Maurice : les enseignements de la catastrophe

Pour un plan d’action pour l’océan Indien

4 janvier 2005

(Page 8)

Le président mauricien Sir Anerood Jugnauth a lancé jeudi soir l’idée du lancement d’un plan d’action destiné à préparer les populations des îles de l’océan Indien à faire face aux calamités naturelles.
Dans son message de fin d’année diffusé par la télévision nationale, le chef de l’État a souligné qu’un tel plan d’action est devenu une nécessité après la catastrophe de dimanche dernier qui a fait d’énormes dégâts dans les petites îles telles que les Maldives, Rodrigues, La Réunion et les Seychelles.
"La conférence des Nations-unies sur les petits États insulaires, qui aura lieu à Maurice début janvier, sera l’occasion pour dégager un tel plan pour les pays vulnérables", a-t-il notamment déclaré.
M. Jugnauth a également indiqué que les petites îles comme Maurice devraient joindre leurs efforts pour défendre leurs intérêts communs, mais aussi pour exprimer leurs craintes face aux changements dans le commerce international, au niveau de l’environnement et de la coopération entre les pays industrialisés et les pays en développement.
Commentant la situation dans l’île, le président mauricien a estimé que Maurice s’en est sortie "tant bien que mal en 2004, malgré la conjoncture économique difficile sur le plan international" et en dépit des difficultés dans les secteurs importants tels que le sucre et le textile.
Pour 2005, M. Jugnauth a dit espérer que les élections générales qui sont prévues cette année se tiendront dans le respect des adversaires et que les Mauriciens pourront exercer leur droit dans la sérénité comme dans le passé.


Donner un jour de salaire pour les victimes

L’ancien président mauricien, Cassam Uteem, a invité ses compatriotes dimanche à Grand-Baie (Nord de Maurice) à réfléchir sur la possibilité de faire don d’un jour de salaire aux victimes du tsunami qui a frappé les pays d’Asie du Sud et du Sud-Est.
Intervenant au cours d’une réunion de prières dans le Nord de l’île, M. Uteem a raconté le drame qu’il a vécu aux îles Maldives où il se trouvait au moment des raz-de-marée.
Il a ensuite demandé aux Mauriciens de contribuer "spontanément et généreusement" aux divers fonds mis en place dans l’île par plusieurs organisations sociales et de volontaires.
Un ancien vice-Premier ministre mauricien, Harish Boodhoo, a de son côté suggéré la création à Maurice d’une organisation humanitaire, sur le modèle du Corps américain de la paix ou de Médecins sans frontières, pour intervenir de manière ponctuelle dès qu’un pays est frappé par une catastrophe.
Il a également souhaité la création d’un fonds qui serait alimenté grâce au prélèvement mensuel volontaire de 0,25 pour cent sur les salaires et une contribution annuelle des sociétés mauriciennes à hauteur de 0,5 pour cent de leurs bénéfices pour aider les victimes de catastrophe naturelle à travers le monde.


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