Solidarité Asie avec le GRATHER

’Pas de vie normale avant six mois’

20 janvier 2005

De retour de Madras et Pondichéry, Marc Kichenapanaïdou relaie le témoignage de frère Dominique, dont la congrégation recueille des fonds pour aider les sinistrés. Il faut nettoyer les puits souillés, reconstruire les logements.

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"On en reste bouche bée". Marc Kichenapanaïdou, tout juste rentré d’Inde, raconte le spectacle de désolation qu’il a vu à son arrivée à Madras.
Le président du G.R.A.T.H.E.R (Groupe de recherches sur l’archéologie et l’Histoire de la terre réunionnaise), accueilli à Pondichéry par une congrégation religieuse, explique : "Devant l’ampleur des dégâts, les frères de Saint-Jean de Dieu ont recueilli les sinistrés et ont mis en place des réseaux d’entraide. En cette période de vacances, les établissements scolaires ont été transformés en camps de réfugiés pour les démunis".
Le gouvernement indien refusant l’aide internationale, la population s’est organisée et une grande manifestation de solidarité s’est naturellement formée, sans attendre le gouvernement.
Le gouvernement indien a pris une première mesure, celle d’instaurer un impôt immédiat sur les sociétés afin de dégager des fonds pour aider les sinistrés, précise Marc Kichenapanaïdou.

"Les Indiens ont passé outre leur système de castes"

"Dans cette épreuve, les Indiens ont passé outre leur système de castes et tous, sans exception, ont pris part à cette mobilisation", poursuit le président du G.R.A.T.H.E.R.
Il rapporte les propos de frère Dominique, l’un des membres de Saint-Jean-de-Dieu : "À travers cette détresse, il y a eu des moments de très grande communion, un moment de grâce et d’unité. Cet événement a aussi été l’occasion d’une très grande solidarité de tous les bienfaiteurs qui se sont spontanément manifestés et sur lesquels, de toute évidence, nous comptons toujours : nous ne pouvons rien faire sans eux".
Pour Marc Kichenapanaïdou, les régions de Pondichéry et de Madras ont vite repris le dessus. Selon lui, "les travaux de déblaiement et de nettoyage ont bien avancé et maintenant, il faut penser à la reconstruction". Sur ce point, il rejoint le point de vue de frère Dominique qui affirme "qu’il faut les (les Indiens) pousser à reprendre peu à peu une vie normale, ce qui ne sera pas le cas tant qu’ils n’auront pas leurs outils de travail ; cela prendra six mois au minimum. Six mois pendant lesquels il faudra trouver un moyen pour les porter, au-delà de la catastrophe...".

Un euro nourrit une personne pendant une journée

Cette congrégation a dégagé 3 millions de roupies, soit environ 60.000 euros pour venir en aide à ces populations. Ces régions (un million d’habitants à Pondichéry et cinq millions pour Madras), vivant essentiellement de la pêche, doivent faire face aux problèmes de subsistance tous les jours, mais aussi à celui de l’eau potable. "Tous les puits ont été pollués par la mer, il va falloir trouver une autre solution. Étant donné que le gouvernement a interdit de creuser de nouveaux puits profonds, on va utiliser les puits actuels", constate frère Dominique.
Le président de l’association appelle donc à la poursuite de la solidarité, pour nourrir les populations, les aider à reconstruire leur maison et ainsi faire respecter leur dignité. "Avec un euro, on peut nourrir une personne pour une journée", affirme Marc Kichenapanaïdou.
"Bien évidemment, la reconstruction sera plus longue et nous ne pouvons les aider qu’en donnant l’argent aux associations locales, comme celle de Saint-Jean-de-Dieu", conclut-il.

Sitianlati Daroussi


Des livres à vendre, des sous pour l’Inde

Dans le cadre de son action de solidarité en faveur de Pondichéry et de Madras, le GRATHER a mis en place dès hier une vente de livres. On peut les acheter sur deux sites, à Saint-Paul à l’adresse suivante : RD6 “5 heures”, 112 chemin d’eau, La Saline (0262.24.87.12), et à Saint-Denis, au GRATHER, 14 rue de la gare, ex-école Damas Legros au Chaudron (0262.29.94.34).
L’association reversera 50% des bénéfices de la vente à la congrégation Saint-Jean de Dieu.


An plis ke sa

Libeller vos chèques ou virements au compte :

“Sinistrés de l’Inde” - Frère Dominique
Banque 30 066 - guichet 10 431
Compte 000 103 866 01 clef 53
Intitulé : Congrégation Saint-Jean

Adresse : CIC, 49 rue du Maréchal-Foch, 78000 Versailles


OU

au compte spécial GRATHER “Sinistrés de l’Inde” - Poste CCP SDR 1.1219.04.X
Adresse : RD6 “5 heures”, 112 chemin d’Eau, 97422 La Saline


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