La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
3ème élections générales au suffrage universel depuis la fin de l’apartheid
15 avril 2004

Les Sud-Africains se rendaient hier aux urnes pour les troisièmes élections démocratiques du pays. Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) du président Thabo Mbeki, est considéré comme favori pour ces élections qui voient la participation de 37 partis politiques. Les bureaux de vote fermaient hier à 21 heures, heure locale, dans notre édition de demain, nous reviendrons sur les résultats du scrutin.
La Commission électorale indépendante d’Afrique du Sud (IEC) a fait le point la veille du scrutin sur les conditions dans lesquelles devaient se dérouler hier les troisièmes élections démocratiques du pays. La présidente de l’IEC, l’avocate Pansy Tiakula, a précisé, dans un entretien accordé à la presse à Pretoria, que la Commission avait finalisé la distribution des urnes et du matériel électoral aux présidents de bureaux de vote dans tout le pays.
"Nous sommes prêts à organiser une élection sans heurts devant 204 missions d’observateurs étrangers, et 3.000 missions locales qui seront chargées de superviser le scrutin. Le taux de participation aux élections de l’année 1999 était de 89,3%. Nous espérons faire mieux cette fois-ci", a affirmé Mme Tiakula. Elle a indiqué que 16.966 bureaux de vote devaient ouvrir hier matin dès 7 heures et fermer à 21 heures (heure locale).
"Nos archives montrent que 20,4 millions de Sud-Africains sont inscrits sur les listes électorales, sur un total de 27,4 millions d’électeurs potentiels. Cela correspond à 75% des électeurs potentiels", a encore dit la présidente de l’IEC.
Mme Tiakula a confirmé qu’un total de 37 partis politiques participeront à l’élection, 11 partis étant présents aux niveaux national et provincial. Elle a indiqué que 3 des 37 partis politiques participeront aux élections au niveau national, 7 seront présents au niveau national et dans une province au moins, alors que 16 formations ambitionnent de se présenter dans une province ou plus. "Ces statistiques révèlent que la démocratie sud-africaine arrive à maturité et que les élections de l’année 2004 ont suscité un énorme engouement dans le pays qui célèbre ses dix ans d’indépendance", a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, le président Thabo Mbeki a exhorté, vendredi, les partis politiques sud-africains participant aux élections générales à déployer des représentants de leurs partis dans les divers bureaux de vote. Selon le président Mbeki, cette initiative aidera la Commission électorale indépendante en permettant la tenue d’élections libres et équitables dont le résultat sera accepté par les partis politiques et l’électorat. "Il ne fait aucun doute que certains partis se préparent, d’une certaine manière, à une défaite éventuelle. Ils espèrent pouvoir fabriquer des "preuves" grâce auxquelles ils pourront expliquer que leur défaite est le résultat de fraudes", a indiqué le président candidat à la réélection. "Le déploiement de représentants des partis chargés de suivre le déroulement des élections et de vérifier le décompte des suffrages jouera un rôle important en contribuant à faire échec aux manœuvres de ceux qui, pour des raisons purement partisanes, vont essayer de discréditer cette démocratie, fruit de nos efforts acharnés, en tentant de nier leur rejet par le peuple", a encore indiqué le président Mbeki, dans la publication en ligne de son parti, “ANC Today”.
Devant le bureau de vote dès trois heures du matin
Vingt millions d’électeurs sud-africains ont commencé à voter mercredi pour renouveler les 400 sièges de l’Assemblée nationale. Ces élections concernent également neuf assemblées provinciales, qui désigneront à leur tour les 90 membres du Conseil national des provinces, la chambre haute du Parlement.
Bravant le froid matinal, des électeurs se sont présentés devant les bureaux dès 3 heures du matin dans certains districts ruraux pour déposer leur bulletin. Les bureaux de vote doivent fermaient leurs portes à 21 heures.
Le président sud-africain Thabo Mbeki, qui dirige également le Congrès national africain (ANC), a été l’un des premiers à effectuer son devoir électoral, à l’ouverture des bureaux, dès 7 heures du matin.
"Le grand jour est arrivé", a-t-il dit, apparaissant souriant et détendu dans un bureau de vote de Pretoria, la capitale. "Il est temps à présent que le peuple s’exprime. J’espère que les millions d’électeurs qui se sont inscrits viendront voter aujourd’hui".
Dix ans après le premier scrutin au suffrage universel, qui, en 1994, avait marqué la fin de l’ancien régime d’apartheid en Afrique du Sud, l’ANC au pouvoir est assuré de remporter les élections générales pour la troisième fois consécutive.
L’une des inconnues de ce scrutin porte sur l’ampleur du succès du parti de l’ancien président Nelson Mandela. L’ANC devrait conserver, voire conforter, sa majorité au Parlement malgré les graves problèmes auquel le pays est confronté : pauvreté, chômage, ravages du SIDA, corruption, criminalité...
Durant la campagne, le président Mbeki a mis en avant les progrès déjà accomplis et a demandé à ses concitoyens d’être patients.
L’autre inconnue est la participation. En 1994, pour le premier scrutin démocratique, 19,5 des 21,7 millions d’électeurs avaient voté. Ce chiffre record est tombé à 15,9 millions en 1999 - soit 71% de participation.
L’ANC et ses alliés partent favoris
Dans un article publié hier, “l’Humanité” fait le point sur la campagne menée par l’ANC et ses alliés. Nous en reproduisons ici de larges extraits.
