Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Nigéria
17 janvier 2012

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a annoncé ce lundi une baisse du prix de l’essence de 141 nairas (90 cents) le litre à 97 nairas (60 cents), dans l’espoir d’apaiser ses compatriotes qui manifestent depuis le 9 janvier contre la hausse des prix du carburant. Mais les syndicats ont immédiatement annoncé que la grève qui paralyse le pays le plus peuplé d’Afrique subsaharienne allait se poursuivre, malgré l’arrêt des manifestations de rue, la mesure gouvernementale étant loin de répondre à l’exigence d’un retour à l’ancien prix de 65 nairas exprimée par les syndicats et leurs partenaires de la société civile.
Dans un discours télévisé, le Président Jonathan a indiqué que le gouvernement allait poursuivre la libéralisation du secteur du pétrole, mais qu’étant donné les difficultés vécues par les Nigérians et après avoir dûment réfléchi et consulté les gouverneurs d’État et les responsables de l’Assemblée nationale, il avait approuvé la baisse du prix à la pompe de l’essence à 97 nairas le litre.
« L’Agence de régulation des prix des produits pétroliers (PPPRA) a été instruite de s’assurer de l’application de ce nouveau prix à la pompe », a ajouté le président, suite à la troisième série de négociations dans la capitale, Abuja, dimanche soir dans une tentative de mettre fin à la grève.
En réagissant à la décision du gouvernement, le président du Nigeria Labour Congress (NLC), Abdulwaheed Omar, a déclaré aux journalistes que la grève continuait.
« Nous allons prolonger le mot d’ordre donné aux travailleurs pour qu’ils restent chez eux, mais il n’y aura pas de manifestations de rue (à partir de lundi) afin de ne pas exposer des vies innocentes », a-t-il indiqué.
Il a expliqué que la décision de suspendre les manifestations de rue faisait suite à un appel du président, indiquant qu’un rapport sur la sécurité des plus sérieux montrait que des individus n’appartenant pas aux syndicats détournaient les manifestations à leur profit.
M. Omar a déclaré que les syndicats, le NLC et le Trade Union Congress (TUC), travailleraient avec la commission mise en place par le gouvernement fédéral dans les prochains jours sur la question controversée de la libéralisation du secteur pétrolier en aval, ainsi que sur la fixation d’un prix approprié pour l’essence.
Le président du NLC a fait ces déclarations après une série de réunions, tout d’abord entre le Président Jonathan et certains gouverneurs d’États, puis entre le président nigérian et des représentants des syndicats, à Abuja, samedi.
Deux précédents rounds de négociations, jeudi et samedi, n’avaient pas réussi à mettre fin à la grève déclenchée par la suppression, le 1er janvier 2012, de la subvention du carburant, qui a entraîné une hausse immédiate de 125 pour cent de ce produit et par ricochet une flambée du coût des produits et services.
Vendredi, les syndicats ont décrété une levée de deux jours (samedi et dimanche) du mot d’ordre pour permettre aux Nigérians de s’approvisionner en produits alimentaires et en carburant et pour reprendre de l’énergie en prévision de la reprise de la grève lundi au cas où le gouvernement ne reviendrait pas à l’ancien prix de l’essence.
L’armée déployée dans la capitale économique Les autorités nigérianes ont déployé des troupes armées à des endroits stratégiques de la capitale économique, Lagos, pour empêcher la reprise des manifestations massives qui ont paralysé cette ville de 15 millions d’habitants depuis le 9 janvier. |
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