Un homme politique réunionnais perd un ami

2 novembre 2006

Le plus éminent représentant de l’ancien régime d’apartheid sud-africain, l’ex-Président Pieter Willem Botha, est mort à l’âge de 90 ans dans sa maison du Cap.
Leader d’un gouvernement ouvertement raciste, ardent défenseur de la suprématie blanche, il a présidé aux destinées de l’Afrique du Sud entre 1978 et 1989, au titre de Premier ministre puis de Président.
P.W. Botha aura résisté tout au long de son passage à la tête du pays à la pression internationale en faveur de la libération de Nelson Mandela, emprisonné depuis 1962. Ce dernier sera libéré par son successeur, Frederik de Klerk, en 1990, qui acceptera de mettre fin au régime légal de l’apartheid. P.W. Botha se retire aussitôt de la vie politique.
Entre-temps, ses forces de sécurité auront été responsables de la mort d’au moins 2.000 personnes lors d’actions de répression contre la majorité noire du pays. Plus de 25.000 personnes, essentiellement noires, auront par ailleurs été torturées et détenues sans procès.
P.W. Botha aura toujours refusé de s’excuser pour l’apartheid et niera avoir eu connaissance tant des actes de torture que des meurtres commis au nom de son gouvernement. Il refusera aussi de comparaître devant la Commission vérité et réconciliation qui, dans son rapport final en 2003, lui fera porter le blâme pour les horreurs perpétrées sous sa présidence.
Avec le décès de Pieter Willem Botha, un responsable politique réunionnais perd un ami. Cet élu, maire et parlementaire, donc faiseur de lois, soi-disant “défenseur du bien contre le mal”, n’a pas hésité à soutenir un régime raciste inscrivant dans ses lois la prétendue supériorité d’une “race” humaine sur une autre. Ignoble !
À l’époque de l’ancien régime sud-africain, cet homme politique, qui est avant tout un homme d’affaires (dans tous les sens du terme), s’opposait aux demandes des militants anti-apartheid d’Afrique du Sud et de la communauté internationale de boycotter les relations commerciales avec les Sud-africains. Pire : il se faisait du fric sur le dos du peuple noir d’Afrique du Sud en louant un de ses immeubles dionysiens à l’État sud-africain, qui avait établi un Consulat dans le chef-lieu.
C’est le même homme politique, champion de la fraude électorale, qui raille Paul Vergès à propos de la route littorale. Une route dont Paul Vergès a toujours combattu l’itinéraire et que lui, l’ami de Pieter Willem Botha, a toujours soutenu. Fervent opposant à tous les projets qui ferait de La Réunion une île dynamique. Fervent dans ses amitiés compromettantes. Condoléances, M. le Maire.


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Témoignages - 82e année


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