Coup de théâtre à la veille de son investiture

Sonia Gandhi renonce à diriger le gouvernement

19 mai 2004

Grande surprise hier. La dirigeante du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, a affirmé qu’elle ne souhaite pas devenir Premier ministre. Elle estime que la polémique liée à son origine italienne peut provoquer des affrontements. Elle a proposé que le gouvernement soit dirigé par un ancien ministre des Finances, Manmohan Singh.

La nouvelle est tombée hier comme un coup de tonnerre. Sonia Gandhi, présidente du groupe parlementaire du Parti du Congrès, qui a remporté les élections législatives indiennes, ne veut plus être Premier ministre de l’Inde. Elle justifie sa décision par la polémique liée à ses origines étrangères. Cette nouvelle a été confirmée par plusieurs télévisions indiennes. Elle souhaite que cette responsabilité soit assumée par un ancien ministre des Finances, Manmohan Singh. Ce dernier l’avait d’ailleurs accompagnée hier matin lors d’une rencontre avec le président de la République.
Depuis sa large et surprenante défaite, le BJP (Parti Bharatiya Janata) a mené une campagne contre Sonia Gandhi en mettant en avant ses origines italiennes. Ainsi le ministre sortant de la Santé Sushma Swaraj (BJP) a-t-il dit à la presse après avoir rencontré le chef de l’État pour protester contre une nomination de Gandhi, qu’il était prêt à démissionner de son poste de député au cas où elle viendrait à conduire le pays.
Jyoti Basu, dirigeant communiste indien, dont le parti est allié du Congrès, a affirmé à l’AFP que "la pression sur Sonia Gandhi pour qu’elle se retire de la course est venue de ses propres enfants, Rahul, 33 ans, et Priyanka, 32 ans". "L’Inde est un pays très violent. C’est une affaire de famille. Si les enfants disent : “Nous avons perdu notre père, nous ne voulons pas perdre notre mère, c’est leur décision”", a expliqué Jyoti Basu à l’AFP.
Tout au long de la journée, de nombreuses manifestations ont eu lieu pour tenter de la faire revenir sur sa décision. "Les dirigeants du Congrès, certains se frappant la poitrine, ont exhorté Gandhi à ne pas tenir compte de la campagne "raciste" menée à son encontre par les nationalistes hindous, qui ont perdu de façon inattendue les élections législatives et dû renoncer au pouvoir", précise l’agence Reuters.
"Elle estime que le pays passe en premier, elle ne veut pas que le pays soit confrontée à ce problème", a indiqué à Reuters un haut responsable du Parti du Congrès, Salman Khursheed. "Nous sommes sidérés, c’est choquant, je ne peux pas imaginer que le Congrès accepte une telle issue", a-t-il ajouté.
On rappelle que plus de 320 députés, sur un total de 545 au Parlement, ont affirmé soutenir un gouvernement dirigé par Sonia Gandhi.


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Témoignages - 82e année


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