L’ANC a mobilisé ses militants comme rarement ces derniers temps, épaulé par le Parti communiste sud-africain (SACP) et la COSATU, la confédération syndicale forte de plus de 1,2 million de membres. Thabo Mbeki, qui brigue un nouveau mandat, a participé à des porte-à-porte aux quatre coins du pays, expliquant, comme il l’a fait au FNB Stadium de Soweto, que "nous voulions entendre ce que les gens avaient à dire et où que nous allions les gens disaient nous voulons des routes, des emplois, des maisons. La raison pour laquelle ils ont dit toutes ces choses à l’ANC est qu’ils ont confiance en l’ANC". Le manifeste de l’ANC présenté aux électeurs est intitulé "Un contrat avec le peuple pour créer du travail et combattre la pauvreté". Lors de ce même meeting Siyanqoba (la victoire), Nelson Mandela, discret jusque-là dans la campagne, est venu dire que l’ANC "peut clamer sans exagération qu’aucun gouvernement dans l’histoire de ce pays a fait plus pour le peuple que ce qui a été réalisé dans la dernière décennie". Les derniers sondages prédisent d’ailleurs une victoire sans bavure de l’ANC, la principale interrogation nationale étant de savoir s’il va dépasser les 66 % et obtenir ainsi les deux tiers des voix au Parlement qui lui permettrait de modifier, seul, la Constitution.
Au niveau local, l’ANC a fait sienne l’objectif de conquête des neuf régions. Elle en détient déjà sept, manque le Kwazulu-Natal et le Western Cape. Preuve de l’évolution du pays, malgré quelques incidents parfois dramatiques - des militants ont été tués -, le calme a prévalu. Dans ces deux régions la partie est loin d’être gagné pour Mbeki. Au Kwazulu, l’ANC doit vaincre la Coalition pour le changement" formée par la droite blanche de l’Alliance démocratique (DA) dirigée par Tony Leon et l’Inkatha Freedom Party (IFP) de Mangosuthu Buthelezi. Au Western Cape, où les métis et les Indiens sont majoritaires, le DA joue la carte raciale et le retour à la peine de mort, expliquant à qui veut l’entendre que l’ANC va favoriser les Noirs à leur détriment.
Mais Tony Leon, qui espère qu’une coalition d’opposition rassemblera 30% des suffrages, a d’ores et déjà prévenu : "Nous avons bâti le cœur d’un gouvernement alternatif qui se bat pour le pouvoir aujourd’hui au niveau provincial et demain au niveau national". Pallo Jordan, membre du Parlement et de la direction de l’ANC, demandait ironiquement dans le quotidien “This Day” : "Y-a-t-il seulement deux choses dont on peut être certain avec le DA s’il est élu, le recrutement de policiers et le retour au nœud coulant ?" Le New National Party (NNP), allié à l’ANC, est en perte de vitesse mais espère toujours conserver la présidence du Western Cape où un nouveau parti, les Démocrates indépendants dirigé par Patricia De Lille, peut brouiller les cartes.
La Commission électorale félicite les électeurs "spéciaux" sud-africains
La Commission électorale indépendante (IEC) d’Afrique du Sud s’est réjouie du fort taux de participation des électeurs dits "spéciaux" qui ont commencé à voter depuis lundi, soit deux jours avant la tenue des élections générales en Afrique du Sud. Il s’agit notamment des femmes enceintes, des personnes handicapées physiques et des invalides.
La présidente de l’IEC, Pansy Tiakula, a déclaré, lors d’une conférence de presse, que plusieurs plaintes ont été déposées sur son bureau pour dénoncer des individus qui auraient tenté de contourner les mesures prises pour ses votes dits spéciaux. Elle a cependant affirmé que ces problèmes avaient été vite réglés. Ces problèmes mineurs ont été enregistrés dans certaines parties des provinces du KwaZulu-Natal, du Cap Est, du Cap Ouest et, dans une moindre mesure, du Limpopo, a-t-elle précisé. "Par exemple, selon certaines rumeurs, les populations seraient encouragées à éviter les queues du mercredi. On nous dit également que les populations sont transportées par autobus vers les bureaux de vote afin qu’elles puissent accomplir leur devoir de citoyen", a encore relevé Mme Tiakula. "Il y a aussi eu un certain nombre d’individus, parmi lesquels des retraités, qui sont arrivés lundi dans les bureaux de vote, espérant voter. Il leur a été gentiment demandé de rentrer jusqu’à mercredi", a-t-elle indiqué.
La première journée réservée aux électeurs spéciaux, celle du lundi, s’est très bien déroulée, a encore dit Mme Tiakula. Plus de 120.330 personnes ont demandé à bénéficier de ce statut. Quelque 31.950 personnes ont bénéficié du droit de participer à ce scrutin spécial en 1999. Mme Tiakula a révélé que les opérations électorales s’étaient déroulées le 7 avril au niveau de 105 missions sud-africaines à l’étranger et que le vote s’était bien déroulé. "Les bulletins de vote sont en route vers l’Afrique du Sud. Nous avons déjà reçu des sacs de 104 missions à l’étranger. Ils seront comptés avec tous les autres bulletins mercredi, à partir de 21 heures, heure de clôture du scrutin", a-t-elle indiqué. Selon l’IEC, 14 personnes ont voté en Malaisie, 13 aux États-Unis (Los Angeles), 8 en Hongrie, 2 à Maurice, 15 au Kenya, 12 en Australie, 4 en Chine, 6 au Burundi (non membres des Forces armées sud-africaines déployées dans ce pays), 4 au Vietnam et 6 au Qatar.
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