Afrique du Sud rompt « un pacte non écrit qui veut que les grands d’Afrique laissent la commission aux petits pays, et ce, afin d’éviter l’hégémonie des puissants », a noté Pressafrik. Toutefois, tous s’accordent à dire que « Nkosazana Dlamini-Zuma inaugure donc une nouvelle ère, celle d’une Afrique où le leadership est assumé ». La « dame de fer » sera donc attendue sur sa gestion des conflits et son bilan. Considérée comme une gestionnaire avisée, elle aura pour tâche de transformer la commission africaine en une structure efficace. Cette dernière devra également faire entendre la voix du continent, « voilà l’un des objectifs de celle qui a dirigé durant dix ans la diplomatie de son pays, prônant un nationalisme africain face aux ex-puissances coloniales », a indiqué Radio France International.
La nouvelle directrice de l’UA a indiqué qu’elle allait préparer une réunion du comité de suivi sur la crise malienne dès aujourd’hui, avant de se rendre à Bamako, vendredi pour la tenue de cette réunion. La diplomate sud-africaine a déjà indiqué qu’il y aura une intervention internationale au Mali, mais « à condition que cela ne crée pas plus de problèmes qu’il n’y en a déjà ». Cette déclaration arrive cinq jours après le vote du projet de résolution sur le Mali pressant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union africaine de préciser dans les 30 jours les modalités d’une intervention militaire pour reconquérir le nord du pays.
La réunion du 19 octobre à Bamako avec les principaux acteurs (Cédéao, Union africaine, Union européenne, ONU) devra tenter de mettre au point une « stratégie cohérente », selon un diplomate cité par l’Agence France Presse. Mais d’ici la mise en place d’une stratégie commune pour gérer la crise malienne, le projet de résolution a demandé aux pays membres de l’ONU et aux organisations comme l’Union européenne de commencer à entraîner et équiper l’armée malienne, qui devra prendre la tête de la reconquête du Nord. Nkosazana Dlamini-Zuma devra se concerter avec le nouvel envoyé spécial pour le Sahel, l’ancien chef du gouvernement italien, Romano Prodi, afin de sortir le pays de la crise.
Céline Tabou
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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